Lecture Commune : « Cranford » d’Elizabeth GASKELL


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Lou m’a proposé une lecture commune pour le roman d’Elizabeth Gaskell Cranford. Virgule s’est déjà jointe à nous, si le cœur vous en dit et que vous voulez découvrir cette auteure ou lire ce roman, vous serez les bienvenu(e)s !

Lecture commune prévue pour le 15 mars. A vos agendas !

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Se joignent à

Lou

Virgule

et George :

Valou

Céline avec Les Confessions de Mr Harrison

Emma

Solenn

Sharon

Alexandra

Paulana

Emily

Titine avec Lady Ludlow

Plumetis Joli

Anis

Syl.

Claudialucia

« La Chartreuse de Parme » Stendhal #1


Avant de commencer quelques précisions sont nécessaires. Tout d’abord je précise que je n’ai pas eu le temps de relire ce roman, et que j’envisage d’en parler pour cette LC à partir de mes souvenirs de lecture. J’ai dû lire ce roman au moins 3 ou 4 fois, pour l’avoir eu au programme de mes études de Lettres. Eh oui quand on est étudiante en lettres à Grenoble, lire Stendhal et étudier ses romans coule de source. Je vais donc vous en parler à partir de quelques points qui ont laissé une empreinte très marquante dans ma mémoire. Mais en préparant mon billet, en parcourant ce roman, en relisant les phrases, mes notes dans les marges, soudain un immense regret a vu le jour, le regret de ne pas l’avoir relu. Du coup, je prévois de le relire bientôt et donc de donner une suite à ce billet.

Je ne rentrerai pas dans le détail de l’histoire de Fabrice Del Dongo, mais j’ai surtout envie de vous parler de ce personnage, anti-héros stendhalien, passionnant et paradoxal. Comme Julien Sorel dans Le Rouge et le noir, Fabrice a des rêves de gloire, mais sa naïveté, son inexpérience des codes sociaux, et surtout sa soif d’héroïsme vont être confrontés à une réalité bien moins romanesque. On pense bien sûr tout de suite à la scène célèbre de Waterloo, quand Fabrice (ah la fameuse focalisation interne !!!) totalement perdu au milieu du champ de bataille révèle une réalité guerrière bien loin de ce qu’il avait pu imaginer.

L’ironie stendhalienne a quelque chose à voir, me semble-t-il avec celle de Voltaire. Ainsi les intrusions d’auteur entraînent-elles une vision trouble du héros, et font sourire : Par une autre faiblesse de notre héros, que nous avouerons aussi naturellement que nous avons raconté sa peur dans le bureau de police au bout du pont, il avait les larmes au yeux (p.270), Et Fabrice bien que toujours appelé « héros » est souvent bien peu héroïque.

Cela m’amène à parler des intrusions d’auteur dont Stendhal raffole , et moi aussi, ça tombe bien : Mais pour le moment, nous sommes obligés de laisser Fabrice dans sa prison, tout au faîte de la citadelle de Parme ; on le garde bien, et nous l’y retrouverons peut-être un peu changé. Nous allons nous occuper avant tout de la cour, où des intrigues fort compliquées, et surtout les passions d’une femme malheureuse vont décider de son sort. (p.375).

J’aime ces ruptures du récit, et cette façon de mener le lecteur par la main, de rompre l’illusion romanesque en nous tirant par la manche, et nous laisser croire que nous suivons l’auteur dans l’écriture de son roman.

Enfin, l’épisode pour moi le plus marquant de ce roman est sans conteste, l’emprisonnement de Fabrice en haut de la tour Farnèse et sa rencontre avec Clélia Conti, la fille du geôlier. Cette partie du roman est d’autant plus présente dans mon esprit, que j’avais dû faire un exposé en amphi sur le thème de la prison dans La Chartreuse, mais aussi parce que la façon dont Stendhal envisage l’emprisonnement de Fabrice a de forts et étonnants parallèles avec un passage quasi similaire dans Consuelo de George Sand. Dans les deux cas, il s’agit de prisons heureuses, et Béatrice Didier en parle dans sa préface au roman dans l’édition Folio classique. Du haut de cette tour, dans cette position verticale d’élévation, Fabrice goûte au bonheur de la contemplation du paysage, mais aussi de la découverte de l’amour. Comme Julien Sorel du haut de son rocher contemple l’aigle et rêve au destin de Napoléon, Fabrice du haut de sa tour, surpris de n’y être pas malheureux se convainc presque qu’il est un héros !

Dans l’optique du Challenge Stendhal, on peut voir cette œuvre comme un roman clef dans la création de Stendhal. Bien qu’écrit en 7 semaines, comme le veut la légende, ce roman est très dense et rassemble les thèmes importants de l’œuvre de l’auteur : l’Italie, l’amour cristallisé, une vision négative du père, une idéalisation de Bonaparte, un héros paradoxal, l’ironie et une réflexion sur l’héroïsme. Sans doute moins lu que Le Rouge et le noir, peut-être à cause de son épaisseur qui peut dissuader, ce roman offre aussi une vision historique, la fin de l’emprise de l’Autriche sur l’Italie ! Roman donc riche, et dont il est difficile de saisir toute l’ampleur.

