« Le train de 16h50 » Agatha CHRISTIE – Le Mois Anglais 2015 #1


christie train 16h50Mrs McGillicuddy, après avoir fait quelques cadeaux pour les fêtes de Noël à Londres, s’installe dans le train de 16h50. Fatiguée, elle s’occupe en regardant par la fenêtre le paysage défiler. Un train, allant dans le même sens que celui de la vieille dame, roule en parallèle, c’est alors qu’elle aperçoit une scène affreuse : un homme, de dos, étranglant une femme. Sous le choc, elle en informe le contrôleur qui  ne la prend pas au sérieux, mais à la gare de Brackhampton, elle laisse un mot au chef de gare. A peine arrivée à St. Mary Mead, elle se rend chez sa vieille amie, Miss Marpple pour lui raconter son aventure. Pourtant les jours passent et aucun corps n’a été signalé : ni dans le train, ni sur les voies. Mais Miss Marpple est convaincue que son amie n’a pas rêvé. Pour mener son enquête, elle fait alors à appel une jeune femme intelligente et libre : Lucy Eyelessbarrow. Celle-ci se fait embaucher chez les Crackenthorpe habitant le domaine de Rutherford Hall, dont le parc borde les voies ferrées.

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« Le Miroir se brisa » d’Agatha CHRISTIE


christie le miroir se brisaLe neveu de Miss Marple, soucieux du bien-être et de la santé de sa tante, lui a envoyé une aide à domicile. Miss Knight, prévenante à l’excès, agace prodigieusement la vieille dame qui s’en débarrasse en l’envoyant faire ses courses dans tous les coins de St Mary Mead. Le village est d’ailleurs en plein effervescence car le réalisateur Jason Rudd et son actrice de femme, la magnifique et célèbre Marina Gregg, viennent d’acquérir Gossington Hall de sinistre mémoire depuis qu’un cadavre avait été retrouvé dans la bibliothèque de la grande demeure alors propriété du couple Bentry, amis de Miss Marple, quelques années auparavant (Le Cadavre dans la bibliothèque). Pour la fête anniversaire des Ambulanciers de St John, une réception est organisée par le couple célèbre. La présidente de l’association, grande admiratrice de Marine Gregg, Mrs Badcock trouve la mort après avoir avalé un cocktail. L’inspecteur Delmot Craddock, de Scotland Yard, va donc, avec l’aide de Miss Marple, tenter de faire la lumière sur ce crime étrange. Pourquoi avoir assassiné cette femme simple et peut-être un peu trop bavarde ? Ne se serait-on pas trompé de victime ?

Ce fut un plaisir de retrouver les personnages du Cadavre dans la bibliothèque. J’aime quand les livres se répondent. Certes il est peu probable que plusieurs crimes, même à quelques années d’intervalle, se produisent dans un même lieu, mais qu’importe, le lecteur se sent en pays connu.

Miss Marple, un peu diminuée par une bronchite qui l’a affaiblie, déprime au contact de Miss Knight, mais ce couple antithétique provoque des scènes assez drôles. La vieille dame ne supporte pas que Miss Knight s’adresse à elle en disant « nous », ou encore qu’elle la considère comme grabataire. Tandis que l’aide-malade lui concocte des laits de poule, en cachette, Miss Marple sort son whiskie.

Comme dans les autres romans la mettant en scène, Miss Marple, tout en restant dans son fauteuil près de la fenêtre, est au courant de tous les ragots du village. Si on se perd un peu dans tous les noms des différents personnages secondaires, habitants de St Mary Mead et du nouveau quartier avec ses maisons modernes, j’ai aimé cette espèce de téléphone arabe à l’anglaise qui court tout au long du roman. Chacun y va de ses ragots et tout cela arrive aux oreilles de Miss Marple. J’ai aussi apprécié la figure de l’inspecteur Craddock, qui n’a rien de la suffisance d’Hercule Poirot et qui, au contraire, prend avec sérieux les suppositions de sa vieille amie.

Le meurtre de Mrs Badcock ne sera pas le seul, et plus le roman avance plus les raisons du crime semblent s’obscurcir.

Agatha Christie se serait inspirée de l’actrice Gene Tierney pour créer son personnage de Marina. La romancière aurait été touchée par le destin de cette belle actrice qui au sommet de sa gloire avait été touchée par un drame personnel, le même qu’elle fait vivre à son personnage.

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Elle s’interroge dans ce roman au titre révélateur, sur la double image de ces actrices qui doivent en toute circonstance montrer un visage radieux et souriant et cachant dans leur cœur des douleurs personnelles. Le titre, justement, est inspiré d’un vers d’un poème d’Alfred Tennyson, The Lady of Shalott, reprenant une légende arthurienne : la dame de Shalott était sous le joug d’une malédiction qui l’obligeait à ne voir le monde qu’à travers un miroir. Si le miroir est une métaphore, pour moi, de l’écran de cinéma, il révèle également en se brisant la femme qui se cache réellement au fond de l’actrice. Tout au long du roman cette référence au poème est présent, jusqu’aux dernières lignes qui reprennent trois vers du poème. Il rythme le roman et devient même un élément important pour la résolution de l’énigme.

Une fois n’est pas coutume (mais j’en suis super fière), j’ai devancé Miss Marple dans la résolution de l’énigme. Assez vite, j’ai deviné qui était le meurtrier et pourquoi. Mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman, et notamment j’ai particulièrement apprécié l’humour que je trouve souvent trop absent des aventures d’Hercule Poirot. Miss Marple, dans ce roman, apparaît rebelle, et sa relation avec son médecin qui lui prescrit comme seul médicament la résolution d’un crime m’a fait sourire. Si le crime principal est bien traité, j’ai un peu regretté le traitement des deux suivants, qui sont des scènes fortes mais qui sont vite balayés d’un revers de main. J’ai un peu eu l’impression qu’ils servaient surtout à créer des rebondissements pour maintenir l’attention du lecteur.

Malgré ce très léger bémol, ce roman m’a donné envie de lire d’autres aventures de Miss Marple qui, décidément, me plait de plus en plus car on sent une plus grande liberté dans le style d’Agatha Christie et aussi moins d’ironie que dans les histoires mettant Hercule Poirot en scène.

J’aimerais à présent avoir l’occasion de découvrir l’adaptation cinématographique que m’a conseillée Enna. Il faut dire que l’affiche est alléchante car les acteurs ne sont autre que Elizabeth Taylor, Rock Hudson, Kim Novak, Tony Curtis ou encore Géraldine Chaplin et dans le rôle de Miss Marple, Angela Lansbury.

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Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac (cat. objet), du Challenge La Littérature fait son cinéma, du Challenge God save the livre saison 3, du Challenge Polars et Thriller et du Challenge Agatha Christie. (oui, je sais ça fait beaucoup de challenges pour un seul livre…et encore j’aurais pu ajouter le Challenge Ô vieillesse ennemie… ben allez je l’ajoute aussi ! Ah mais il y a aussi le Challenge Romans Sous influences avec la référence au poème ! Il est efficace ce roman pour honorer les challenges 😀 )

challenge Petit Bac 2013Challenge La Littérature fait son cinéma 2012.  3e catégorie jpegchallenge-god-save-the-livreChallenge thrillers et polarschallenge Agatha Christiechallenge o vieillesse ennemiechallenge Romans sous influences