« J’ai passé l’âge de la colo ! » de Sophie ADRIANSEN


Adriansen j'ai passé l'âgeSophie Adriansen n’est pas une inconnue sur la blogo, elle tient un blog très intéressant que la plupart d’entre vous connaisse : SophieLit. Mais en plus d’être une blogueuse émérite, Sophie Adriansen a décidé de se consacrer à l’écriture et elle relève le pari notamment depuis la parution de Je vous emmène au bout de la ligne, coécrit avec Rodolphe Macia. De puis cette lecture, quand je prends le métro, me revient une phrase du livre : pensez qu’il y aura toujours un autre métro ! Ce qui m’évite bien souvent de courir bêtement dans les longs couloirs du métro ou du RER.

J’ai le plaisir d’avoir rencontré plusieurs fois Sophie et d’avoir sympathisé avec elle. Aussi quand elle m’a proposé de lire son roman jeunesse qui vient de paraître aux éditions Volpilière, j’en ai été très contente.

Sybille a 14 ans et ses parents, comme chaque année pour les vacances de février, l’ont inscrite à la colo des sports d’hiver. Cette année, Sybille se sent trop âgée pour la colo et traîne un peu les pieds. Mais, les choses ne vont pas se passer comme Sybille le pensait.

A travers le personnage de Sybille, Sophie Adriansen, qui connait bien la colo en question, nous parle à la fois de l’adolescence et de la valeur sociale de la colo. Celle-ci apparaît comme un magnifique meelting-pot dans lequel chaque enfant se confronte à d’autres issus de milieux sociaux différents, de culture différente. Chacun y fait ses propres expériences dont, la principale, la découverte de l’amour, mais aussi bien sûr celle de l’amitié. Car, l’autre sujet important ici reste bien sûr l’amitié sincère qui se noue durant cette semaine intense en petit comité. On se juge, on se toise, on apprend à se connaître.

Au fil des jours, Sybille va grandir. A cet âge charnière entre la fin de l’enfance et le début de l’adolescence, Sybille va faire l’expérience de la maturité naissante : la musique (la BO du livre m’a d’ailleurs rappelé quelques souvenirs) ; l’engagement pour des causes comme l’anti-racisme, etc., et va revenir sur ses préjugés.

Il est bien évidemment aussi question de ski, de pentes neigeuse, de paysages fabuleux que la jeune fille apprécie alors à leur juste valeur, prenant conscience de l’importance des moments qu’elle vit.

Écrire sur l’adolescence n’est jamais évident. Sophie Adriansen a choisi de se replonger dans sa propre adolescence, et le récit de Sybille s’ancre alors dans les années 90. Le livre s’ouvre sur un récit nous présentant Sybille âgée de 29 ans. Après une soirée avec des amis durant laquelle ils ont évoqué leurs souvenirs de colo, Sybille se replonge dans le journal qu’elle tenait lors de sa dernière colo. L’idée est bonne, mais, au point de vue de la forme, le journal a tendance à s’effilocher et à devenir un récit narratif. J’en ai parlé à Sophie qui m’a dit que les premières pages avaient été suggérées et rajoutée après l’écriture du « journal », d’où sans doute ce petit décalage.

L’autre difficulté est de traiter un groupe de personnages. Il n’est pas toujours facile d’individualiser chaque personnage. Sophie Adriansen y parvient pour beaucoup d’entre eux, mais c’est vrai que certains se noient un peu dans le groupe. Toutefois plusieurs portraits sont sensibles et attachants, comme Jordane ou Fouad, deux figures emblématiques et deux initiateurs pour Sybille.

Ces deux petites remarques cependant n’enlèvent rien à l’intérêt des aventures de Sybille. L’écriture est simple et appropriée au personnage, la lectrice que je suis, bien que n’étant jamais partie en colo (trop associable !), s’est parfaitement identifiée à cette jeune fille en herbe.

Un beau récit sur l’adolescence à placer dans la valise des jeunes filles avant le départ en colo.

Merci Sophie pour ta confiance.