« Fragments » Marilyn Monroe


Je ne sais pas pourquoi il m’a été difficile d’écrire sur ce livre, alors que je l’ai lu il y a maintenant quelques mois, sans doute parce que je ne l’ai pas lu tout à fait normalement, allant de la première à la dernière page, mais par touches, par envie, dans le désordre, et au fil de l’envie, le laissant, le reprenant. J’ai commencé à lire certains passages quand j’étais plongée dans Blonde de Oates. Oates a la particularité de mettre en italique, dans ses romans, les pensées de ses personnages, et dans Blonde, on a accès aux pensées de Marilyn, et j’ai eu envie de vérifier si Oates avait imaginé ces pensées, ou si, je ne sais trop comment, elle avait eu accès à ces fragments ! Si on ne retrouve pas exactement les mêmes mots, il y a dans les pensées imaginées par Oates une similitude assez troublante avec les propres mots de Marilyn.

Mais ce livre est très particulier, car il est à la fois un recueil des écrits de Marilyn, mais aussi un beau livre de photos, d’une Marilyn lisant et écrivant. J’ai beaucoup aimé les photos montrant les feuilles volantes, les carnets sur lesquels Marilyn écrivait d’une écriture rapide, souvent raturée, et s’éparpillant un peu partout, occupant l’espace. C’est émouvant, toujours de voir l’écriture, la fragilité des lettres tracées.

Pour le fond des poèmes, des pensées, je serai un peu plus réservée. L’écriture est souvent maladroite, les fautes de langue sont fréquentes et l’éditeur n’a pas voulu les corriger. On sent l’autodidacte, la volonté d’apprendre, mais aussi de dire, d’écrire pour se décharger d’un poids. C’est une écriture qui lâche les amarres, et non une recherche littéraire, et c’est ce qu’il y a de touchant aussi, car le désespoir, la tristesse, la recherche d’amour, la volonté de prendre soin de soi mais se perdre encore, reviennent inlassablement dans ces pages, comme une recherche qui n’en finit pas, une quête sans point d’arrivée, sauf l’inéluctable. C’est la Marilyn secrète qui se lit ici, celle que l’on devine derrière certaines photos en noir et blanc, celle que j’aime et qui me touche, et que Oates a si bien perçue dans Blonde. Ce n’est pas un livre très facile à lire, car il est parfois violent par la désespérance qu’il traduit, et cette sensation de perte qui plane, mais c’est un livre vers lequel je reviens pour relire quelques pages, saisir un instant de la vie, de la pensée de cette femme si divisée dans son être, un livre qui la rend à elle-même sans doute.

Challenge Marilyn Monroe

Ce livre ne compte pas dans le Défi de Mia, car il n’a pas été lu en septembre 😉