« Le Prince des marées » de Pat CONROY


Ce roman entrait dans le cadre d’une LC prévue pour le 20 août, mais étant à l’autre bout de la France, là où le soleil existe encore, et coupée de toute connexion internet me privant ainsi de billets mémorables (je n’en doute pas…), je n’ai pas eu l’occasion (le temps, l’envie, la volonté….) d’écrire mon billet ! Il est temps donc de s’y remettre. Sinon, mon nouveau carnet de lecture ayant mystérieusement disparu entre la piscine et la plage, ce billet sera sans doute aussi troué qu’un gruyère !

Ce roman est dans ma PAL depuis si longtemps qu’il y a eu un instant où j’ai douté de sa présence sur mes étagères ! mais non, il était bien là, prenant la place de deux, lourd à se donner mal aux poignets ! Le début de ma lecture fut quelque peu laborieuse, et même si, finalement, au fil des pages, tous les personnages de Conroy ont su me toucher, j’avoue que ce ne fut pas le coup de coeur attendu.

Tom Wingo est un homme de Caroline du Sud, c’est sans doute ce qui le qualifie le mieux. Il est amené à se rendre à New York le temps d’un été, pour rencontrer la psy de sa soeur, Savannah, célèbre poète dépressive, qui vient de tenter une énième tentative de suicide. La psy de Savannah, le Dr Lowenstein, souhaite s’entretenir avec Tom afin de mieux connaître sa patiente. Tom va alors raconter l’histoire de sa famille, de son enfance. La narration oscille donc entre les souvenirs d’enfance de Tom et son présent new-yorkais.

Ma lecture fut en dents de scie, parfois passionnante, parfois longue et fastidieuse pour la simple raison, que le narrateur revient sur des souvenirs d’enfance plus ou moins prenants ! J’ai beaucoup apprécié les récits au présent, sa vie new-yorkaise, sa relation naissante avec le Dr Lowenstein, celle avec son fils. Certains passages de l’enfance furent aussi passionnants, sensibles et touchants. MAIS !

Le problème essentiel que j’ai eu avec ce roman, et que le narrateur lui-même évoque (je ne pourrais pas vous dire à quelle page puisque j’ai perdu mon carnet de lecture et donc la dite page …) c’est le rapport parfois peu évident entre les souvenirs et l’utilité de les raconter dans l’optique de la thérapie de Savannah ! J’ai en effet trouvé que le prétexte de la psy, du récit rétrospectif était parfois cousu de fil blanc, et je ne parvenais pas à saisir en quoi le récit de tel événement pouvait être d’une aide quelconque pour mieux comprendre les raisons de la dépression de Savannah. Alors certes on se laisse porter par la voix de la narration de Tom, par cette haine du père, cette amour paradoxal pour la mère, on sourit aux aventures de cette grand-mère hors du commun, on est touché par la relation entre Tom, Savannah et leur frère aîné Luke, mais la prétexte est fallacieux ! Toutefois il serait injuste de dire que ce roman ne m’a pas plu, disons qu’il a eu du mal à me plaire, que les 500 premières pages furent lourdes à tourner, mais une fois enclenchée (comme un bon vieux diesel), ma lecture s’est faite plus légère, et j’ai apprécié davantage, regrettant presque que les 500 dernières pages se tournent si rapidement !

Dernier bémol cependant, la fin, un peu trop rose pour moi, rémission miracle de Savannah comme du jour au lendemain, pardon et changement radical du père, passant de la brute grasse au père repentant et cela en moins d’une quinzaine de pages … et quand on considère que le roman en fait presque 1100, on se dit que c’est un peu court, jeune homme !

Que dire donc en conclusion ? Un roman qu’il faut sans doute avoir lu pour cette plongée dans la Caroline du Sud, pour la découverte d’un roman américain typique, mais qui aurait pu être plus synthétique et un peu mieux ficelé, si je puis me permettre, bien sûr !

Les avis des autres participantes à cette LC : Anne, Mimipinson; Mrs Pepys ; Frankie , Vilvirt MissBouquinaix

Initié par Daniel Fattore : 2

9/102 = 93