Il y aurait bien sûr encore beaucoup à dire, mais je me réserve pour mon deuxième billet. Vous pouvez aller lire les différents avis de : Tiphanie ; Céline  ; Aymeline ; Elodie ; Nathalia ; Cynthia ; Viviana ;

« Marina » Carlos Ruiz Zafon


Marina est le deuxième roman de Zafon, mais il paraît en France après L’ombre du vent et Le Jeu de l’ange. L’intrigue se situe à Barcelone à la fin des années 70. Oscar Drai est un jeune garçon de 15 ans, orphelin, interne de son collège. Un soir, il pénètre dans une vieille demeure délabrée, attiré par une musique, et fait ainsi la connaissance de Marina et de son père German, un célèbre peintre oublié. Une forte amitié nait entre les deux jeunes gens. Un jour, leur destin va croiser une étrange femme en noir… et c’est le début d’une histoire envoutante et terrible…

Il ne faut pas raconter les romans de Zafon à moins d’avoir le même talent que lui, car, les éléments s’imbriquent, se multiplient, l’ambiance dans laquelle il plonge le lecteur est celle du pire cauchemar : des ombres fantomatiques, des maisons silencieuses renfermant les histoires les plus dramatiques, des hommes ravagés par les souvenirs, des ruelles luisantes de pluie sous une lune voilée, de longs corridors sans fin, des amours marquées par la malédiction…

Après avoir été un peu déçue par Le Jeu de l’ange cet été, j’ai retrouvé dans Marina ce qui m’a fait adorer L’ombre du vent. Plus simple dans la forme et dans l’intrigue, ce roman m’a envoûtée. Zafon est sans conteste un très bon raconteur d’histoires, et les récits dans le récit le montrent une fois de plus. Chaque personnage raconte sa version de l’histoire, éclairant, par touches successives, l’intrigue principale. L’atmosphère y est lourde, sombre et souvent terrifiante, provoquant un état de frayeur excitant sur le lecteur, et donc sur moi. Le fantastique est, là encore, au rendez-vous, et le doute aussi du personnage principal provoque comme une incertitude, comme l’on peut en avoir après une nuit mouvementée où les cauchemars nous laissent indécis entre imagination et réalité. Alors que Le Jeu de l’ange poussait trop loin et parfois s’embrouillait dans la multitude des récits insérés, et égarait son lecteur, ici tout fonctionne à merveille, et jamais, Zafon ne perd son lecteur en route. Bien au contraire. Si je parlais d’envoutement, c’est bien qu’un étrange phénomène s’est produit à la lecture de ce roman, au point de pénétrer, comme pour L’ombre du vent, mes propres rêves.

Les livres sont moins présents ici, mais on sent déjà, dans ce roman, la fascination qu’ils opèrent sur Zafon, et la référence à Marie Shelley et à son Frankstein est un fil rouge que l’on suit pendant toute la lecture. Bien que se situant à la fin des années 70, ce roman renoue avec les romans gothiques du romantisme noir. Barcelone n’a rien de lumineux, de solaire comme on pourrait s’y attendre, c’est son aspect mystérieux et fantastique que Zafon fait revivre, comme on ressuscite une ville oubliée par le passage du temps.

Les personnages féminins créés par Zafon sont toujours fascinants. Sorte de sylphides, femmes belles, mystérieuses, dévorées par un mal secret, elles portent le roman. Beautés dangereuses, parfois venimeuses, femmes fatales, elles exercent un pouvoir de fascination sur les hommes, provoquant leur chute dans une folie destructrice. Zafon, à travers elles, est le fier descendant de Théophile Gautier (Le Roman de la momie) ou mieux encore de Villiers de l’Isle-Adam avec ses Contes Cruels ou son Eve future.

On pourra regretter une tendance à réutiliser les mêmes ficelles, mais il ne faut pas perdre de vue que ce roman vient avant les deux autres, et qu’il pose finalement, les jalons. L’ombre du vent reste le plus abouti, mais Marina est un roman fascinant, qu’il ne faut pas négliger, et que j’aurais tendance à conseiller plutôt que Le Jeu de l’ange, qui m’a laissé sur ma faim. Même si parfois, on frôle le cliché avec des phrases un peu faciles : Chaque livre était une porte sur de nouveaux mondes et de nouvelles idées (p.78), on sent, chez Zafon, la volonté d’écrire une histoire qui emporte son lecteur.

Enfin je voulais remercier mon petit Hérisson, qui m’avait offert ce roman pour mon anniversaire.

Cette lecture a été faite dans le cadre d’une LC, je vous laisse donc découvrir l’avis des copines : Manu, Mia, Leiloona , Liliba, MissBouquinaix , Olivier , Reveline (je rajouterai les liens vers les billets au fil des publications!)

3ème roman lu dans le cadre du Défi de Mia.

Lectures Communes pour passer l’hiver en bonne compagnie !


Val et moi avons décidé d’organiser notre hiver au coin du feu et de proposer quelques lectures communes à déguster avec chocolat chaud et pan-cakes aux pépites de chocolat (oui Val ta recette est à se damner!!!) ! Voici cinq romans à extirper de votre PAL, éventuellement et si le coeur vous en dit !

  • Le 8 décembre

Olivier

Zazy

Petite Fleur

Jeneen

Miss Bouquinaix

  • Le 12 Janvier 2012

angelebb

Evilysangel

Yuko

Miss Bouquinaix

  • Le 16 Janvier

Nag

Mazel

  • Le 8 Février

Olivier

  • Le 16 Février

Evilysangel

Fafa

Dominique

Miss Bouquinaix

Marion

Comme toujours un petit commentaire ci-dessous si vous voulez vous joindre à nous !