Bilan de Lecture : Janvier 2012


Après un mois de décembre mollasson, janvier fut finalement un mois plein de vitalité ! J’ai retrouvé un rythme du début de l’année scolaire, parvenant à trouver le temps de lire, profitant de plusieurs déplacements en RER pour m’évader. Si ce mois de janvier préfigure l’année, c’est bon signe.

Lire deux romans en même temps commence à devenir une petite habitude depuis quelques mois et notamment ce mois-ci. Ainsi durant ma lecture de La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson, qui s’étala du 2 au 19 janvier, j’ai lu avec grand plaisir La Princesse de Montpensier de Mme de Lafayette, Le Secret des hiboux et Le Sortilège du chat de Béatrice Bottet (les deux premiers livres de la série Le Grimoire au rubis) et le Journal intime de George Sand. La nouvelle de Mme de Lafayette fut une lecture d’un jour, qui m’a permis de  retrouver certains thèmes développés dans La Princesse de Clèves. Les deux premiers livres du Grimoire au rubis fut un vrai coup de coeur pour une série jeunesse intéressante, bien écrite et qui m’a fait voyager au temps du Moyen-Âge. Quant au Journal de George Sand, cette relecture m’a replongée dans les affres de l’amour romantique, tout en me permettant de renouer avec Sand. Bien que longue, ma lecture de Millénium 2 fut passionnante, mes retrouvailles avec Lisbeth Salander furent un grand moment, et il me tarde de lire à présent le dernier tome de cette trilogie.

Pour à la fois me lancer dans le Challenge Molière, et pour relever un défi personnel consistant à relire tout Molière, j’ai découvert l’une des premières farces écrites par le dramaturge : La jalousie du barbouillé, farce qui sans doute à l’écrit perd un peu de l’intérêt qu’elle pouvait avoir à être représentée. Emportée par les aventures de Bertoul et de Blanche, le 3ème livre du Grimoire au rubis, Le Chant des loups fut une gourmandise que j’ai appréciée, mais aussi suscita un certain regret, regret d’abandonner ces personnages à leur destin. J’ai ensuite quitté le Moyen-Âge pour me replonger dans ma propre époque, lisant enfin un court roman qui avait pris racine dans ma PAL : Le Camion blanc de Julie Resa. L’auteur y traite avec originalité de la dépression matérialisée par cet énorme camion blanc imposant et inexpugnable.

Autre roman, autre temps, le roman de Henry James, La Bête dans la jungle, s’il fut un peu déstabilisant, m’a permis de me replonger dans la prose de cet auteur lu abondamment pendant mon adolescence puis délaissé. Enfin, Mort d’un clone de Pierre Bordage, fut une rencontre ratée, mais il fallait bien un échec en ce mois de janvier qui fut majoritairement une beau mois de lecture.

Le bonheur de la lecture est sans aucun doute la variété, la diversité et ce mois de janvier en est bien la preuve : thriller, romans jeunesse, pièce de théâtre, oeuvre personnelle, roman moderne dans lesquels les époques, les intrigues et les personnages permettent à la fois de se divertir, d’apprendre, et de ressentir tout une palette de sentiments que seule la lecture est capable d’offrir.

Manque le roman de Julie Resa parti vers une autre lectrice

« La bête dans la jungle » de Henry James


J’ai eu une période Henry James assez prospère dans ma jeunesse (Confiance, Les Bostoniennes, Les Ailes de la colombe, Le sens du passé etc.), et puis je suis passée à autre chose, me promettant de revenir à lui un jour. Le Challenge Henry James, lancé par Cléanthe, était un très bon prétexte, il était temps que je l’honore. J’ai donc extirpé de ma PAL, un petit roman d’à peine une centaine de pages : La Bête de la Jungle.

John Marcher retrouve May Bartram lors d’une réception somptueuse. Alors qu’elle se souvient parfaitement de leur première rencontre à Rome, plusieurs années auparavant, John Marcher a, quant à lui, un vague souvenir de la jeune fille qu’elle fut. Les circonstances de leur première rencontre, les paroles échangées, les lieux ont pris un contour flou dans le souvenir de Marcher. May évoque alors une phrase du passé, un secret que Marcher avait laissé échapper sur lui. Une amitié sincère se noue alors entre les deux personnages, liés par ce secret, cette petite honte, cette Bête tapie dans la jungle.

Henry James n’est pas auteur facile, enfin je trouve. Il manie le non-dit, le suggéré avec art, déroutant un peu son lecteur (ou sa lectrice) lui donnant peu d’indices, le laissant se dépatouiller avec les quelques informations distillées dans le texte. Bien qu’aimant beaucoup cet auteur, j’ai toujours ressentie comme un malaise, le sentiment désagréable parfois que le texte résiste. Ce fut encore le cas avec ce roman : quel est donc ce secret, exactement ? Les hypothèses sont allées bon train, et je fus comme rassurée à la fin quand , enfin, ce que j’avais cru comprendre fut révélé comme vrai.

Il faut dire que Henry James, comme souvent dans ses romans, s’intéresse avant tout à la psychologie des personnages, à leurs ambiguïtés, à leur part d’ombre aussi. Ses personnages ne sont pas forcément sympathiques. Le personnage de John Marcher m’a fait penser au Henry James que David Lodge décrit dans son roman biographique L’Auteur, l’auteur, et notamment dans la relation entre Henry James et Constance Fenimore Woolson, amitié ambigüe. John Marcher apparaît comme un vieux garçon esthète, croyant être promis à un destin brillant, attendant un évènement qui bousculerait son quotidien, mais trop nombriliste, quand cet évènement survient, il ne le perçoit pas.

Ce roman est un beau récit sur la vie, sur cet instant qu’il faut savoir saisir, sur l’échec aussi. Un roman sur l’égoïsme, l’impossible ouverture de soi vers l’autre et donc sur l’amour perdu.

Roman lu dans le cadre du Challenge Henry James et du Challenge God Save the Livre, prolongé sur l’année 2012 (chouette!)