Un livre dans la boîte ! #5


un livre dans la boîteDe nouveaux livres ont atterri dans ma boîte ces derniers jours. Des romans très différents, que je suis ravie de vous présenter avant lecture. Peut-être que, comme moi, vous aurez envie de les découvrir à votre tour.

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« Le plus joli des rêves » Nathalie BRISAC – Rentrée Littéraire 2013 (Jeunesse).


brisac le plus joli des rêvesDans un pays où l’argent est roi, le plus riche des hommes, Mougueule, est aussi le plus puissant. Pourtant il ne possède pas le Rêve Inaccessible que tout le monde recherche. Il engage donc le grand Gaston pour partir à la recherche de ce rêve. Dans sa quête, il croisera une petite fille, Rosalie qui l’emmènera vers le Rêve Inaccessible, mais celui-ci ne se laisse pas si facilement attraper et celui qui voudra le posséder devra répondre au préalable à trois questions ! Mougueule y parviendra-t-il ?

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« Chien Pourri » Colas GUTMAN et Marc BOUTAVANT


gutman chien pourriChien Pourri est un chien tout pourri, son pelage ressemble à un paillasson, il sent la sardine et les puces sont ses meilleurs amis. Il est né dans une poubelle qu’il partage avec Chaplapla, un chat tout plat. Un jour, Chaplapla lui explique ce qu’est un maître et Chien Pourri aimerait bien se trouver un maître qui lui donne des croquettes et du su-sucre. Mais cette quête de maître va l’entrainer dans des aventures rocambolesques durant lesquelles il va croiser un canard boiteux, un pingouin unijambiste, et j’en passe. Chien Pourri, en plus de tout le reste, n’est pas très futé et très naïf, ne voyant le mal nulle part.

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« Le Chevalier qui cherchait ses chaussettes » de Christian Oster


Oster le chevalierIl était une fois un chevalier qui, après une nuit passée au pied d’un arbre, ne retrouva plus ses chaussettes ! Cela est bien embêtant, car comment se présenter devant une princesse à délivrer des griffes d’un dragon, pieds nus ?

Voilà l’étrange mésaventure qui arrive au chevalier de ce conte qui se présente dans les règles du genre : le « Il était une fois… » ; le méchant dragon ; la jolie princesse prisonnière et le valeureux chevalier. Sauf que Christian Oster manie le burlesque avec brio. La perte des chaussettes va quelque peu décontenancer son chevalier qui est obligé, à plusieurs reprises et devant les péripéties inattendues qui se présentent à lui, de récapituler à plusieurs reprises la succession de ses actions. Sauf que ce pauvre chevalier a tendance à s’emmêler les pinceaux.

« D’abord, délivrer le dragon, se dit-il ; ensuite, le trouver ; puis réveiller mes chaussettes ; enfin, combattre la princesse. » (pp.13/14)

Il sera question de combats violents contre des dragons, de canard carbonisé, de magicien et de lutin avant que ce pauvre chevalier ne parvienne à boucler sa mission.

Ce conte burlesque, lu hier soir à mes enfants, a suscité bien des rires. Les dialogues sont souvent très drôles et décalés, ainsi que les interruptions surprenantes du récit avec des adresses aux enfants.

La lecture à voix haute fonctionne parfaitement tant le ton et les dialogues sont vifs. La parodie du roman de chevalerie ainsi que des éléments traditionnels du conte en font un livre à découvrir pour son originalité et son côté burlesque.

Ce roman est édité à L’École des Loisirs dans la collection Mouche, il est donc accessible pour de jeunes lecteurs à partir de 7 ans, mais il peut bien sûr se lire à des enfants plus petits.

Roman lu grâce à la Bibliothèque Municipale.

