« L’Antilope blanche » Valentine GOBY


goby antilopeJ’étais dans une phase où on commence plusieurs livres à la fois et où, au final, on n’en finit aucun. Et puis, j’ai dû lire pour Le Club des lectrices, ce roman de Valentine Goby, acheté très en retard, devant être lu très vite en deux jours, moi qui me traîne Le lys dans la vallée depuis au moins trois semaines. Le première vertu, et non des moindres, de ce roman est qu’il m’a remise sur les rails, que je l’ai lu en trois jours et avec un grand plaisir. Et finir un livre en moins d’une semaine étant devenu un exploit pour moi, je peux vous dire que ça fait du bien !

(suite…)

« Pauvre Miss Finch » W. WILKIE COLLINS (Mois Anglais #5)


Wilkie Collins Miss FinchJ’ai découvert Wilkie Collins à la fin des années 90. Après avoir lu Sans nom, j’ai enchaîné avec La Dame en blanc, puis Armadale (chef d’oeuvre !!!) et enfin BasilPuis je l’ai délaissé, le pauvre, mais ma bibliothèque prouve que je ne l’ai pas oublié, car plusieurs de ses romans siègent sur mes étagères. Aimer à ce point un auteur et n’avoir aucun billet à son sujet sur mon blog est une chose bien triste à laquelle je veux remédier depuis plusieurs mois (pour ne pas dire années !). Grâce à la fois au Club des Lectrices et au Mois Anglais, je me suis décidée à lire Pauvre Miss Finch et grand bien m’en a pris !

(suite…)

« Mon chien Stupide » John FANTE


fante chien stupideJohn Fante est un nom que je croise depuis de longues années passées dans les librairies, mais je n’avais pas encore franchi le pas et c’est grâce au Club des Lectrices que je l’ai finalement franchi. Mon chien Stupide a donc été choisi pour illustrer le thème du mois de mai : l’humour.

Roman court d’à peine plus de 150 pages, il se situe en Californie dans une banlieue chic, Point Dume, où Henry J. Molise, auteur et scénariste, vit avec sa femme et ses quatre grands enfants, quand, un soir, il découvre sur sa pelouse une énorme boule de poils, entre ours et chien, un Akita. La bête imposante, d’abord amorphe, se révèle particulièrement affective envers les hommes, exhibant son sexe sans pudeur et provoquant ainsi une série de situations quelques peu burlesques. Autour de ce chien, gravitent donc les différents membres de la famille Molise et principalement le père, narrateur de l’histoire.

(suite…)

« Du côté de Castle Rock » Alice MUNRO


munro castle rockAlice Munro a reçu en 2013 le prestigieux Prix Nobel de Littérature et c’est par ce Prix que le Club des Lectrices a décidé de la mettre au programme de lecture pour le mois de décembre. Nous devions en effet trouver un auteur nobélisé et nous avions été trois à proposer non seulement Munro, mais ce roman, le seul en fait de cette auteure qui est essentiellement nouvelliste. Je connaissais Alice Munro sans l’avoir encore lue et je possédais d’ailleurs ce roman dans ma PAL.

(suite…)

« Etoiles » Simonetta GREGGIO


Greggio EtoileGaspard, grand chef cuisinier reconnu et ayant pignon sur rue est invité à New-York pour recevoir une haute distinction, mais à la douane, les choses tournent mal et il est remis illico dans l’avion. Il rentre donc chez lui et là découvre sa femme et son comptable et ami dans son lit. Cette femme belle et distinguée qu’il pensait inaccessible, son appartement somptueusement équipé, son compte en banque bien fourni, tout cela prend alors une autre signification. Gaspard quitte tout et finit par poser son sac en Provence. Il reprend une auberge loin des sentiers battus, revient aux sources de la cuisine, lui qui ne faisait plus que superviser son restaurant parisien, remet la main à la pâte, accommode les plats typiques de la région, revient aux bases de la cuisine qui fait plaisir, qui nourrit le corps et l’âme. Dans ce nouvel environnement surgit Stella, jeune fille frêle, anorexique dont il va tomber amoureux.

(suite…)

« La Dormeuse de Naples » Adrien GOETZ


Goetz la dormeuse de NaplesJe connais Adrien Goetz pour sa série policière (Intrigues à Versailles et Intrigues à l’anglaise), mais je ne l’avais pas encore lu et surtout je ne connaissais pas ce court roman proposé comme lecture commune dans le cadre du Club des Lectrices pour notre prochaine rencontre mi-avril. Titine, lors du Salon du Livre, m’a également donné quelques informations supplémentaires sur Goetz. En effet, cet auteur est aussi professeur d’histoire de l’art, il a notamment enseigné à l’École du Louvre, inutile donc de dire qu’il sait de quoi il parle.

