Salon du Livre : Chapitre 4 « Ce n’est qu’un au revoir… »


Dernière journée du Salon du Livre !

Miss Bouquinaix et moi reprenons le chemin du Salon au Livre dès 9h du matin, quand on aime on ne compte pas ! Après un voyage au long court, nous pénétrons dans l’antre des plaisirs. Ce matin, journée professionnelle, les allées nous apparaissent larges, et, contrairement aux jours précédents, nous évoluons sans bousculades, et à l’aise.

Nous profitons de ces conditions idéales pour enfin nous rendre sur le stand « Japon », l’occasion d’acheter enfin quelques romans de littérature asiatique. Delphine nous rejoint.

Nous allons saluer Sabine Wespieser qui nous parle avec émotion de Nuala O’Faolain, nous révélant à quel point cette auteure eut un rôle important dans la revendication des droits de la femme en Irlande, comment son enterrement fut vécu comme un évènement national.

Une heure plus tard, les bibliothécaires en herbe me quittent pour se rendre à des conférences et je rejoins ma soeur, venue pour l’occasion. C’est la première fois que ma soeur se rend au salon du livre et c’est agréable de lui faire visiter les stands, de lui mettre des livres entre les mains, mais elle est plus raisonnable que moi, sauf sur le stand de Buchet-Chastel/Phébus où elle empoche, sans beaucoup d’hésitations, deux romans de Wilkie Collins. Elle craque aussi pour un roman asiatique sur le stand d’Actes Sud.

Très vite Miss Bouquinaix puis Delphine nous rejoignent, lassées par la foule des conférences et peu convaincue par l’intérêt de ces dernières. Les filles sont joueuses :

La Miss gratouille :

Et Delphine se métamorphose en grenouille :

Nous continuons nos pérégrinations, puis la Miss nous abandonne. Ma soeur, Delphine et moi, trouvons miraculeusement une table pour nous ravitailler. Nous croisons Gérard Collard, Anne Perry et Viviane Moore sur le stand 10/18.

Il est l’heure de me rendre à la dédicace de Béatrice Bottet. Je suis la première de la file, une vraie groupie !

Béatrice Bottet est très accessible, à l’écoute, racontant avec enthousiasme ses projets, et j’ai droit, selon ses dires, à « plus que des scoops » concernant sa nouvelle série Penelope Green. Nous papotons comme de vieille copines, je lui pose des questions sur sa façon de travailler, ses recherches pendant qu’elle dessine et rédige ma dédicace :

Allez, avouez que vous êtes jalouses !!!!

Ma soeur pendant ce temps patiente juste à côté pour une dédicace de la créatrice d’Emilie et de son petit hérisson, Delphine, quant à elle, a fini par craquer pour une BD, puis elle nous quitte.

Ma soeur et moi continuons notre petit tour, mais les allées sont à présent sur-peuplées et nous commençons à ressentir la fatigue. Nous prenons des fous-rires en lisant les perles des libraires…

et faisons quelques stands que j’avais un peu négligés les jours précédents. Enfin, juste avant de partir, nous découvrons le stand de l’Edition des Femmes : j’achète un recueil de textes de George Sand et (oh merveille!) un cahier à l’effigie de Sand ! Impossible de quitter le Salon sans au moins un livre de Sand.

Encore une belle journée donc, faites de rencontres, d’échanges et de fous-rires !

Je rentre chez moi sur les rotules, et ce matin mes jambes sont lourdes, mais quelques livres sont venus rejoindre leurs copains :

Ne sois pas triste Chi, nous reviendrons l’année prochaine :

Merci à Sabine Wespieser, à Jean-Philippe Blondel, à Michèle Lesbre, à Béatrice Bottet, aux éditeurs qui nous ont écoutés et se sont intéressés à nos blogs, merci à Lili Galipette, Miss Bouquinaix, Delphine, Liyah, Valentine et ma soeur qui m’ont permis de vivre sans doute le plus beau salon du livre depuis quatre ans.

Une rentrée à ne pas louper …


Quand j’aime un roman j’ai envie que tout le monde le lise ! Depuis l’ouverture de ce blog je vous tanne pour que vous lisiez Une Odeur de Gingembre d’Oswald Wynd, et je suis déjà parvenue à en faire fléchir plusieurs, qui me vouent depuis une considération révérencieuse… oui j’exagère un chouïa !

Alors à l’heure où vous pataugez dans toutes les nouveautés de la Rentrée Littéraire, je viens à votre aide, il y a un roman qu’il ne faudrait pas louper parce que vous passeriez à côté d’un moment rare.

J’en ai déjà parlé LA, mais je voulais fêter la sortie en librairie aujourd’hui de ce roman qui m’a émue, m’a fait rire, m’a redonnée foi en la vie, en l’amitié et m’a fait dire que décidément la vie est belle et que Lloyd Cole est un Dieu ! Un roman que l’on ouvre et qu’on ne referme que la dernière page tournée, c’est rare et précieux !

Lloyd Cole

« Et rester vivant » Jean-Philippe BLONDEL


Hier il s’est passé ce qui ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps. J’ai ouvert un roman et je ne me suis pas arrêtée de lire jusqu’à la dernière phrase. D’une traite. J’en suis sortie dans un état étrange, l’impression d’avoir pleurer intérieurement, d’en avoir les yeux rougis, et pourtant non, je n’ai pas pleuré, j’ai même ri. Le plus difficile va être de vous en parler le mieux possible. Et avant tout de vous expliquer la présence de cette vidéo.

