« L’Affaire Prothéroe » Agatha Christie


Le colonel Prothéroe est retrouvé mort d’une balle dans la tête dans le bureau du pasteur Len Clément au presbytère. Tout le monde dans le petit village avait une raison d’assassiner cet homme désagréable, mais tout le monde semble avoir un alibi. Len Clément, narrateur du récit, mène l’enquête aux côtés de l’inspecteur Flem, mais la curiosité et la sagacité de Miss Marple va permettre d’élucider le mystère de cette mort.

C’est le deuxième de roman d’Agatha Christie mettant en scène Miss Marple que je lis (après Un Cadavre dans la bibliothèque). Dans ce petit village anglais tout le monde épie tout le monde, et les vieilles dames du village de St. Mary Mead sont de sacrées concierges. L’ironie d’Agatha Christie est bien présente, et la romancière n’est guère tendre avec son héroïne. Paradoxalement, le personnage principal n’est pas tant Miss Marple que Len Clément. Miss Marple apparaît finalement assez peu au cours du roman, si ce n’est à la fin quand le mystère se révèle. Observatrice avertie, Miss Marple semble être toujours derrière sa fenêtre prête à relever les moindres détails, et à en tirer des conséquences. Les inspecteurs pataugent, tirant des conclusions hâtives sans s’intéresser aux petits faits anodins et pourtant importants.

Len Clément, dans sa qualité de pasteur, de confesseurs des âmes en détresse, est le personnage idéal pour pénétrer chez chaque suspect. Il connaît bien ses ouailles, et cela permet de faire progresser l’enquête, mais la révélation du mystère ne viendra que grâce à Miss Marple. J’ai une certaine tendresse pour cette vieille dame, pour son jardin, ses après-midi autour d’un thé, son esprit de déduction.

Agatha Christie nous embarque sur plusieurs fausses pistes et nous nous y engouffrons allégrement sans rien voir venir. La révélation sera un véritable coup de théâtre très surprenant, mais aussi d’une limpidité évidente une fois le mystère éclairci. J’ai aimé ce clin d’œil intertextuel :

– Eh bien, mon petit doigt m’a dit qu’il avait vu une certaine dame dont nous tairons le nom.

Ah, ah ! votre petit doigt? fis-je.

Bien que le roman Mon petit doigt m’a dit ne sera publié qu’en 1968, alors que L’Affaire Prothéroe paraît dans les années 30, on ne peut que voir ici un premier indice au futur roman.

Un roman passionnant, et enthousiasmant qui m’a bien amusé en ce Mois Anglais.

retrouvez les participations au Mois Anglais chez Lou, Cryssilda et Titine !

Roman lu dans le cadre du Mois Anglais, du Challenge Agatha Christie et du Challenge God save the Livre.

Merci aux Editions du Masque pour cet exemplaire en fac similé du roman d’Agatha Christie, une édition collector.