Bilan mensuel de lecture : Octobre 2012 + S.T.A.R 5 2ème semaine


Retour de vacances et des billets par dessus la tête à rédiger. Je commence par le bilan, il manquera un lien que je rajouterai demain quand j’aurai rédigé le billet. Je profite aussi de ce bilan mensuel pour inclure le bilan hebdo du S.T.A.R.

Ce mois d’octobre fut un peu chiche en nombre de livres, mais comporte de belles lectures ce qui, finalement est le plus important.

Commençons par les petites déceptions.

Deux livres seulement m’ont déçue ce mois-ci : Le labyrinthe du temps de Maxence Fermine, lu dans le cadre du Club des lectrices et L’objectif PAL Noire. Un roman un peu facile à la morale plate et sans guère d’intérêt, à mon sens. Le deuxième est l’ouvrage Génération Blogueuses, qui n’a pas tenu les promesses de sa couverture, même si y voir inscrit mon URL fut une agréable surprise.

Ce mois fut marqué par la lecture de 4 romans jeunesse, tous plus ou moins intéressants à leur manière : Arsène premier roman de l’actrice Juliette Arnaud, rencontre avec un personnage touchant et une histoire assez bien construite. Ensuite un roman pour jeunes lecteurs sur le difficile passage à la lecture solitaire : Halte aux livres ! de Brigitte Smadja. J’ai aussi eu la joie de retrouver ma copine Penelope Green en Chine. J’aime toujours les tribulations de cette jeune journaliste anglaise qui parcourt le monde pour témoigner de la place des femmes : Penelope Green : l’éventail de Madame Li de Béatrice Bottet. Enfin, pendant mes vacances, j’ai lu le premier tome de Rose et la maison du magicien de Holly Webb. Je rédigerai mon billet demain. J’ai lu cette première aventure pour mieux appréhender le tome 4 que j’ai reçu récemment.

Venons-en à mes deux lectures fétiches du mois : Du bout des doigts de Sarah Waters. Un roman savamment conçu, ambiance victorienne, fait de rebondissements et qui nous entraîne dans des machinations diaboliques. Roman lu dans le cadre de L’Objectif PAL Noire, ce qui fait donc 2 romans extraits de ma PAL Noire ce mois-ci. Enfin Inconnu à cette adresse  de Katherine Taylor fut une belle découverte, un roman coup de poing sur une période trouble où sommeille les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale.

Tout cela nous fait un total de 8 livres lus et quelques 2288 pages tournées.

Côté Objectif PAL Noire, comme je le disais plus haut, 2 livres lus au lieu de 3 prévus : 18 / 115 = 97. Pour découvrir le bilan des participants à l’Objectif, rendez-vous sur la page dédiée à cet effet et qui sera actualisée.

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Concernant la deuxième semaine du S.T.A.R 5, voici mes lectures faites pendant mes vacances. Contre toute attente, le bilan pas si mal que cela :

J’ai donc lu en entier Rose de Holly Webb ; quelques pages du roman jeunesse de Brisou-Pellen Les 5 écus de Bretagne (livre qu’Antoine doit lire pour la rentrée) ; 7 contes sur les 12 des Contes de Bretagne par Jean Muzi (lecture faite à voix haute pour les enfants) et j’ai enfin commencé Home de Toni Morrison (que j’ai fini ce matin). Tout cela nous amène à un total supérieur de 19 pages par rapport à la semaine dernière. La semaine 3 est déjà bien engagée, mais les lectures sont prometteuses.

Je vous souhaite de belles lectures.

S.T.A.R 5 : Semaine 1


Le challenge de Liyah, le célèbre S.T.A.R a donc débuté samedi dernier et c’est déjà l’heure du premier bilan hebdomadaire. Ayant été très occupée, le week-end ainsi que lundi et mardi, ma « performance » n’est guère glorieuse. Heureusement, hier après-midi, j’ai pu lire un court roman qui me permet de n’être pas trop ridicule.

J’ai donc lu deux romans et j’en ai entamé un troisième.