Marilyn bibliothèque

« Little Stuart » de E.B WHITE


White Little StuartTout le monde connaît Little Stuart depuis l’adaptation cinématographique avec Dr House dans le rôle du papa de Stuart ! C’est au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, l’an dernier, que j’ai acheté ce livre pour mon fils Antoine. Bien que le roman soit un peu conséquent pour lui, je m’étais dit que comme il connaissait le film, la lecture en serait facilitée. Depuis un an, il ne l’a pas touché, donc, en fin de semaine dernière je l’ai choisi pour nos lectures du soir (pour en savoir plus suivez le lien!).

Dans la famille Little, il y a la maman, le papa, le petit garçon George, et… Stuart, cadet de la famille, tout petit et qui ressemble fortement à une souris ! Bien que cela puisse paraître étrange au lecteur, le fait que Maman Little ait accouché d’une souris ne semble guère étonner les personnages du roman. Stuart est certes une souris mais a tout d’un garçon : il parle, se lave les dents, aime être bien habillé, etc.

Le roman est divisé en deux parties. La première partie narre la vie de Stuart chez lui avec ses parents. La façon dont ses parents doivent adapter la maison à sa petite taille (il dort dans un paquet de cigarettes !), démontre qu’il est utile d’avoir un plus petit que soi sous la main, et sa cohabitation difficile avec le chat de la maison, Snowbell qui a bien du mal à résister à l’envie de le croquer.

La deuxième partie est une sorte de road movie. Stuart part à la recherche d’une oiselle, Margalo, que les Stuart avaient recueillie et que le méchant Snowbell a effrayée au point de lui faire prendre le large. Durant son voyage, Stuart va vivre différentes aventures insolites et faire plusieurs rencontres.

Ce roman, datant de 1945, est un classique de la littérature jeunesse américaine. Il prône des valeurs essentielles comme la tolérance et la loyauté, mais sans trop donner dans les bons sentiments. Stuart est une petite souris ou un petit garçon qui, bien que petit et vivant dans un monde peu adapté à sa taille, se débrouille très bien, fait preuve de jugeote et de courage. La première partie est celle que nous avons préférée, car elle montre avec assez d’humour la vie au quotidien de Stuart et les diverses astuces mises en place pour lui faciliter la vie. La seconde partie qui est rythmée par les différentes rencontres que fait Stuart au cours de son voyage est moins passionnante. Beaucoup de longueurs et surtout des aventures qui au final n’apportent pas grand chose. Enfin, la fin en queue de poisson est un peu décevante. Nous avons eu la sensation d’avoir fini le tome 1 d’une série, mais malheureusement il n’existe pas de tome 2 et l’on ignore donc comment s’achève la quête de Stuart.

Toutefois les enfants ont, tous les soirs, été ravis de retrouver Stuart, mais je les ai trouvés plus attentifs durant la première partie du roman, un  peu comme moi donc. Il y a plusieurs scènes assez drôles, notamment l’une d’elle chez un dentiste qui nous a bien fait rigoler. Notre avis est donc assez mitigé, car la fin nous a laissé sur une note de déception, ce qui est dommage.

little stuart filmComme je le disais au début de ce billet, ce roman a été adapté au cinéma en 2000, avec dans le rôle de la maman de Stuart, Geena Davis et dans le rôle du papa, le fameux Hugh Laurie.

Contrairement au roman, Stuart est un enfant adopté et le film insiste, surtout au début sur une rivalité avec George qui n’existe pas dans le roman. Le film est centré sur la première partie du roman avec plusieurs changements, notamment concernant Margalo qui, contrairement au roman, est au service d’un voleur et présente donc une personnalité plus contrastée. Nous retrouvons cependant Snowbell, ainsi que la course de bateau sur le bassin du parc, mais là encore avec quelques modifications par rapport au roman. La seconde partie du roman est absent du film, si mes souvenirs sont bons.

Cette lecture a cependant donné très envie aux enfants de revoir le film.

Un roman jeunesse donc à lire comme un classique, mais aussi pour ce petit personnage attachant et drôle qu’est Stuart.

