« Les Dames de Grâce Adieu » de Susanna Clarke


Susanna Clarke est essentiellement connue pour son pavé Jonathan Strange et Mr Norrel, gros pavé qui jaunit dans ma PAL depuis des lustres. Je ne connaissais donc pas particulièrement l’univers de cette auteure, et je me suis dit que ce recueil de nouvelles serait une bonne introduction à son œuvre. Je dois commencer par dire, à ma décharge, que je l’ai lu dans une période où mon esprit était un peu ailleurs, ce qui fait que ma lecture a beaucoup traîné et a été entrecoupée de nombreux sommes, mais ceux-ci n’ont rien à voir avec un quelconque ennui ressenti à la lecture, mais à une simple fatigue de ma part.

Le recueil est composé de huit nouvelles à l’univers féérique, un monde parallèle qui côtoie le monde réel des humains, et auquel on accède souvent en franchissant une forêt ou une rivière, traditionnels lieux de la littérature féérique. La cruauté, la beauté, l’étrange sont les ingrédients de ces nouvelles, et j’ai lu ses nouvelles comme on lit les récits de rêves. La symbolique est donc très forte. Certaines nouvelles sont plus marquantes que d’autres, mais comme toujours avec les nouvelles, ma mémoire-passoire a quelque peu du mal à se souvenir de toutes. Cependant j’ai aimé le côté moyenâgeux de ces nouvelles, voire gothique (puisque le gothique réinvestit souvent le Moyen-Âge) : ces châteaux en ruines, ces orages, etc. Et l’image de la brodeuse notamment qui renvoie à tout un imaginaire littéraire qui remonte peut-être même à Pénélope, m’a beaucoup plu. La femme brodant, silencieuse, mystérieuse, tissant ses fils, comme les Parques décidant de la vie et de la mort des hommes est une figure de la féminité qui me plaît, car elles se rapprochent pour moi des romancières, l’étymologie du mot Texte vient d’un mot latin : textus signifiant aussi bien le « tissu » que la « trame » d’un récit.

C’est donc surtout une atmosphère que j’ai appréciée dans ce recueil, du moins c’est ce qui m’a le plus marquée. Pour ceux et celles qui auront lu le roman de Susanna Clarke, ils ne seront pas dépaysés puisque certains personnages du roman sont repris dans quelques nouvelles.

Une lecture merveilleuse dans les deux sens du terme.

Merci aux Editions Robert Laffont.

Recueil de nouvelles lu dans le cadre du Challenge God save the livre et du Challenge STAR 4. Et on me murmure à l’oreille que ce recueil est le bienvenu dans le Challenge Victorien, alors hop !