Best Of de l’été 2012 : « Le Grimoire au Rubis » de Béatrice Bottet


Béatrice Bottet est une auteure jeunesse de qualité. Dans ce premier cycle du fameux Grimoire au rubis, vous allez être plongée dans le Moyen-Âge au moment de la construction de Notre-Dame. Un roman d’aventure bien mené qui vous donnera envie de poursuivre avec les tomes suivants.

J’ai littéralement avalé ce premier livre, j’ai retrouvé tout ce qui m’avait plu dans Le Grimoire Maléfique. Béatrice Bottet est une conteuse magnifique et une historienne qui m’a passionnée. Grâce à deux jours de travail qui m’a demandé 2h de trajet RATP par jour, j’ai lu ce roman en trois jours.

Bertoul, ménestrel, se voit confier par Dame Hermelinde, sur son lit de mort, une mission bien étrange. Il est chargé d’amener un grimoire magique à un mage vivant à Paris. Parallèlement, Damoiselle Blanche,sous la tutelle de ses quatre demi-frères, doit se plier à un mariage organisé avec un homme plus âgé de 27 ans, veuf trois fois, et à la bedaine rebondie. Ne pouvant s’y résoudre, la jeune demoiselle s’enfuit et croise le chemin de Bertoul, lui-même fuyant la colère et la jalousie du fils du neveu d’Hermelinde, nouveau propriétaire du château de la vieille dame.

Nos deux jeunes gens vont donc vivre plusieurs péripéties, vont connaître le danger, l’errance à travers bois, et la protection des hiboux, considérés par tous comme les oiseaux du Diable, car nocturnes.

Bien que n’ayant plus douze ans (que c’est triste!), j’ai plongé dans ce livre avec bonheur ! Béatrice Bottet utilise le vocabulaire du Moyen-Âge expliqué en note de bas de page, nous plonge dans les coutumes (repas, croyance, rapport entre Noble et manant, superstitions etc.), crée un suspens et une intrigue qui nous poussent à lire encore et toujours. Et quel bonheur en refermant le Livre 1, de savoir qu’il me reste encore d’autres à découvrir !

Chaque chapitre est précédé d’une formule magique, d’authentiques formules magiques glanées, comme l’explique l’auteur, dans d’authentiques grimoires ou ouvrages de magie. Des recettes de magie pour prédire l’avenir, pour fabriquer des lettres d’amour, pour ne pas être blessé à la guerre,pour réussir une fête ou pour devenir invisible etc. Je vous avoue que la tentation fut vive de me transformer en magicienne, mais certains ingrédients risquent de ne pas être évidents à trouver, ou demandent des actes impossibles à réaliser pour moi, comme tuer un chat noir et le faire cuire dans un chaudron ou tuer un jeune loup et récupérer son cuir… pauvres bêtes ! Au-delà de ces recettes, le roman évoque donc des croyances liés aux animaux et notamment aux animaux nocturnes. Heureusement grâce à Harry Potter, le hibou ou la chouette ont retrouvé, depuis, leurs lettres de noblesse, même s’ils restent liés aux magiciens.

Vous l’aurez compris c’est une vraie réussite, et Béatrice Bottet sait transmettre ses connaissances d’historienne sans être didactique et professorale, les mots, les coutumes surgissent naturellement, et on referme le roman avec la certitude d’avoir appris beaucoup de choses sur le Moyen-Âge tout en ayant lu une histoire passionnante. Elle nous donne accès à une époque en la dépoussiérant de ses a priori, et ça fait du bien.

Roman présenté dans le cadre du Best Of de l’été 2012

« Penelope Green : La chanson des enfants perdus » de Béatrice Bottet


Penelope Green est une jeune fille de la bonne société anglaise de la fin du XIXème siècle. La mort de son père journaliste, la laisse seule au monde, mais non sans ressources. Penelope est bien décidée à reprendre le métier de son père et à vivre sa vie comme elle l’entend.

Béatrice Bottet nous offre une nouvelle série et une nouvelle héroïne anglaise, sorte de soeur jumelle de ma chère Enola Holmes, avec un fort esprit indépendant, abandonnant le corset à ses amies mariées et donc rangées. Penelope reprend donc une enquête de son défunt père concernant le meurtre d’un jeune musicien des quartiers populaires et donc mal famés de Londres. Sur son chemin elle croise un jeune marin français au nom prometteur : Cyprien Bonnaventure ; mais aussi un étrange professeur d’accordéon cul-de-jatte.