Roman lu dans le cadre du Challenge La Littérature fait son cinéma, du Challenge Animaux du monde, du Challenge Gilmore Girls 2013.

Challenge la littérature cinémaChallenge Animaux du mondechallenge gilmore girls 2013

« Celle que j’aime » d’Audren


audren celle que j'aimeJe ne peux pas parler forcément de tous les livres que je lis le soir à mes enfants, mais j’avais envie, ce matin, de vous parler de celui-ci, parce qu’il est un peu particulier. C’est le premier livre qu’Antoine a choisi seul, comme un grand, en lisant la quatrième de couverture, en le feuilletant consciencieusement, l’an dernier au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil. La deuxième raison est que depuis ma rencontre avec Audren, j’avais très envie de lire un de ses livres. J’ai retrouvé dans les pages de Celle que j’aime, la vitalité et l’humour de cette femme.

Paul est un gentil petit chat, amoureux de Lison. Un midi, à la cantine, il entend son amoureuse avouer qu’elle est végétarienne. C’est une nouvelle catastrophique ! Paul, qui rêvait de reprendre plus tard la charcuterie de ses parents avec Lison, voit tous ces rêves de bonheur s’écroulaient d’un coup ! Il doit choisir entre son rêve d’être charcutier et son amour pour Lison.

Avec beaucoup d’humour et de tendresse, Audren évoque les affres des premières amours enfantines. Paul est désespéré, déprimé, sa vie n’a plus de sens, il se sent déchiré et tellement triste. Paul est amoureux comme un grand, et ses soucis s’ils sont quelque peu différents de ceux des adultes, provoquent cependant les mêmes conséquences. Pas de mièvrerie ou d’ironie sous la plume d’Audren pour parler du sentiment amoureux des enfants. Si la mère de Paul n’y prend pas garde et croit que les yeux rouges de Paul sont dus à un allergie au pollen, le petit chat quant à lui vit difficilement sa désillusion.

Les enfants ont été très attentifs à cette lecture, et un passage les a fait particulièrement rire, même longtemps une fois le livre refermé ! J’y ai même encore eu droit ce matin au petit déjeuner, ils connaissaient les répliques de Paul et de son copain Théophile par cœur :

audren celle que j'aime page 38

Ce roman d’amour pour enfant est une belle façon de mettre des mots sur ce que les enfants peuvent ressentir, sur ce que les parents prennent parfois trop à la légère. L’humour est présent cependant, mais sans jamais ironiser sur les sentiments sincères de Paul.

J’ai beaucoup aimé le fait qu’Audren ait choisi pour personnage un petit chat sensible, et parle de l’amour à travers les yeux d’un garçon et non d’une fille. Les filles d’ailleurs apparaissent dans ce roman (sauf bien sûr Lison qui est parfaite !) quelque peu superficielles.

C’est donc bien réellement un roman d’amour pour garçon, car oui, les garçons aussi ont des sentiments tendres et peuvent être tristes et pleurer à cause d’une fille.

Ce petit roman est édité par L’Ecole des Loisirs, collection Mouche avec de jolies illustrations de Stéphanie Blake. Conseillé à partir du CE1.

Livre lu dans le cadre du Challenge Cartable et tableau noir.

challenge cartable et tableau noir

Salon du Livre et de la Jeunesse : Dimanche 2 Décembre (suite et fin)


DSCN1269Deuxième journée au Salon, cette fois-ci accompagnée d’Antoine et d’Eliot, car oui ce salon est, normalement, pour les enfants, sans oublier mon petit Hérisson.

