« Les Roses de Somerset » de Leila MEACHAM


Meacham les roses de somersetMary Toliver est une femme âgée quand s’ouvre le roman, mais on devine quelle belle femme elle fut et quel caractère décidé elle a encore. Sentant la mort approcher, Mary souhaite déposer un codicile auprès de son notaire et ami Amos Hine. Alors qu’elle avait toujours prévu de léguer sa plantation de coton à sa nièce Rachel, Mary aujourd’hui fait marche arrière. Évoquant une malédiction familiale qui a toujours touché les membres de la famille Toliver qui avait hérité du domaine, Mary cherche ainsi à préserver la jeune femme. Mais en quoi consiste exactement cette malédiction et quelle est l’histoire de cette famille et donc de Mary, c’est ce qui va être raconté dans cette saga d’un peu plus de 500 pages.

Au commencement il y a l’amitié de trois garçons : Percy, Ollie et Miles (frère de Mary). Leurs pères se sont installés à Howbutler au Texas où ils ont développé leurs affaires : le père de Percy Warwick, une scierie, celui d’Ollie un commerce de vêtements et celui de Miles et de Mary, une plantation de coton. Au cours des années, cette amitié va durer, avec un rituel en cas de dispute, un échange de roses : des rouges pour demander pardon, des blanches pour l’accepter.

Composé en quatre parties, le roman de Leila Meacham est une histoire romanesque dans le sens plein du terme : amour, héritage, trahison, courage, peines, sacrifice, dévouement, tous les ingrédients sont là pour rendre cette lecture efficace. On ne peut s’empêcher de penser à Autant en emporte le vent et sur bien des aspects Mary est un double de Scarlett, même si elle n’a pas l’ampleur de son modèle. Cette comparaison m’a un peu poursuivie durant toute ma lecture, biaisant sans doute mon appréciation du roman. Certes il n’y a qu’une Scarlett O’Hara, mais ce roman a ses propres qualités.

L’intérêt premier de ce roman est une composition non linéaire et à plusieurs voix, ce qui permet au lecteur différents points de vue à la fois sur l’héroïne principale (Mary) mais aussi sur le fond même de l’histoire. Cette histoire d’amour contrariée et douloureuse entre Mary et Percy séparés par une passion pour une plantation de coton que l’on se dispute et qui est, sans doute, finalement, le personnage principal de ce roman, tient la plupart de ses promesses. Le second intérêt vient des personnages auxquels on s’attache au fil des pages, dont on suit les péripéties, les joies et les douleurs avec émotion.

Toutefois, je reste un peu dubitative sur certains points de l’intrigue que j’ai trouvé parfois non aboutis, un peu tirés par les cheveux, quelques péripéties un peu too much qui dramatisent à outrance sans que cela soit vraiment nécessaire. J’aurais aimé plus de sobriété par moment et à d’autres plus de développement. Roman sans prétention et qu’on lit sans se poser de question emporté par la vie de ses personnages, par l’entêtement de Mary, l’amour de Percy, le dévouement aveugle d’Ollie et la haine aussi d’autres personnages. Il est vrai que je recherche souvent un peu plus dans les romans que je lis, mais, sans bouder mon plaisir, je peux dire que vivre un peu sur cette terre du Texas de 1916 à nos jours fut un voyage assez agréable cependant.

Merci à la toute jeune maison d’édition Charleston, dont le mot d’ordre est « la maison d’édition qui vous donne la joie de lire » et auquel ce roman correspond bien.

Roman lu dans le cadre du Challenge Lire sous la contrainte (couleur), du Challenge Amoureux saison 3 (cat. Amours Romanesques).

sous la contrainte (couleur)Challenge Amoureux saison 3