Bilan mensuel de lecture : Mars 2018 – avec des chroniques à l’intérieur…


N’ayant pas écrit ici depuis un mois, vous vous doutez bien que le nombre de chroniques en retard n’a pas baissé d’un poil (de lapin) et a même subi une certaine hausse. Mais, comme en février, j’ai essentiellement pioché dans ma PAL et plus exactement dans les classiques. En mars encore, un seul SP lu et fini ce matin, pile poil (de lapin) pour le bilan. Mais ne vous affolez pas, la PAL n’en a pas diminué pour autant, car le Salon du livre est passé par là, ainsi qu’une petite descente en librairie hier matin. Je suis donc au point mort de ce côté-là. Je cours donc toujours après le temps et après ma PAL, mais le mois de mars s’est achevé de la meilleure façon qui soit pour moi, professionnellement, puisque j’ai été titularisée vendredi. Un immense soulagement. Me voici donc professeur certifiée. Je peux enfin me sentir légitime dans mon métier et ça fait du bien à l’ego.

Bref… Ce bilan de lecture, comme celui du mois précédent, sera l’occasion de rattraper mon retard de chroniques.

(suite…)

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« Le Colonel Chabert » Honoré de Balzac


Ce vieux-là, mon cher, est tout un poème, ou, comme disent les romantiques, un drame.

Un jour d’hiver, un pauvre hère pousse la porte de l’Etude de Maître Derville. Il affirme être le célèbre Colonel Chabert mort à Eylau. Depuis des années, il tente de récupérer son nom, son statut, sa femme et sa fortune, mais personne ne le croit, il passe pour fou.

J’ai été enterré sous des morts, maintenant je suis enterré sous des vivants, sous des actes, sous des faits, sous la société tout entière, qui veut me faire rentrer sous terre ! (p.74)

Ce roman de Balzac raconte l’impossible retour de Chabert au sein de la société, une société qui, après la défaite de Napoléon, vit désormais sous la Restauration. Chabert c’est le paria, il incarne les soldats napoléoniens que la chute de l’Empereur a laissé sans fortune et sans rang alors même qu’ils étaient des héros. Le récit de sa mort, de son retour à la vie, s’extirpant de la fosse communes, devient une métaphore de sa tentative de résurrection sociale. Mais les règles de la société, de la justice sociale, ne sont plus les mêmes, le pays a changé, et pendant que Chabert tentait de revenir à Paris, la vie a continué sans lui, sa femme a hérité, s’est remariée, a acquis une position reconnue et enviable qu’elle n’est décidément pas prête à abandonner.

Balzac dresse un portrait critique de la société parisienne, et des affaires judiciaires, prenant le parti de Chabert contre ceux qui le dénigrent, et le renient. Derville, à la fin du roman, est un notaire désillusionné, ne croyant plus aux vertus humaines et familiales, ayant dû traiter trop d’affaires sordides :

Combien de choses n’ai-je pas apprises en exerçant ma charge ! […] Enfin, toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. (pp.166/167)

Dans ce roman, j’ai retrouvé le Balzac des descriptions et des portraits réalistes, des descriptions de lieux qui sont comme le reflet des êtres qui les habitent, des portraits qui mêlent réalisme et imagination (un homme d’imagination aurait pu prendre cette vieille tête pour quelque silhouette due au hasard, ou pour un portrait de Rembrandt, sans cadre). C’est aussi le Balzac observateur attentif de sa société, habitué à soulever les apparences pour faire apparaître la vérité des âmes (S’il est dans cet hospice au lieu d’habiter un hôtel, c’est uniquement pour avoir rappelé à la jolie comtesse Ferraud qu’il l’avait prise, comme un fiacre, sur la place)

Roman sombre et cruel, ce Colonel Chabert est sans doute un bel exemple de l’art de Balzac condensé en un peu plus de cent pages.

Roman lu dans le cadre d’une LCA organisée avecNathalie, Marie (autres liens à venir), du Challenge Un Classique par mois, du Challenge Balzac, du Challenge Justice et de

Un Jeudi, un Livre.

Des LC pour bien commencer la journée !


Nouvel arrivage de LC, tout chaud, tout bon….

Les deux auront lieu en janvier !

La première est proposée par Nathalie qui en profite pour présenter un nouveau concept la LCA ou Lecture Commune Approximative. Nous nous sommes donc mises d’accord pour lire pour le mois de janvier, voire Février Le Colonel Chabert de Balzac qui entrera parfaitement dans les deux challenges suivants : Challenge Justice et Challenge Balzac

La deuxième LC est proposée par Cryssilda Collins et porte sur un autre grand classique : Anna Karenine. Elle aura lieu le 31 Janvier 2012, ce qui nous laisse un peu de temps pour nous organiser !

Et en prime un logo magnifique qui donne encore plus envie :

Pour vous inscrire vous pouvez le faire ici en commentaire, ou sur le blog des organisatrices  !