Détour obligé dans la fameuse boulangerie de Hérisson, histoire d’avoir rapidement sous la main de quoi assouvir la faim tenace des loulous, puis nous nous retrouvons en terrain connu. Antoine qui d’abord se plaignait du froid piquant, réclame dès à présent à manger, mais nous dirigeons vers le sous-sol du salon pour une rencontre informelle avec Timothée de Fombelle, l’auteur de Tobie Lolness. Hérisson lui remet son diplôme (pour plus d’explications voir le blog de Hérisson) :

DSCN1280Après cette rencontre très sympathique et qui m’a donné envie de lire les aventures de Tobie, nous sommes allés faire un peu de sauna au premier étage pour rencontrer Stéphane Sénégas, illustrateur d’Anuki, BD sans parole qui laisse libre cours à l’imagination des enfants et parfait pour Eliot qui, en CP, a encore un peu de mal à lire. Il a eu droit à une très belle dédicace, le veinard :

Sénégas Anuki dédicace EliotLes estomacs criant : « FAMIIIIIIIIIIINE !!!! », nous avons fait une petite pause, avant de repartir nous confondre dans la foule de plus en plus compacte. Je vous avoue que je ne souviens pas tout dans l’ordre, donc ce sera en vrac !

Je me souviens donc être allée saluer Béatrice Bottet en dédicace qui a eu la gentillesse de me reconnaître, j’ai donc pris des nouvelles de ma copine Penelope Green et ai susurré à l’auteure qu’il serait temps que l’idylle entre Cyprien et Penelope se concrétise, non mais !!! Pendant ce temps, Antoine farfouillait sur le stand d’Actes Sud, il tient de sa mère cet enfant-là !

Sur le stand Albin Michel, après moult hésitations, j’ai enfin craqué pour La Mafia du chocolat de Gabrielle Zelin. Après avoir retrouvé Hérisson qui s’était éclipsée quelques minutes, nous sommes allés sur le stand de Delcourt où Antoine a jeté son dévolu sur la BD Toto. C’est un fan des histoires de Toto, merci de votre compassion. Les enfants ont aussi eu droit à quelques petits cadeaux dont une pochette Captain Biceps !!!!, oui, oui vous lisez bien !

Pour prolonger la soirée d’hier et trouver quelques romans des auteurs vus lors de l’apéro-dernier verre, nous nous sommes rendus sur le stand de L’Ecole des Loisirs et là ce fut la razzia du siècle. Pendant que je jetais mon dévolu sur trois romans, Hérisson faisait la lecture à Eliot :

DSCN1285Ensuite, Antoine, Eliot et moi avons trouvé plusieurs petits albums en format poche. Nous avons recroisé Doriane, l’attachée de presse, l’occasion de la remercier encore pour cette belle soirée d’hier. La file des dédicaces pour Yvan Pommaux étant décidément trop longue, nous avons abdiqué, un peu triste.

Antoine souhaitant le manga Pokemon (oui je sais!!!) nous sommes retournés au stand Pocket Jeunesse, j’en ai profité pour acheter le premier tome de La Guerre des clans, que voulez-vous j’adore les histoires de chats. Et là, j’aperçois un peu plus loin une femme en gris. Je la fixe longuement, m’en approche timidement et rougissante, je demande : « Bonjour, êtes-vous Marie-Aude Murail ? », quand elle me répond oui, il me monte une bouffée de chaleur énorme et une émotion étrange, comme une enfant tombant nez à nez avec le Père Noël. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Je me présente, signalant le nom de mon blog et mon pseudo, et presque naturellement, voilà qu’elle me répond :  » Mais, oui, bien sûr je connais votre blog. » Ben oui, bien sûr !!! et là je crois que j’ai failli tomber dans les pommes ! Après avoir bafouillé deux trois phrases totalement incompréhensibles, mais étant quand même parvenue à expliquer qu’Antoine venait de choisir un de ses livres, elle se propose de le lui dédicacer :

Murail dédicaceVous pensez que je peux déchirer la page et l’accrocher, encadrée, au-dessus de mon lit ????

Outre les dédicaces, les achats de livres et les rencontres avec les auteurs, nous avons aussi, mais moins qu’hier, croisé quelques blogueurs, dont Touloulou, oui enfin, après nous être manquées au Salon du Livre de Paris. Même si nous ne nous étions jamais vues, la fréquentation de nos blogs respectifs, fait que nous papotons simplement et naturellement.