Ce court roman est divisé en trois parties : la première partie est une confession d’Ingres, peintre ayant réalisé le fameux tableau ; la deuxième partie est un manuscrit de Corot, et enfin la troisième partie est le récit d’un peintre inconnu, élève et ami de Géricault. Trois récits autobiographiques mais totalement imaginaires qui, tous, s’interrogent sur la disparition du tableau d’Ingres, La Dormeuse de Naples.

Trois récits et trois peintres dont les aspirations artistiques sont très différentes. Ingres et ses baigneuses, Corot et ses paysages, Géricault et sa fougue, ses chevaux cabrés qui inspirèrent le romantique Delacroix qui apparaît également dans ce livre. Pourtant cette Dormeuse de Naples prend, pour ces trois hommes une importance qui va au-delà de leurs propres conceptions de l’art. Chacun semble reconnaître dans ce tableau, qui disparut dans les années 1815-1825, une sorte de perfection, comme si Ingres était parvenu à réaliser ce que Pygmalion seul, dans la mythologie, avait été capable de faire : rendre vivante une œuvre art. Ces trois peintres tombent amoureux de cette femme immortalisée. Ils sentent le velours de sa peau, sont fascinés par sa beauté parfaite.

Chacun des trois peintres (ceci est évident pour Ingres qui en est le créateur) a été amené à contempler ce tableau, et chacun s’interroge sur sa disparition mais aussi sur son modèle : qui était cette femme ? Une courtisane, une femme du peuple ou cette cantatrice devenue handicapée à la fin de sa vie ? Le mystère entourant ce tableau le rend sans doute encore plus précieux, et cette recherche devient une réelle quête du Graal.

A l’histoire de l’art se mêle l’Histoire avec un grand H : Murat, Napoléon viennent hanter le récit, mais aussi Chateaubriand ou, comme je le disais plus haut, Delacroix magnifiquement décrit dans les dernières pages. Les récits sont tous ancrés dans les décors italiens : Florence, Naples et Rome et ses environs. Un arrière plan géographique qui rend ce roman encore plus intéressant.

Adrien Goetz est parvenu à me passionner pour cette quête du tableau parfait. Les trois récits permettent également de mieux comprendre trois peintres importants de cette première moitié du XIXè siècle. Ingres nous apparaît hautain, figé dans son rôle de maître, mais Goetz nous montre aussi ses failles et ses faiblesses, le rendant un peu plus humain. Je connais moins Corot, mais ce récit m’a permis d’en apprendre davantage même s’il s’appuie sur des faits imaginaires, Goetz rend compte cependant de son oeuvre, de son amour des paysages. Enfin Géricault, peintre génial, apparaît à travers les yeux admiratifs de son ami narrateur. A travers ces trois peintres, c’est aussi une histoire de la peinture que nous donne à lire Goetz, une évolution des goûts qui mène au romantisme et notamment au romantisme de Delacroix. Ingres, reconnu pour son classicisme, s’oppose en effet à Delacroix par la couleur et les sujets traités, mais Goetz semble venir démontrer ici l’influence d’Ingres et l’admiration de ces trois peintres. Dans Impressions et souvenirs George Sand rendait compte des reproches formulés par Delacroix à l’encontre d’Ingres, j’ai trouvé dans ce court roman un écho à ces souvenirs.

Goetz nous invite dans les ateliers de ces trois grands peintres, nous décrit leur fureur de peindre, de saisir le mouvement d’un nuage, la douceur de la peau d’une femme, l’horreur aussi dans Le Radeau de la Méduse, il parvient à nous les rendre familiers et j’ai aimé partager leur vie l’espace d’une centaine de pages.

Roman lu dans le cadre du Club des Lectrices, du Challenge Il Viaggio, du Challenge Amoureux Saison 3 (cat. Amours Historiques), du Challenge à Tous Prix (Prix des Deux-Magots 2004) et du Challenge Petit Bac 2013 (cat. Lieu, NAPLES).

challenge il viaggioChallenge Amoureux saison 3challenge à tous prixchallenge Petit Bac 2013

Bilan de lecture mensuel : Janvier 2013.


logo-bilan-mensuel1

Janvier fut un mois résolument sous le signe de la lecture. L’année 2013 a commencé comme je le souhaitais. Lors de mon bilan annuel, j’avais fait le souhait de renouer avec des lectures personnelles, des lectures « valeur sûre » et je dois dire que j’ai été bien servie en ce mois de janvier. Je crois que ma dernière lecture de 2012 avait donné le ton.

Autre résolution 2013, faire baisser ma PAL SP. Ce mois-ci j’en ai sorti deux :

Tout d’abord Les Variants de Robinson Wells, paru chez MSK, collection jeunesse des éditions du Masque. Voilà un roman dystopique au suspens haletant. Comment un jeune adolescent se retrouve enfermé dans un collège totalement géré par des adolescents violents. Un premier tome prometteur.

