« Les liens du mariage » J. Courtney SULLIVAN


Sullivan mariageJ. Courtney Sullivan est une jeune auteure américaine que j’avais découverte lors de la sortie de son premier roman en France, Les débutantes en 2012. Depuis son roman Maine a fait beaucoup parler de lui, il est toujours bien en place dans ma PAL. Ce dernier roman, sorti ce printemps, m’a été proposé par la maison d’édition Rue Fromentin, qui m’avait d’ailleurs proposé les deux précédents. Bianca ayant lancé une LC sur ce roman, je me suis décidée à l’accompagner et à emporter ce lourd pavé (480 pages) dans ma valise.

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« Les Débutantes » de J. Courtney Sullivan


Bree, Célia, April et Sally font toutes les quatre leur entrée à l’université féminine de Smith, aux Etats-Unis. Chacune arrive avec ses bagages personnels et des motivations différentes, mais toutes ont conscience que ces quatre années d’études seront décisives. Smith est une université réputée pour être un haut-lieu du féminisme américain, de grands noms ont usé les bancs de cette fac, et l’esprit demeure très fort, ravivé chaque année par des manifestations, des conférences sur la place et le rôle des femmes dans la société. Plus ou moins concernées par la cause des femmes, les quatre jeunes filles vont surtout se découvrir une amitié forte qui sera mise à l’épreuve une fois les études terminées, et que l’entrée dans la vraie vie leur demandera de faire des choix.

Composé de deux grandes parties chacune alternant des chapitres dans lesquels les filles prennent la parole à tour de rôle, ce roman qui semble se présenter comme un roman léger et facile, un énième roman sur les universités américaines, est, finalement, bien plus que tout cela. Car il pose assez bien une réflexion à la fois sur l’amitié mais aussi sur la difficulté d’être une femme et de se positionner dans la vie en fonction de ses aspirations et de celles que la société, notre famille, ont trop tendance à nous octroyer.

L’université est un lieu où tous les espoirs sont permis, loin de sa famille, elle permet aussi d’être confronté à soi, de faire des expériences. Si l’on est seule dans sa chambre, la porte reste ouverte, les amies ne sont pas loin, les douleurs des unes sont consolées par les autres, on se blottit ensemble dans des lits à une place… Mais une fois l’université quittée, une fois que la vraie vie les prend, les séparent, comment faire ? Les liens se distendent, les choix des unes ne plaisent plus aux autres, les bagages personnels redeviennent lourds à porter.

J’ai lu ce roman avec intérêt sans doute parce qu’il est arrivé dans une période où l’amitié est au cœur de mes préoccupations actuelles, et aussi parce que la question du féminisme, ou plus largement la question du rôle et de la place de la femme m’a toujours intéressée et interrogée. Comment allier en un être des aspirations différentes : être femme, mère, engagée et active professionnellement ? Doit-on forcément abandonner l’un au profit de l’autre ? Ces quatre jeunes filles incarnent, chacune ces quatre aspirations : Bree, la féminine, Sally, la mère, April, l’engagée et Célia, la célibataire qui  privilégie son travail. Si, au début, je trouvais ces quatre portraits un peu caricaturaux, j’ai fini par comprendre que ces quatre amies ne sont rien d’autre que les quatre femmes qui, je crois, sont en chacune de nous et avec lesquelles nous devons composer.

J. Courtney Sullivan écrit ici un beau roman d’apprentissage qui se dévore avec plaisir.

Juste un petit bémol, évitez de lire la 4ème de couv. qui vous révèle un évènement qui ne surgit que vers la page 400. Toutefois, j’ai apprécié que figurent directement sur la couverture les noms des traducteurs.