« La Jalousie du Barbouillé » Molière


Dans le cadre du Challenge Molière organisé par Sharon, j’ai décidé d’acheter l’œuvre complète du dramaturge dans la collection GF. Cela faisait longtemps que je voulais avoir toutes ses comédies sous la main, c’est chose faite. Du coup une idée un peu folle a germé dans ma tête : j’ai décidé de lire toutes ces pièces dans l’ordre chronologique. Alors je mettrai le temps qu’il faudra, mais le challenge de Sharon va m’aider dans cette résolution.

J’ai donc commencé hier par une des premières farces écrites entre 1646 et 1658, quand la troupe de Molière était en province.

L’intrigue est des plus simples : une querelle de couple, entre le Barbouillé (= le fariné) et sa femme Angélique. Celle-ci reproche à son mari d’être un ivrogne qui passe son temps dans les cabarets, tandis que le mari soupçonne sa femme de nouer quelque intrigue avec Valère. Les insultes fusent. Les personnages sont stéréotypés et propres aux farces populaires dont le seul but est de divertir, de faire rire, digne de la commedia dell’arte.

Certaines scènes ne font qu’une réplique et il est évident que ce texte ne sert que de canevas, de support à des improvisations et comique de gestes.

Toutefois nous retrouvons déjà certains sujets, voire certains types que Molière va réutiliser tout au long de sa carrière. Le docteur philosophe, s’il est un personnage typique de la farce, est aussi un personnage souvent présent dans les grandes comédies de Molière. Celui de cette farce est verbaux et pédant à souhait, ponctuant son discours d’expressions latines. Nous trouvons également le personnage de Georgibus (ici le père d’Angélique), que Molière réemploiera dans Les Précieuses Ridicules, par exemple. L’intrigue elle-même est reprise dans George Dandin, avec certes plus de finesse.

Cette farce est donc intéressante, non réellement pour elle-même, mais parce qu’elle contient en germe, déjà, tout le talent que Molière déploiera dans ces grandes comédies.