Le second est également un roman jeunesse paru chez Flammarion : Code Komiko : dans la nuit de Hong Kong, tome 1 de Naomi Paul. Komiko est une hackeuse qui pourfend les industriels peu soucieux des droits de l’homme. Avec ses amis, elle vit une double vie : jeune fille rangée, violoniste de talent, une fois seule elle est la reine du clavier et se révèle une justicière courageuse. Une héroïne comme je les aime.

wells les variantesPaul Komiko

Ma participation au Club des Lectrices m’a permis de découvrir deux auteurs que je ne connaissais que de nom. Le premier roman pour le Club en lui-même, le second pour le Prix des lectrices, prix créé par le Club. Ces deux lectures sont malheureusement les deux seules lectures qui m’ont un peu déçue ce mois-ci. Le premier, Dans la villes des veuves intrépides de James Canon, s’il aborde le sujet intéressant d’une société matriarcale, m’a semblé répétitif et un peu excessif dans ses élucubrations. Le second m’a résolument ennuyé : La Folie du Roi Marc de Clara Dupont-Monod n’a pas suscité en moi beaucoup d’intérêt. La réécriture de la légende de Tristan et Iseult du point de vue du Roi Marc, mari d’Iseult, ne m’a pas paru pertinent, même si le point de vue pouvait être intéressant.

canon les veuvesdupond-monod folie du roi marc

Mon amie Charlotte souhaitant récupérer les deux romans qu’elle m’avait prêtés, j’ai enfin pris le temps de les lire. Deux romans sur le milieu de l’édition. Le premier fut un vrai petit bonheur d’humour : Petits bonheurs de l’édition : journal de stage de Bruno Migdal. Le narrateur est engagé comme stagiaire dans une maison d’édition célèbre, il raconte ses six mois de stage et nous révèle les dessous de l’entreprise. Le second m’a moins convaincu essentiellement à cause du portrait d’un éditeur que j’ai trouvé désenchanté. Cependant, là encore, l’auteur soulève le voile et nous fait vivre la vie d’une maison d’édition à l’heure des nouvelles technologies : La Liseuse de Paul Fournel.

migdal petits bonheursFournel la liseuse

Cette année, j’ai décidé de lire des romans un peu conséquents à mes enfants avant de les mettre au lit (je m’en suis expliqué sur mon journal, si vous voulez en savoir plus). Nous avons donc lu deux romans. Le premier, Le Roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac, nous a beaucoup plu. J’ai retrouvé avec plaisir le style léger, fin et drôle de cet auteur que j’aime beaucoup. Les enfants ont adoré à tel point qu’Antoine est en train de le relire pour lui. Le deuxième fut une lecture un peu plus mitigé : Stuart Little de E.B White. Un classique de la littérature jeunesse américaine qui nous a un peu laissé sur notre fin.

pennac ernest et célestineWhite Little Stuart

La lecture du Roman d’Ernest et Célestine ayant entraîné la création du Challenge Daniel Pennac, j’ai lu, après une descente en librairie gargantuesque en compagnie de Miss Bouquinaix, le premier tome de la série Kamo : Kamo, l’idée du siècle. Un petit roman jeunesse sur l’angoisse de l’entrée en sixième mais qui, traité par Daniel Pennac prend une saveur particulière.

Pennac kamo l'idée du siècle

Enfin, mes lectures « valeur sûre » et là je me suis vraiment fait plaisir. Tentée par Titine et consoeur, j’ai enfin lu un roman d’Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison. Un petit roman jouissif (oui le mot est lancé!), une vision drôle et décalée d’un homme convoité par tout un village. Un roman décisif qui m’a donné encore plus envie de lire les autres romans de cette grande auteure.

J’ai également renoué avec Joyce Carol Oates que j’avais trop délaissée ces derniers temps. Je vous emmène est un roman profond, sans doute quelque peu autobiographique, mais qui dépasse l’autobiographie pour rendre compte d’une conscience en formation.

Enfin je suis allé saluer ma copine Agatha Christie, tout d’abord avec la lecture de Le Couteau sur la nuque et ensuite avec une adaptation BD du célèbre Crime de l’Orient-Express. Avec le premier, j’ai été embarquée dans une enquête qui, comme toujours, m’a égarée en fausses pistes. Le second fut moins convainquant, mais m’a cependant donné envie de relire le roman.

gaskell les confessionsoates je vous emmènechristie le couteau sur la nuqueChristie le crime de l'Orient BD

Un mois de janvier donc bien rempli, avec 13 livres lus, dont une BD, et 2991 pages tournées. Des lectures, pour la majorité, qui m’ont portée, m’ont fait rire, réfléchir, amusée… répondant ainsi parfaitement à mes envies pour cette  nouvelle année. J’espère que février sera aussi riche.

