Château d’Ermenonville & Parc de Jean-Jacques Rousseau


Hier nous sommes partis en famille sur les pas de Jean-Jacques Rousseau dans l’Oise au Château d’Emernonville, résidence du marquis de Girardin où le philosophe avait été accueilli à la fin de sa vie, loin des médisances parisiennes.

Jean-Jacques Rousseau arrive au château au printemps 1778, il y mourut le 2 juillet d’une attaque d’apoplexie. Logé dans un petit pavillon, c’est là qu’il continua à écrire Les Rêveries du promeneur solitaire, qui paraîtra à titre posthume.

Le tricentenaire de son anniversaire a entraîné plusieurs manifestations dans le parc du château, mais en dehors de quelques affichettes accrochées aux arbres peu de renseignements réels sur son oeuvre. Le château ne se visite pas, il est aujourd’hui un Relais Château (Hôtel-restaurant de prestige) et le parc à l’arrière du château ne se visite pas étant une propriété privée.

Pour visiter il faut donc se rendre au Parc Jean-Jacques qui fait face au château au-delà d’une petite route passant sur une rivière rocailleuse où barbotent canards et cygnes.

Le parc est magnifique de verdure avec au centre un étang au milieu duquel l’île aux peupliers sur lequel est érigé le tombeau de Rousseau :

Le parc est un des premiers jardins à l’anglaise en France. Sa conception fut très sérieusement réfléchie par le marquis qui pensa son jardin en poète et en peintre plus qu’en architecte. Modèle du parc romantique, il allie la nature à une composition qui reprend les éléments qui deviendront chers aux romantiques du XIXème : l’eau, les ruines, les rochers, et la verdure à la fois libre et contenue. Par certains aspects, les éléments du parc peuvent paraître superficiels, mais l’aspect pictural du parc est incontestable, et il y règne une atmosphère à la fois champêtre et artistique.

La Grotte aux naïades

Les rochers

Le Lac et la verdure

La présence de la philosophie et de Rousseau sont également présentes, avec Le Temple de la philosophie. Monument inachevé et quelque peu anachronique mais aussi très drôle par ces inscriptions et clin d’oeil sur les piliers du temple :

Les enfants ont joué aux philosophes en posant comme le Penseur de Rodin :

Face à l’île aux peupliers, est installé un petit coin appelé Le Banc des mères de famille. En hommage à L’Emile ou l’éducation, cet endroit est un lieu de rencontre qui permet la discussion face à la tombe monumentale de Rousseau. Mère de famille moi-même je n’ai pas hésité à poser pour la photo :

Sachant que Rousseau a abandonné ses cinq enfants à l’Hôtel-Dieu, ce lieu a quelque chose d’un peu dérangeant.

Ce fut une visite très agréable, avec le sentiment de nous promener dans un lieu chargé d’histoire sous l’égide de Rousseau qui pourtant n’y séjourna que quelques mois. Le Marquis de Girardin, grand admirateur du philosophe et de son oeuvre, avait pensé son parc autour de son ami et notamment de son roman Julie et la nouvelle Héloïse. Le parc semble à l’intersection de plusieurs époques : le XVIIème avec une prairie dédiée à l’Arcadie et où Girardin laissait les bergers faire paître leurs troupeaux ;  le XVIIIème et la philosophie mais aussi le romantisme à venir.

Billet qui participe au Challenge Jean-Jacques Rousseau conçu par Itzamna, et Challenge Romantique.