La fatigue ayant raison de nous, nous quittons le salon à regret. Il restera de ces deux journées de bons moments et de belles rencontres, en attendant l’année prochaine !

Voici venu le moment de vous montrez les achats :

Les livres d’Eliot

montreuil achat livres eliotLes Livres d’Antoine

montreuil achat livre antoine 2012Les livres de George :

montreuil achat livres moi 2012Comme vous pouvez le voir les achats ont été variés et sont des promesses de belles lectures.

Comme chaque année, ce Salon fut un moment à part, marqué surtout par la soirée organisée par L’Ecole des Loisirs, mais aussi par de nombreuses rencontres avec des auteurs passionnants et des blogueurs toujours aussi enthousiastes.

Merci aussi à Hérisson et à Liyah de la part de mes enfants, pour tous les livres qui vous leur avaient offerts et qui viennent gonfler leur PAL respective bientôt aussi importante que la mienne.

Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil


salon du montreuil 2012Depuis maintenant trois ans, le premier week-end de décembre est devenu un week-end bien particulier. Le première raison est qu’il se tient le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, qui est l’occasion d’acheter des livres d’augmenter sa PAL de découvrir de nouveaux livres, des auteurs et de rencontrer des blogueurs-amis. Et justement j’en viens à la deuxième raison. Depuis trois ans, donc, j’ai la joie d’accueillir notre Hérisson préféré à la maison le temps du week-end. Ce rendez-vous annuel, nous permet de nous revoir, de papoter lecture et blog et de tant d’autres choses encore.

Sur le blog de Hérisson, vous trouverez toutes les indications sur le Salon. Pour ma part, j’y serai à partir de Samedi matin et dimanche (accompagnée normalement de ma progéniture).

Le samedi soir, j’ai eu la chance de recevoir une invitation de L’École des Loisirs pour un apéro dînatoire en présence de plusieurs auteurs dont Malika Ferdjoukh auteure de Quatre soeurs, que j’ai lu cette semaine.

Ce salon va également me permettre de revoir Liyah et son homme ainsi que SophieLit. Miss Bouquinaix sera des nôtres samedi. Bref, ce salon est à la fois une fête du livre et une belle occasion de passer de l’autre côté de l’écran de notre ordinateur. Si vous pensez vous y rendre, n’hésitez pas à laisser un commentaire, je vous donnerai quelques points de rendez-vous où nous aurons la chance de nous croiser.

« Quatre soeurs » de Malika FERDJOUKH


Quatre soeurs dormait dans ma PAL depuis septembre 2010. Mes livres savent très bien (je les préviens quand je les emmène chez moi et les dispose dans mes étagères) qu’il faut être patients avec moi, mais que tôt ou tard leur tour viendra. Il était un peu caché derrière une autre rangée de livres achetés depuis et, je dois l’avouer, désespérait que son tour vienne. L’arrivée prochaine du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil pointant son nez (plus que deux jours), et la perceptive d’une rencontre avec Malika Ferdjoukh se présentant, j’ai eu un besoin soudain de le sortir de l’ombre.

Ce roman jeunesse m’a fait le même effet qu’un autre pavé jeunesse lu il y a quelques années : Miss Charity de Marie-Aude Murail. La même gaité mêlée à des sujets sérieux, le même sourire sur mes lèvres durant la lecture.

D’abord parue en quatre tomes distincts (en 2003) portant chacun le titre d’une des quatre sœurs (qui sont en fait cinq), la série a été éditée en version intégrale par la célèbre maison d’édition L’École des Loisirs en 2010.