Ma première lecture, un roman ado et de belles retrouvailles avec une héroïne que j’aime beaucoup : Penelope Green : l’éventail de madame Li de Béatrice Bottet

Ma lecture d’hier, intense et passionnante : Inconnu à cette adresse de Katherine Kressman Taylor :

Enfin j’ai lu un peu moins d’une centaine de pages de : Le Monde infernal de Branwell Brontë de Daphné Du Maurier :

Si je ne peux pas vous donner mon score pour cette première semaine, je peux déjà vous dire que je débute mal ce challenge, puisque je suis déjà assez en-dessous de mon score du S.T.A.R 4 pour la même période.

La semaine qui s’annonce, une semaine de vacances avec mes enfants, ma mère et ma nièce en Bretagne, risque fort de n’être guère brillante côté lecture (car pour le reste, je sais qu’elle sera remplie et très agréable). Comme je l’expliquais hier dans mon journal, je vais emporter dans mes bagages des livres très courts, essentiellement des nouvelles d’auteurs différents, solution que j’ai trouvée pour répondre au peu de temps que j’aurai à consacrer à la lecture. Si je parviens déjà à lire une nouvelle par jour, ce sera toujours cela de gagner. La deuxième semaine de vacances devrait, je l’espère, être plus propice à la lecture.

Bonnes lectures à vous tous qui participaient ou non au S.T.A.R 5.

« Inconnu à cette adresse » de Katherine Kressman Taylor


C’est en rangeant les piles de livres qui s’accumulaient sur mon bureau que je suis retombée sur ce petit livre acheté récemment. Je me suis mise à lire la première lettre… et puis de lettre en lettre…

Max, de religion juive, vit à San Francisco. Martin, son ami, de nationalité allemande retourne dans son pays natal en 1932. Tous les deux associés dans une galerie d’art américaine, ils commencent logiquement une correspondance. Riche de ses revenus américains, que Max lui fait parvenir des États-Unis, Martin s’installe très confortablement à Munich, dans une Allemagne très appauvrie depuis la fin de la première mondiale. Max, à San Francisco, vit seul, n’étant, quant à lui ni marié ni père, mais très attentif au début de la carrière de comédienne de sa sœur, Griselle. Au fil des lettres, les inquiétudes se manifestent envers l’arrivée au pouvoir d’un certain Hitler et des effractions commises envers les juifs. Socialement bien installé, Martin entre comme fonctionnaire de l’administration et fréquente les dignitaires du National-Socialisme.

Ce roman fut publié aux Etats-Unis en 1938. L’intrigue couvre la période allant de 1932 à 1934, quatre ans donc avant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale. Katherine Kressman Taylor, par ce bref roman épistolaire, parvient à saisir la montée du nazisme et de l’antisémitisme. Elle montre l’endoctrinement patriotique de Martin, ses espoirs, ses réticences aussi, du moins au début, puis petit à petit ses convictions très appuyées envers une politique active menée par homme charismatique (selon lui). L’auteure restitue, à travers les lettres de Martin, un discours certainement tenu par beaucoup d’Allemands à l’époque, cette nécessité d’un bouc émissaire, les Juifs, responsables selon eux de tous les maux et de cette nécessité d’en sacrifier certains pour sauver la plupart. C’est un discours qui fait froid dans le dos, un discours où se mêle également la volonté de tenir un rang, une position sociale. Mais le tour de force de Kressman est sans doute de n’avoir pas voulu faire des portraits en noir et blanc : le gentil Juif et le méchant Allemand. Et à la fin de l’ouvrage, je me suis demandé qui était le plus diabolique des deux ? C’est une histoire individuelle au sein de l’Histoire. Et le plus vulnérable n’est pas nécessaire celui que l’on croit.

Ce qui est assez fascinant c’est comment, en 1938, Kressman a déjà tout compris du drame qui se prépare. Elle montre par ce roman, par ce qu’elle dit déjà des traitements faits aux Juifs en 1933 et 1934, les germes des horreurs que la guerre va révéler. Elle suggère déjà, les lâchetés, les compromis avec sa conscience, la peur.

Mon seul petit bémol serait que le changement opéré chez Martin m’apparaît comme un peu rapide et extrême. Peut-être que deux ou trois lettres de plus montrant son évolution idéologique auraient rendu, selon moi, cette « conversion » plus vraisemblable. Reste que le renversement final est terrible, surprenant et, je le redis, diabolique.

Roman lu dans le cadre du Challenge STAR 5.