Doris Lessing…


DorisLessingDoris Lessing est morte aujourd’hui à l’âge de 94 ans. Elle avait reçu le Prix Nobel de Littérature en 2007. Grande dame de la littérature anglaise, auteure remarquable et parfois dérangeante. Il y a quelques années, j’avais lu Journal d’une voisine, les carnets de Jane Somerselle abordait le thème de la vieillesse avec un réalisme sans faux semblant. J’ai encore bien des livres à découvrir de cette femme dont j’aimais la beauté, la rondeur et l’intelligence qui brillait dans ses yeux.

Figure du féminisme avec le fameux Carnet d’or, elle fut une femme engagée et en avance sur son temps. S’intéressant au rôle de la femme, elle incarnait non seulement dans son œuvre, mais dans sa vie, une belle image de la liberté au féminin. J’aurais aimé la croiser un jour. Même si je l’ai peu lue, elle faisait partie de ces auteures que j’admire.

« Journal d’une voisine, les carnets de Jane Somers 1 » Doris Lessing


lessingTout le monde connaît Doris Lessing, prix nobel de littérature 2007, auteur engagée, féministe, essentiellement connue pour son fameux roman Le Carnet d’Or. Cela faisait longtemps que je voulais lire une oeuvre de Lessing, quand je suis tombée par hasard sur ce roman-journal intime, je me suis dit que c’était l’occasion!

Ce roman et sa suite (Si vieillesse pouvait) paraissent en France en 1986… Une femme d’une cinquantaine d’années, rédactrice en chef d’un magazine de mode londonien, vient à s’occuper d’une vieille femme, Maudie Flower, incarnant toute l’horreur de la vieillesse : solitude, pauvreté, crasse, douleur et maux de la vieillesse … Jane, comme malgré elle, se met à lui rendre visite, à lui faire ses courses, passe la voir après son travail… Durant tout le roman, écrit sous la forme d’un journal intime, Jane semble lutter entre le besoin d’aider cette femme guère sympathique, et sa répulsion. Ayant nié la maladie et la mort de son mari, celles de sa mère, en venant en aide à Maudie, Jane tente de comprendre, de se faire pardonner, et la difficulté de la tâche est comme une punition qu’elle doit assumer… Entre les deux femmes, se nouent cependant un lien amical, Maudie raconte sa vie passée, et ces anecdotes viennent rompre l’horreur du présent.

C’est un roman dérangeant sur la vieillesse, un roman qui ne mâche pas ses mots, qui décrit les maux de la vieillesse avec réalisme : l’incontinence rectale, la saleté, le quotidien douloureux… Les sentiments de Jane sont légitimes, humains, oscillant entre l’humanité et l’envie de ne pas voir… L’intérêt est aussi dans les transformations du caractère de Jane. D’abord totalement absorbée par son travail à la rédaction, son lien avec Maudie va lui permettre de lâcher prise, et de se lancer dans l’écriture. Petit à petit, elle devient plus humaine, moins centrée sur elle-même (le temps passé dans son bain du soir diminue).

Je ressors de cette lecture sans doute changée moi-même, avec un regard différent sur la vieillesse, avec une plus grande angoisse aussi, parce que le portrait que Doris Lessing fait de la grande vieillesse est malheureusement très réaliste ! Je lirai sans doute la suite… un peu plus tard !

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NOTE :  chut !                          7 / 144                   Lu dans le contexte du Prix Littéraire des Blogueurs

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