Lloyd Cole and the Commotions est un groupe qui a bercé mon adolescence, notamment grâce à un ami de mon frère (dont j’avoue j’étais secrètement amoureuse!) qui m’avait fait une petite cassette, pour cette voix dont Blondel parle si bien dans son roman, et…. oui je l’avoue… pour ce physique de Dieu vivant ! Or, il y a quelques mois, j’ai aperçu une vidéo de Lloyd Cole sur le mur FB de Jean-Philippe Blondel, j’ai laissé un petit commentaire de groupie, et Jean-Philippe Blondel a eu la gentillesse de m’envoyer un message pour me dire que cette chanson, Rich, tournait en boucle car il écrivait un roman et que ce futur roman avait quelque chose à voir avec Lloyd Cole et cette chanson en particulier. Depuis j’attendais la sortie de ce roman avec impatience.

Mon blog étant très influent (dois-je signaler qu’il s’agit d’un trait d’humour?), j’ai eu le bonheur de recevoir ce roman en avant-première (oui car il vous faudra attendre septembre pour vous le procurer!). Je l’ai posé délicatement à côté de l’ordi, en attente. Et puis hier, je suis allée écouter en postcast, un entretien de Blondel sur France Culture datant du 9 de ce mois-ci. Et là j’ai compris que je ne pouvais pas le laisser comme ça en attente, ce roman. Alors je l’ai ouvert….

Dans ce roman, Jean-Philippe Blondel a choisi de raconter une période fondatrice de sa vie. A quatre ans d’intervalles, il va perdre sa mère, son frère et son père, dans deux accidents de voiture consécutifs, et devenir orphelin à 22 ans. Évènements invraisemblables, que tout écrivain n’aurait jamais osé intégrer dans un roman : « ça n’arrive jamais, ce genre de choses. Même dans les romans. Il y a une limite à l’indécence quand même. » (p.27), et que Blondel raconte, justement, comme pour prouver que la vie est bien plus compliquée qu’un roman. Pour tenter de se sortir de la torpeur du choc, le narrateur/auteur emmène ses deux amis, Samuel et Laure, en Californie. Le but ultime, pour le narrateur, est de pousser jusqu’à Morro Bay, dont, justement, Lloyd Cole parle dans sa chanson. Au volant d’une Thunderbird, ils vont traverser l’état Californien, rencontrer des personnages qui vont petit à petit les amener sur la bonne route. Car, histoire de compliquer la situation, avant la nouvelle de la mort du père, Laure et le narrateur devaient se séparer, et Laure semblait décider à préférer les bras de Samuel. Mais l’amitié a été plus forte que l’imbroglio sentimental. Toutefois dire tout cela, ce n’est pas dire grand chose, c’est juste vous situer l’intrigue. Car l’intérêt du roman va au-delà.

Sans jamais tomber dans un pathos condescendant, Blondel nous entraîne avant tout dans les pensées du narrateur. Aux scènes de la vie californienne, viennent s’intégrer des souvenirs de ses parents, de son frère, du passé et d’un avenir qui n’existe plus. Petit à petit on fait connaissance avec cette famille qui ne va se réduire qu’à un seul être, perdu, désorienté, ivre de liberté, mais bien embarrassé de cette liberté. J’ai  suivi ces déambulations géographique et mentale avec passion, sans doute parce que, tout cela, l’impression de voir la vie en gris, le sentiment absurde des catastrophes, je connais un peu (peut-être beaucoup), et que trouver dans les mots d’un autre ceux que l’on cherchait pour soi, c’est toujours un miracle. J’ai pensé aux miens perdus, à mon adolescence, à mes enfants et à leur avenir, j’ai pensé à mon homme, orphelin lui aussi,j’ai pensé que j’avais atteint l’âge où mon père est mort, j’ai eu comme une montée de souvenirs et en même temps une sorte de bien être de faire le chemin avec ce roman, avec Lloyd Cole dans les oreilles. Certains romans aident à vivre, et ce roman-là est de ceux-ci, pour moi. Car en plus de me plonger dans ma propre conscience, ce roman est parvenu à me faire rire, et j’ai oscillé entre l’émotion et le rire, un peu comme dans la vie.

La voiture, objet sans doute central dans ce roman, est à la fois une métaphore de la vie mais aussi de la mort. Car si elle provoque la mort de la famille, et elle est aussi celle qui remet le narrateur sur la route. Et quand le narrateur saisit le volant, on sait qu’il est sorti d’affaire… ou presque. Oui presque, parce qu’il a fallu plusieurs années avant d’en arriver à ce roman.

Je devrais écrire un mail à Lloyd Cole. Je commencerais par « Tu vois, Lloyd, un jour, j’y suis allé, à Morro Bay ». Un jour, j’en suis revenue aussi. Et après, la vie a repris ses droits. (p.242)

Et je viens d’apprendre par Jean-Philippe Blondel himself, que le mail… a bien été envoyé et qu’il est LA ! Pour ceux qui seront tentés par la lecture de ce roman, vous trouverez ICI le premier mail envoyé à Lloyd !

Dirigée par Herisson

STAR 2 par Liyah