« Kim Ono » E. de TURCKHEIM et M. BARCILON – Rentrée Littéraire 2013 (jeunesse).


Barcilon Kim onoCet album est une merveille et mon billet pourrait s’arrêter là, mais vous conviendrez que ce serait un peu court. Trois premières raisons pourraient déjà vous convaincre : Marianne Barcilon et son trait de crayon que j’aime tant ; les Editions Naïve, une maison d’édition qui soignent ses publications et une histoire ravissante au pays du Soleil Levant d’Emilie de Turckheim.

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« La Librairie Tanabe » de Miyuki MIYABE


Acheté en août 2011 après avoir lu plusieurs avis enthousiastes sur les blogs, je l’ai proposé au Club des Lectrices pour la lecture de Novembre. D’abord persuadée qu’il s’agissait d’un roman, j’ai finalement découvert cinq nouvelles ou récits policiers. Vous connaissez mes difficultés avec les nouvelles, mais là l’alchimie a eu lieu et pour plusieurs raisons.

Le toute première raison est que chaque nouvelle reprend à la fois les mêmes personnages principaux et le même lieu : M. Iwa, le libraire, son petit-fils, Minoru, et la librairie elle-même. Je n’ai donc pas eu de difficultés pour me replonger dans les nouvelles les unes après les autres puisque l’univers restait familier.

La deuxième raison tient également aux trois ingrédients pré-cités : tout d’abord le couple grand-père et petit-fils m’a beaucoup plu, j’ai aimé la complicité entre ces deux personnages, la façon dont ils résolvent les énigmes, et leurs rapports parfois houleux m’ont fait penser à un couple de manga que j’aime beaucoup : une sacrée mamie et son petit fils.

Ensuite, bien sûr, le fait que le point central des énigmes soit la librairie de M. Iwa donne un charme particulier. Bien que sombre, sentant le moisi à la saison des pluies, poussiéreuse, cette librairie est un antre que j’adorerais croiser sur mon chemin : ouverte tous les jours (même le dimanche), tard le soir, souvent bondée de monde, on y trouve des livres peu chers et agréables à lire. Au fil des nouvelles, l’auteure nous renseigne sur certaines pratiques japonaises comme les invendus transformés en papier toilette (un peu rugueux!), les livres que l’on peut se faire rembourser si nous n’avons pas fini de les lire et j’en passe. Il y a une vraie culture du papier et des livres au Japon qui m’a semblé parfaitement bien rendue dans ces récits.

Mais parlons des énigmes policières. Je parle d’énigmes parce que ce terme me semble plus juste. En effet M.Iwa et son petit fils ne sont pas policiers et ceux-ci d’ailleurs sont également absents. La résolution des énigmes est donc plus un jeu de réflexion dont la solution est cachée dans un livre. Les 5 récits ne sont pas très élaborés, mais elles se lisent agréablement (malgré plusieurs coquilles!). Sont évoqués un raid américain sur la ville en mai 1945 ; la vie triste des fonctionnaires ; la violence faite aux enfants, etc. Ce ne sont pas les énigmes qui sont le plus originales, mais bien le traitement de celles-ci. Car en dehors de la résolution du mystère, l’auteure continue de nous renseigner sur le fonctionnement de la librairie et sur la relation entre M.Iwa et Minoru, mais aussi nous plonge réellement dans le Japon : ses coutumes (le respect des personnages âgées notamment), le Saké, les liens familiaux, etc.

Une lecture que j’ai donc bien appréciée. Les Lectrices ont été beaucoup moins emballées, c’est dommage.

Livre lu dans le cadre du Challenge le Nez dans les livres, Challenge Ô vieillesse ennemie et le Challenge Dragon, sans oublier le S.T.A.R. 5