Béatrice Bottet est une merveilleuse conteuse d’histoires, le style est efficace, les évènements se succèdent pour relancer l’intérêt, l’humour n’est pas absent (Mrs Black est une cuisinière que tout le monde aimerait avoir à son service!!!), la tendresse non plus. Elle nous plonge dans le Londres de la fin du XIXème, au moment où les suffragettes commencent à faire entendre leur voix. Penelope a été élevée librement par son père, qu’elle aidait dans son travail, et est consciente des inégalités de droits entre l’homme et la femme. Offusquer la bonne société anglaise ne la dérange pas, malgré les hauts cris de sa cuisinière. L’enquête qu’elle va mener, aidée de son ami français, est bien ficelée, et Béatrice Bottet montre aussi les failles et les naïvetés de son héroïne. L’auteur, comme dans Le Grimoire au Rubis, plonge son lecteur dans un univers souvent cruel et sombre mais historiquement intéressant, et je n’ai pas trouvé, dans ce premier tome, les faiblesses que j’avais pu noter dans le premier tome des aventures de Enola Holmes. Certes, Enola et Penelope, comme je le disais, ont beaucoup de points communs, mais chacune finalement existe bien pour elle-même, et l’intérêt du roman de Béatrice Bottet réside aussi dans ce contexte féministe et journalistique qu’elle nous dépeint.

Lors du Salon du Livre, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Béatrice Bottet, et elle nous réserve encore plein d’aventures. Il me tarde de retrouver Penelope, journaliste globe-trotter dans les prochains tomes (Béatrice Bottet m’en a annoncé six, c’est du méga scoop!!!).

Lu dans le cadre du Challenge Victorien.

Merci à Brigitte des éditions Casterman et à Béatrice Bottet.

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« Le Grimoire au Rubis : Le chant des loups » Cycle 1, Livre 3 de Béatrice Bottet


Le Chant des Loups clôt le Cycle 1 du Grimoire au Rubis. Troisième livre donc, et troisième aventure pour Bertoul et la belle Blanche, devant défendre ce fameux grimoire tant convoité.

Après les aventures itinérantes, et la découverte de Paris au Moyen-Âge, Béatrice Bottet continue ici notre découverte de Moyen-Âge, en nous faisant vivre au sein d’un château. Blanche retourne donc dans son fief, au château de Vauluisant. Son expérience à la Cour du futur Saint-Louis, lui donne envie de moderniser son château : mettre des vitres aux fenêtres, élargir ces dernières, paver le sol et ainsi couvrir la terre battue, décorer et réchauffer l’intérieur à l’aide de tapisseries. Mais elle n’aura pas le temps de mettre en place toutes ces modernisations, son intendant ne voyant pas d’un bon œil qu’elle dilapide ainsi la fortune qu’il a scrupuleusement amassée.

L’intrigue de ce dernier livre du premier Cycle pêche un peu par la vraisemblance : quelques coïncidences notamment m’ont paru un peu grossière, comme la fait de retrouver un pauvre cabane perdue dans les bois depuis plus de dix. Mais ces quelques invraisemblances n’entament que très peu mon enthousiasme face à cette série.

Comme pour les autres livres, j’ai aimé me plonger dans le Moyen-Âge sur les pas de Blanche et de Bertoul, côtoyer une meute de loups, faire la connaissance de quelques Templiers ma foi assez sympathiques, bien qu’un brin autoritaires, et surtout en apprendre re un peu plus sur le mode de vie de ces hommes, pauvre, nobles ou religieux qui peuplent ce roman.

L’intérêt romanesque n’est pas non plus à négliger, puisque l’on en apprend un peu plus sur les parents de Bertoul, sur son origine et sa personnalité devient alors plus dense et intéressante.

Concernant ce premier Cycle qui englobe donc trois livres, le fil conducteur est bien évidemment le grimoire, sa transmission et sa protection, mais aussi l’enseignement qu’il donne à celui qui le possède et le lit. Ce qui donne aussi une unité à ce Cycle est bien évidemment le couple Bertoul et Blanche, des personnages qui se découvrent de plus en plus, laissant petit à petit éclore leurs sentiments, qui évoluent au cours de leurs aventures. Enfin, chaque livre fait la part belle à un animal de la nuit, un animal lié au Diable, du moins perçu comme tel au Moyen-Âge : les Hiboux, le Chat noir et enfin les Loups. Ces animaux sont souvent le prétexte pour expliquer les croyances de l’époque, mais des croyances qui demeurent encore vivaces de nos jours, avec plus ou moins d’intensité.

Une série jeunesse donc décidément intelligente et passionnante, que je ne peux que vous conseiller à nouveau.

Il me reste à présent à découvrir le Cycle 2, nouveau Cycle, et nouvelle époque (le XVIème) et nouveaux personnages, mais toujours ce Grimoire comme héritage. J’ai hâte !

Roman lu dans le cadre du Défi des 1000, du Challenge Moyen-Âge, du Challenge Littérature Jeunesse, sans oublier le Challenge Le Nez dans les livres puisque ce roman comprenant le mot Grimoire dans son titre.