Bonnes lectures à vous.

« La Servante écarlate » de Margaret Atwood


La Servante écarlate est le deuxième roman de Margaret Atwood que je lis. Le premier, Lady Oracle, m’a beaucoup marqué, histoire d’une jeune fille obèse, qui, devenue adulte, mince et séduisante, s’interroge sur ses pulsions alimentaires et son mal-être. La Servante écarlate est différent tout en reprenant la thématique d’un destin féminin. Roman dystopique, La Servante est une confession longue, d’une jeune femme qui décrit sa vie dans une société américaine devenue totalitaire et réduisant les femmes, et notamment l’héroïne, à un simple rôle de reproductrice : Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. (p.230).

Margaret Atwood s’est inspirée de plusieurs états totalitaires pour créer sa société romanesque, ce qui donne une dimension encore plus terrifiante. Cette société dystopique bâillonne donc les libertés essentielles de la femme : privation d’un emploi et donc d’un revenu ; condamnation du divorce et de l’homosexualité ; interdiction de l’accès à la culture et donc de l’accès à la lecture et à l’écriture, et abaissement de la femme à une simple fonction reproductrice ou, en cas de stérilité, à la bonne vieille fonction de prostituée. Le récit est souvent très angoissant, oppressant, d’autant plus, sans doute, quand le lecteur est une lectrice. L’auteur décrit parfaitement le discours totalitaire, cette propension à renverser des comportements reposant sur des valeurs de liberté individuelle en comportements nuisibles et condamnables. L’amour et l’amitié sont reniés, bafoués comme des risques pour l’équilibre sociétal.

La force de cette confession vient, sans doute, du fait que Defred, la narratrice, se remémore sa vie d’avant, sa liberté, sa vie de couple avant le coup d’état qui a bouleversé leur vie. Séparée de son mari et de sa fille, Defred tente de survivre, de conserver une pensée active qui refuse l’endoctrinement, mais le pessimisme est de rigueur dans cette société qui renoue avec les opérations punitives, les rafles et les camps de travail inhumains.

Vêtue d’un habit rouge sang, voilée, la tête et les yeux toujours baissés, condamnée au silence, la servante écarlate intègre des familles du haut rang afin de procréer, de permettre la naissance d’un enfant viable, qui lui sera presque aussitôt arraché après la naissance. Éduquée dans ce but, soumise à des examens médicaux réguliers, la servante est, à la fois, choyée et recluse afin de satisfaire la reproduction de l’espèce. Sorte de mère-porteuse, elle est réduite à une fonction, et niée dans son être.

Roman angoissant donc, mais aussi qui pousse à l’interrogation, à la réflexion sur les droits de la femme, sur la liberté de disposer de son corps, à l’heure où certains veulent, aujourd’hui, remettent en cause le droit à l’avortement, un roman qui nous rappellent qu’il faut être vigilantes, nous battre pour conserver les libertés qui sont les nôtres, car, finalement, la liberté est une valeur fragile, et sans doute la liberté des femmes encore plus, car on a tôt fait de nous voiler, de nous confisquer le droit à l’enseignement et à la culture.

Lu dans le cadre du Club des Lectrices (suivez le lien pour lire les billets des lectrices), du Challenge la littérature fait son cinéma et du Challenge Dystopie.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le Club des Lectrices Sur France Inter


Vous le savez sans doute je fais parti du club de Lecture créé par Delphine : Le Club des Lectrices. Depuis le mois de novembre dernier, nous nous rencontrons une fois par mois autour d’un roman commun. Nos réunions ont lieu dans des petits salons de thé parisiens. Là pendant deux ou trois heures nous partageons nos avis de lecture mais pas que. Car oui, l’alchimie a opéré entre nous toutes, blogueuses et non blogueuses. Moment de partage autour des livres, mais aussi moment de retrouvailles entre amies.

Or demain matin, Delphine participera à l’émission d’Isabelle Giordano sur France Inter Service Public, à 10h, pour évoquer ce club de lecture qui nous tient très à cœur ! Si vous ne pouvez pas la suivre en live, il y aura la possibilité de la post-caster.

On est super fières ! N’hésitez pas à nous laisser vos impressions sur nos blogs respectifs ou sur celui du Club !

(Les Lectrices qui participent au Club sont Violette : Les Humeurs de Violette ; Ilse : Chez Ilse ; Claire: Le Genou de Claire ; Annouchka : La Plume dilettante, sans oublier les non-blogueuses Sandra et Muriel !)

Pour (ré)écouter l’émission c’est par LA !