« La Vie, quelque part » Anita BROOKNER – A Year in England #2


brooknerJe ne sais pas si on lit encore beaucoup Anita Brookner aujourd’hui. Je constate que ses romans apparaissent peu sur les blogs et même durant les Mois Anglais, je ne me souviens pas l’avoir vue évoquée. Il s’agit d’une romancière anglaise, née en 1928, très prolifique dans les années 80/90, et que j’ai découverte grâce à ma mère dans mon adolescence. Ses romans sont essentiellement psychologiques et racontent souvent l’évolution d’une femme en prise avec ses aspirations intellectuelles et sentimentales, et la vie sociale. Dans La vie, quelque part, premier roman de l’auteure paru en Angleterre en 1983, Ruth Weiss, professeur de littérature, spécialiste de Balzac, fait ce constat pessimiste au début du roman :

A 40 ans, le professeur Weiss, docteur ès Lettres, savait que la littérature avait gâché sa vie. (p.9)

(suite…)

« La Vie » de Régis de Sa Moreira – Rentrée Littéraire 2012


Vous avez sans doute déjà lu beaucoup d’avis sur ce roman, et je crains que mon billet ne brille pas par son originalité.

Ici une multitude de narrateurs dont les pensées s’enchaînent en de brefs paragraphes, des narrateurs qui se succèdent au fil des pensées et des rencontres, des réflexions sur leur quotidien, leur vie en somme comme le laisse suggérer le titre du roman.

L’originalité de cette narration fait la principale qualité de ce roman. Les pensées qui passent du coq à l’âne à partir d’un nom, d’un thème, d’une rencontre ou d’une allusion, rend la narration assez dynamique. Le lecteur est donc entraîné dans une ronde sans fin au sein des pensées des narrateurs.

D’un point de vue stylistique donc, ce roman est assez intéressant, car novateur, proche même de certaines expérimentations à la Queneau ou à la Perec.

Cependant, là où le bât blesse est que ces pensées ne présentent guère d’intérêt. Comme si le lecteur était un médium voire un mentaliste, il absorbe les pensées des personnes qu’ils croisent dans la rue, le métro, les commerces, mais ces pensées ne sont que des préoccupations contingentes : les amours, les tromperies, les souvenirs d’enfance, les regrets, les espoirs, les incertitudes, les courses à faire etc., pensées trop brièvement évoquées pour qu’elles s’impriment réellement dans la mémoire du lecteur, de la même façon que nos propres pensées peuvent se succéder et s’oublier aussi vite.

Sans être dénué d’humour, nous constatons à la lecture du roman de Sa Moreira, que, que l’on soit traiteur, serveuse, bébé, mère, père, amant, maîtresse, femme au foyer, homme d’affaires, conducteur de métro ou star de cinéma, nos pensées sont les mêmes, c’est-à-dire aussi les mêmes que le lecteur ou la lectrice lui(elle)-même.

Bien qu’au final il ne me reste guère de souvenirs de cette lecture, très rapide, ce roman présente cependant, je trouve, un réel intérêt stylistique mais manque d’une certaine densité dans le fond, à moins qu’il ne veuille simplement signifier par ce biais que nos pensées ne sont guère intéressantes.

Merci aux éditions du Diable Vauvert.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2012.