Descente en librairies parisiennes…


Les vacances sont certes faites pour se reposer mais aussi pour aller se promener notamment à Paris et plus précisément avec ma sœur qui, âme charitable, accepte de me suivre dans ces lieux de perdition et surtout de m’attendre.

Cette semaine j’ai donc visité quatre librairies.

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« Nos vies désaccordées » Gaëlle JOSSE


Josse vies désaccordéesJ’ai découvert la plume de Gaëlle Josse avec le très beau Les heures silencieuses dont l’intrigue se déroulait en XVIIe siècle à Deft, et qui nous faisait suivre le destin de Magdalena à travers son journal intime. J’ai donc eu envie de découvrir d’autres romans de cette auteure et c’est ainsi que j’ai lu Nos vies désaccordées.

François, pianiste virtuose, donne des concerts à travers le monde, connait le succès, l’admiration. Alors qu’il semble parfaitement installé dans sa vie, un admirateur, infirmier dans un hôpital psychiatrique, lui apprend qu’une de ses patientes écoute en boucle ses interprétations de Schumann. François comprend alors qu’il vient de retrouver Sophie, celle qui fut le grand amour de sa vie. Il décide alors de tout quitter pour la retrouver.

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« Les Heures silencieuses » de Gaëlle Josse


C’est un billet élogieux de Chaplum qui m’avait donné très envie de lire ce roman. Par chance elle en a fait un livre voyageur, et après quelques détours, il est parvenu jusqu’à moi. Grâce à un aller-retour en RER, j’ai pu lire ce roman en un jour, ce qui m’a vraiment plu car la voix de la narratrice, Magdalena, est restée vivante en moi durant cette journée.

Nous sommes en 1667. Magdalena est l’épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Fille aînée, elle a, avant son mariage, travaillé avec son père dans le commerce des épices. Elle en a compris le fonctionnement, s’est passionnée pour ce métier, a rêvé aux destinations des bateaux, a guetté leur retour ou a pleuré ceux qui ne sont jamais rentrés. Bien que particulièrement douée, en se mariant, elle doit abandonner cette occupation à son mari, tout en, au début, lui ayant fait part de son expérience. Mais la place d’une femme est à la maison, son rôle devient alors essentiellement celui d’une femme au foyer qui s’occupent de ses enfants.

Ce roman est un journal intime, le journal de Magdalena dans lequel elle raconte sa vie passée, mais aussi présente, dans lequel elle revient sur ses enfants morts en bas âge, sur son désespoir de mère, sur son renoncement à ce métier qu’elle aimait, sur sa difficulté à endosser un rôle qui ne lui convient pas. Dans le silence de sa maison, elle écrit pour exister, pour faire revivre un passé douloureux, et supporter un présent qui l’enferme vivante.

Au-delà du destin de cette femme, Gaëlle Josse nous décrit le commerce colonial, les épices, l’émergence du thé auquel l’Europe commence à s’intéresser, elle nous raconte les équipages, les voyages risqués, les rêves et les craintes qu’ils suscitent. Elle nous plonge dans un XVIIème siècle qu’elle sait rendre vivant et passionnant.

Le tableau d’Emmanuel De Witte, peintre hollandais du XVIIème, qui figure en couverture, sert sans doute de point de départ à ce roman. Comme une transcription d’art réussi, Magdalena est cette femme peinte de dos, car à n’être plus désirée, ai-je encore un visage ? Se demandera-t-elle.

Un beau roman, une écriture sensible et juste qui dit un destin, une époque, et rappelle ce que fut la vie des femmes dans les siècles passés, des emmurées vivantes.

Merci à Manu pour ce LV.