Bilan de Lecture : Août 2012


Après un bilan de lecture désastreux en Juillet, j’ai mis les bouchées doubles en août.

Ce bilan de lecture aoutien est surtout marqué par la Rentrée Littéraire. En effet 5 romans récemment sortis en librairie me sont passés entre les mains, mais peu finalement ont suscité un réel intérêt en moi. Le roman qui m’a le plus déçue reste Ombres chinoises de Linda See (Masse critique Babelio) : un roman mal écrit et à la construction bancale. Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi, ne m’a pas non plus captivée, trop proche dans les thèmes avec un autre roman lu également en août : Un si bel avenir, qui, lui, fut une vraie rencontre. Deux autres romans m’ont relativement plu, mais sans réel enthousiasme et je crains que d’ici quelques semaines ces deux lectures finissent par s’évaporer comme une flaque d’eau dans un désert : Moi et toi de Niccolo Ammaniti, et Un week-end en famille de François Marchand. Deux romans très différents, voire diamétralement opposés. Gains de Richard Powers (chronique à venir) est certes un roman magistral de maîtrise, mais les plus de 600 pages ont fini par être un peu douloureuses. Une lecture intéressante mais assez difficile. Le roman qui m’a le plus enthousiasmée reste donc La Piste des Templiers de William Dietrich : un roman d’aventure qui mêle humour, péripéties et intérêts historiques.

Outre ces romans très récents, j’ai aussi profité des vacances pour parfaire mes connaissances en manga et BD. J’ai donc retrouvé avec plaisir Calvin et Hobbes, tome 6, et ai découvert un très beau manga Histoire couleur terre dont j’ai lu le premier tome, et compte bien lire en septembre les deux derniers tomes que j’ai pu emprunter à la bibliothèque municipale.

Enfin deux auteurs classiques dans des genres différents : Sandor Marai avec Les Braises, un roman intime sur l’amitié et ses illusions. Et un petit roman jeunesse de la grande Marie-Aude Murail : 22!.

Ce bilan m’a bien remonté le moral, autant pour le nombre de livres lus, que pour sa variété. J’ai eu la sensation de retrouver mon rythme, mais surtout il me procure une grande énergie même si, au final, peu de romans sortent vraiment du lot. Je me dis que plus je lis plus j’ai la chance de faire de belles découvertes.

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Septembre montre donc son bout du nez, et avec lui de nombreuses belles résolutions et de nouvelles envies. Deux challenges créés avec deux amies me tiennent donc à coeur en ce début d’année scolaire : l’objectif Pal Noire créé avec Lor et Challenge in Italiano avec Marie. Ces deux challenges répondent à deux envies importantes pour moi : revenir à mes propres livres achetés à l’ouverture de ce blog, et tenter de ne pas me laisser envahir par les livres de la Rentrée (voilà pourquoi j’ai voulu en lire un maximum en août).

Dans le cadre de cet Objectif, j’ai déjà sorti de ma PAL : Un si bel avenir de Véronique Olmi. Le bilan de ma binôme Lor, est aussi consultable.

Le second est un retour à ma passion pour l’Italien. Je suis très heureuse d’avoir créé avec Marie ce challenge qui remporte un enthousiasme que nous n’espérions pas. Depuis hier, j’ai créé une page FB pour que les participants à ce challenge puissent partager leurs lectures, et leur amour pour l’Italie. Une page où la langue italienne sera à l’honneur.

Enfin, n’oublions pas mon challenge Cartable et Tableau Noir qui va nous permettre de retourner à l’école, à la fac ou au lycée sans les inconvénients des notes et des évaluations. Il est toujours temps de vous inscrire :

Enfin, dimanche je fais ma rentrée au Club des Lectrices et cela me transporte. Au programme une mise à plat de nos envies, peut-être des nouveautés (raviver le blog, créer un prix) mais surtout des discussions endiablées sur les livres.

Je vous souhaite une belle rentrée, de belles lectures et toujours intact le plaisir de lire et de partager nos lectures.

« Un week-end en famille » de François Marchand


Le narrateur rend visite à ses beaux-parents dans une région reculée de la France, la Samouse. Région imaginaire qui cumule tous les inconvénients de la Province, vue par un Parisien. Ayant épousé Aurélie à Las Vegas, dans un moment d’égarement, le narrateur est embarqué, bien malgré lui, pour un week-end qui s’annonce très vite comme une vraie catastrophe.

Ce roman est le délire d’un homme addict aux médicaments (notamment le Zolpidem, sédatif-hypnotique qui s’avère avoir un effet totalement différent que celui souhaité!), un homme assez détestable, méprisant et largement misogyne, un Parisien de la pire espèce, ne supportant pas la médiocrité de la petite vie de Province. Le ton est donc passablement acerbe et très non-politiquement correct. Le récit de ce week-end est totalement déjanté et grinçant, les péripéties sont parfois à la limite du vraisemblable, mais cet humour noir a un certain charme et j’ai souvent ri à certaines remarques, notamment toute une réflexion sur Ikea : Pour se rabibocher avec sa femme, il y a une solution irrécusable : l’emmener chez Ikea (p.36).

C’est qu’au-delà de ce récit mordant, l’auteur trouve un merveilleux prétexte pour énoncer ses quatre vérités sur la société de consommation, la perte du spirituel et de la culture. Dans cette région, le seul divertissement des habitants se résume aux centres commerciaux, à ces grandes enseignes vendant des cuisines, des canapés et j’en passe. Le narrateur s’érige alors en pourfendeur de la Province, lieu déchargé de toute spiritualité et de toute culture, il endosse les habits d’un Croisé chargé d’évangéliser une région devenue sauvage: Plus de livres, plus de culture, plus rien. […] Vive la mort ! Pourquoi s’embêter à résister à son époque de débiles? (pp.36/37). L’excès du discours n’est là que pour mieux se dédouaner de quelques vérités, et une fois que l’on a compris cela le rire devient plus grinçant.

Satire sociale donc, une satire faite sur le mode de l’humour noir. Un roman qui se lit d’une traite. Nous suivons avec désespoir les tribulations de ce héros négatif, odieux, sans pour autant nous attacher aux autres personnages décrits comme de véritables crétins bouseux et sans cervelle. Roman sombre dont la fin nous donnera un certain éclaircissement et nous fait nous demander si le fou n’est pas finalement l’homme le plus lucide.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire 2012.

Merci aux Éditions du Cherche-Midi