« L’Avare » MOLIERE


Molière l'avareL’Avare fut créée pour la première fois en 1668 et ne rencontra pas un franc succès puisqu’elle ne fut jouée que neuf fois du vivant de Molière. En 1668, Molière a 46 ans et a déjà écrit ses grandes comédies : Tartuffe et Dom Juan. Avec L’Avare, il revient à des comédies plus divertissantes et à la prose, pour autant certains aspects de L’Avare me paraissent assez sombres.

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« L’Avare » de Molière, mise en scène Catherine Hiegel


Hier après-midi, j’ai emmené mon fils au théâtre à la Comédie Française, la maison de Molière, pour assister à la représentation de L’Avare mis en scène par Catherine Hiegel, avec dans le rôle de Harpagon : Denis Podalydès ! Aller au théâtre est un bonheur pour moi, mais le fait d’y emmener mon fils de 7 ans et demi, et de lui faire découvrir un lieu tellement chargé d’histoire faisait de cette après-midi un moment à part. Je me souviens encore de la première fois où j’ai assisté à une pièce, c’était aussi à la Comédie Française, je devais avoir le même âge qu’Antoine, c’était une représentation du Tartuffe avec Robert HIRSCH, mise en scène très moderne mais je m’en souviens de façon assez précise ! J’avais envie de transmettre ce bonheur à mon fils… et ça a marché, et c’est magique !

dans la salle Richelieu !

Bon venons-en à la représentation ! je pourrais résumer le tout par un seul mot : Génial ! mais je sens bien que ce serait un peu court…

Le décor : un grand escalier de marbre, dépouillé, sans sculpture dans les arches, une petite porte dérobée sous l’escalier par où l’on s’enfuit, derrière laquelle on se cache… Costumes d’époque, de hautes fenêtres et une lumière qui change au fur et à mesure de l’avancée de la pièce mimant ainsi les heures de la journée… Dès le début, le texte de Molière nous parvient, nous bouscule. La mise en scène de Catherine Hiegel, son interprétation de la pièce est magistrale et éclaire le texte d’une façon fabuleuse ! Les acteurs sont vifs, les intonations des actrices montrent à quel point ce texte est avant tout comique…dès le début on sent à tel point ce texte est moderne, et dès le début on est sous le charme ! L’arrivée de Podalydès est un feu d’artifice : cintré dans un costume noir, sorte de pantin désarticulé, il renoue avec les acteurs de la Comedia dell’arte, il ne lui manquait plus que le masque grimaçant ! Il bondit, dit le texte avec un naturel, une évidence sidérante ! Le monologue de la cassette est revisité, Podalydès grimpe sur les fauteuils de la salle, en équilibre sur les dossiers des sièges, il prend à parti les spectateurs, les accuse du vol de sa chère cassette, et soudain le texte vit !

Comment vous expliquez le bonheur de voir Antoine rire, de le voir absorbé, la bouche ouverte… alors oui certaines scènes sont un peu plus complexes pour un petit garçon de 7 ans et demi, mais la magie de Molière a opéré, aidée par une mise en scène et des acteurs en totale harmonie. Rire encore en 2010 devant une pièce montée la première  fois en 1669, donne le vertige ! Ce que j’ai surtout apprécié dans cette mise en scène c’est la façon dont le texte est revisité, intégré et de quelle façon il devient alors limpide, de quelle façon Catherine Hiegel et ses acteurs parviennent à en faire sortir tout le comique. Je me suis dit que c’était sans aucun doute comme cela qu’il fallait la jouer cette pièce, comme cela que Molière devait la jouer !

Je vous invite vraiment à y aller si vous habitez non loin de Paris… Céline du Blog Bleu y a emmené sa nièce (8 ans) vous pouvez aller lire son avis sur cette représentation, LA !