« Le Couteau sur la nuque » d’Agatha CHRISTIE


christie le couteau sur la nuqueVoilà bien longtemps que je n’avais pas ouvert un bon vieux roman d’Agatha, et pourtant je n’ai que l’embarras du choix puisque ma PAL n’en comporte pas moins de 30. Mon dévolu s’est porté sur Le Couteau sur la nuque, un roman acheté récemment et qui n’a même pas eu le temps de passer par la case PAL, décidément ça devient une habitude et ce n’est pas comme cela que je vais m’en sortir. Toutefois, à la vitesse avec laquelle j’ai lu ce roman-ci, je me dis que vider ma PAL des romans d’Agatha devrait être assez facile. Commencé hier après-midi, je viens de le finir aujourd’hui vers 14h. Autant vous dire que voilà une affaire rondement menée. Il faut préciser que retrouver Hercule et son acolyte Hastings est un tel plaisir que j’ai eu bien du mal à lâcher mon livre pour faire autre chose. L’autre chose étant, dans ces cas-là, toujours nettement moins passionnant.

Le narrateur de l’enquête est donc Hastings qui se charge de relater les éléments de l’enquête concernant l’assassinat de George Alfred Saint Vincent Marsh, baron Edgware. Cet homme, connu pour son caractère désagréable et sa légère folie, a été tué d’un… vous vous en doutez… coup de couteau sur la nuque. Tous les soupçons se portent sur son épouse, Jane Wilkinson, célèbre actrice narcissique, connue, elle, pour savoir manipuler les hommes. Elle a en effet été aperçue le soir du crime pénétrant dans le bureau-bibliothèque de son cher mari. Or, cette même Jane Wilkinson avait la veille chargé Hercule Poirot d’intercéder en sa faveur auprès du baron afin de le convaincre de lui accorder le divorce. Le discours de la jeune femme avait alors quelque peu surpris notre célèbre enquêteur puisqu’elle affirmait ouvertement avoir envie de tuer son mari pour en être enfin débarrassée. Une fois la découverte du crime, Hercule Poirot, bien évidemment, ne peut résister à vouloir faire la lumière sur ce crime.

Agatha est une petite maligne, nous le savons tous. Tout en nous donnant des indices, en nous laissant croire que nous allons prendre par défaut son Hercule, elle nous laisse nous embrouiller nous-mêmes. Ainsi nous sommes comme Hastings, nous finissons pas soupçonner tout le monde, nous faisons des déductions fausses et ne comprenons pas grand chose à celles de Poirot. Oui, Hastings est pour moi un double du lecteur et c’est pourquoi j’aime assez ce personnage. Comme lui, les remarques un peu désagréables que lui lance Poirot, me vexent et comme lui, à la fin, je suis bluffée. D’autant qu’Agatha, et ce n’est pas la première fois que je le remarque, utilise ce que John Curran (Les Carnets secrets d’Agatha Christie) appelle le double bluff. En bref, elle a l’art de nous rouler dans la farine deux fois !

Les romans d’Agatha Christie se lisent toujours avec intérêt parce qu’ils nous demandent attention et font appel à notre intelligence tout en nous divertissant. En commençant un de ses romans, je me dis toujours : « Cette fois, je vais trouver le meurtrier », je me concentre, j’essaie de noter chaque détail, chaque indice et à chaque fois, à la fin, je réalise que je me suis trompée de coupable. Mais finalement ce n’est pas bien grave, bien au contraire.

Hercule Poirot est, dans ce roman, fidèle à lui-même : fière de lui à outrance, sentencieux, donneur de leçon, légèrement désagréable avec Hastings et moqueur envers ce cher inspecteur Japp qui, le pauvre, est encore pire que Hastings et Scotland Yard en prend alors pour son grade.

Cependant, est-ce dû à la traduction de mon édition un peu ancienne (réédition de 1979 d’une 1ère traduction de Louis Postif datant de 1936), j’ai trouvé le style particulièrement plat. S’il reste efficace dans la relation des faits, il est un peu décevant par son manque de consistance. Le roman a depuis été retraduit en 1991 par Pascale Guinard, peut-être la nouvelle traduction est-elle meilleure. Mais ne boudons pas notre plaisir. Comme toujours les romans d’Agatha Christie ont l’art de me donner une soif de lecture accrue et cela même si ma soif en ce moment est à son apogée.

Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2013 (cat. partie du corps), du Challenge Thrillers et Polars, du Challenge God save the Livre et bien sûr du Challenge Agatha Christie.

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