Dans l’ordre chronologique, les cinq sœurs Verdelaine se prénomment : Charlie, 23 ans, Geneviève, 16 ans, Bettina, 14 ans, Hortense, 11 ans et Enid, 9 ans. Leurs parents sont morts dans un accident de voiture un peu plus d’un an auparavant quand débute le roman. Elles vivent toutes les cinq dans leur grande demeure au bord de la mer, la Vill’Hervé, avec deux chats, Ingrid et Roberto. Charlie, l’aînée qui a endossé le rôle de tutrice, est le lien, le fil rouge entre ces quatre sœurs qui ont chacune une personnalité bien à elle : Enid, petite fille rêveuse et amoureuse des animaux, Hortense, artiste et diariste, Bettina, un peu rebelle et enfin Geneviève, serviable et secrète. Nous les suivons le temps d’une année, une saison pour chacune, sans pour autant que soient négligés les autres occupants de la maison.

Malika Ferdjoukh parvient à rendre vivantes ces cinq jeunes filles d’âge différent, à leur donner les préoccupations de leur âge, à décrire comment chacune se débrouille avec la mort de leurs parents, Fred et Lucie. Au fur et à mesure, d’autres personnages viennent se greffer : des amis, des amours, des cousins, mais aussi un rat, un autre chat, un écureuil, une chauve-souris, etc. La Vill’Hervé devient une vraie auberge espagnole.

Il règne dans cette maison et donc dans ce roman, une douce folie : les patronymes sonnent étrangement, il y a un gnome dans la chasse d’eau, leur tante insupportable apparaît dès que l’une des sœurs prononce son nom, les parents surgissent des limbes accoutrés de tenues les plus improbables… Réel et imaginaire se mêlent. Car la réalité est cependant bien présente et les cinq sœurs vivent et font des rencontres que toutes jeunes filles peuvent faire dans leur vie. Malika Ferdjoukh ne passe pas sous silence les heurts de la vie : la mort, la maladie, les ruptures amoureuses, les accidents, les mauvaises fréquentations, les problèmes d’argent font partie de la vie et sont présents ici, tout comme sont présents les joies essentielles : être ensemble, un bon couscous, le réconfort de l’amitié, etc.

La Vill’Hervé est le point d’ancrage de cette drôle de famille, elle est un personnage à part entière, qui vit, qui grince, que l’on retape. Elle est l’identité des quatre sœurs, le souvenir de leur vie d’avant, leur point de repère. C’est une maison comme on en rêve tous, en haut du falaise surplombant la mer et pouvant accueillir tous les amis. Dans le dernier chapitre, une partie des enfants sont en vacances à Paris. L’auteure y décrit les passages, la Comédie Française et le Palais Royal, évoque le Louvre ou la rue des Martyrs (que je connais bien), mais, comme Hortense et Enid, je me suis sentie un peu perdue loin de la Vill’Hervé.

Quatre soeurs est un roman doudou, comme ces films que l’on regarde à chaque Noël depuis son enfance. Je me suis identifiée à chacune d’elles, étant, vu mon grand âge, déjà passée par tous ces stades que nous conte Malika Ferdjoukh. Je me suis retrouvée en Enid à 9 ans, en Hortense quand je gribouillais mes premiers journaux intimes et prenais des cours de théâtre, etc. Il y a de nous dans chacune d’elles, et retrouver un peu de son enfance et de son adolescence ne fait jamais de mal.

Mais il y a aussi, entremêlées dans ces pages, des références littéraires et cinématographiques qui viennent donner un petit plus et que l’on saisira ou pas, notamment des références à d’autres romans de la littérature jeunesse : Coup de gigot de Roald Dhal, ou Mary Poppins, pour ne citer que ces deux-là.

Malika Ferdjoukh crée donc un monde dans lequel on se sent bien et que l’on a bien du mal à quitter une fois le roman achevé.

Ce roman est destiné aux jeunes lecteurs entre 9 et 14 ans, mais, vous l’aurez compris, peut se lire même à 40 ans.

Livre lu dans le cadre du Challenge Cartable et Tableau noir (quelques scènes se passent en classe) et du Challenge Paris co-organisé avec Sharon et L’ogresse de Paris.