« Juste avant » de Fanny Saintenoy


Ce roman est un LV de Jeneen, qui m’a été envoyé par Asphodèle qui en avait parlé sur son blog.

Une jeune femme de trente ans, Fanny (l’auteur) rend visite à son arrière grand-mère dont les heures sont comptées, ces heures qui passent juste avant la mort. Tandis que la vieille dame est alitée et quasi inconsciente, le lecteur pénètre dans ses pensées, mais aussi dans les pensées de la jeune femme à son chevet. Les chapitres alternent, dans deux polices de caractère différentes, les pensées de l’une et les pensées de l’autre avec une étonnante symétrie.

A travers les souvenirs de cette arrière-grand-mère, le lecteur parcourt les évènements marquants de l’histoire avec un grand H, mais aussi de son histoire personnelle : son enfance, sa vie de femme mariée, les joies mais aussi (et surtout) les deuils qui ont ponctué sa vie. La voix de la vieille femme reflète la simplicité d’une femme ordinaire. Pas de grand destin, juste une vie qui s’est écoulée, bousculée par les heurts de l’Histoire.

Je sais que ce roman a reçu beaucoup de billets élogieux sur les blogs, mais mon avis sera un peu plus mitigé. La première chose qui m’a dérangée concerne les pages relatant les pensées de l’arrière-petite-fille, que j’ai trouvé superflues, redondantes par rapport au récit de la vieille dame. J’aurais préféré entendre qu’une seule voix, encadrée éventuellement par les pensées de Fanny, au début et à la fin. Il s’agit donc surtout d’une gêne liée à la construction.

Ensuite le fait que le roman soit très court (127 pages) fait que les évènements se succèdent rapidement, et que beaucoup de ces évènements tournent autour de la mort des proches de l’arrière-grand-mère. Il en résulte un condensé qui a fini par me plomber le moral, à tel point que les moments heureux me sont toujours apparus terriblement tristes, et que je ne suis pas parvenue à me laisser aller à l’humour pourtant présent. Enfin, toujours lié à ce condensé, je me suis plus d’une fois embrouillée dans les prénoms des femmes de la famille, et ai eu du mal à visualiser les personnages secondaires souvent évoqués que par le biais d’un prénom. Impossible de vous dire par exemple qui est ce Jackie qui surgit à la fin ! Comme si l’auteur, trop installée dans son sujet, avait oublié de nous dire l’essentiel. Contrairement à Asphodèle, j’aurais aimé plus de développements, que l’auteur me laisse entrer davantage dans son histoire familiale.

Il n’en reste pas moins que ce roman est un roman de femmes, de génération en génération, des femmes évoluant avec leur temps, depuis la première guerre mondiale jusqu’à l’aube du XXIème siècle. Un récit de destins de femmes ordinaires, qui ne sont pas des héroïnes mais qui ont juste essayé de vivre le mieux possible tout en se côtoyant, sans vraiment se parler, et parfois sans vraiment se comprendre.

J’ai bien conscience du drame de cette vieille femme qui a vu disparaître mère, soeur, fille et amie, et sans doute n’y a-t-il rien de plus terrible que la mort des gens que l’on aime et à qui nous n’avons pas assez dit que nous les aimions. Disons que je suis restée un peu en retrait, un peu agacée aussi par cette hécatombe, mais cela vient sans doute d’une angoisse personnelle et profonde, qui me fait penser que ce livre n’était peut-être pas fait pour moi, tout simplement.

Ce roman a été lu dans le cadre du Challenge Ô vieillesse ennemie!, du Challenge PAL express et de mon défi personnel Un Jeudi, Un livre.

PAL Express : – 8