Dimanche Poétique #31


LA MUSE

Apaise-toi, je t’en conjure ;
Tes paroles m’ont fait frémir.
Ô mon bien-aimé ! ta blessure
Est encor prête à se rouvrir.
Hélas ! elle est donc bien profonde ?
Et les misères de ce monde
Sont si lentes à s’effacer !
Oublie, enfant, et de ton âme
Chasse le nom de cette femme,
Que je ne veux pas prononcer.

 

Extrait de « La Nuit d’Octobre » d’Alfred de Musset

 

Retrouvez d’autres poèmes en ce beau dimanche :

Idée de Celsmoon.

Avec: Abeille, Alex, Amos, Anjelica, Ankya, Armande, Azilis, BookwormCagire, Caro[line], Celsmoon, Chrestomanci, Chrys, Edelwe, Emma, Emmyne, Esmeraldae, Ferocias, Fleur, George, Hambre, Herisson08, Hilde, Julien, Katell, L’or des chambres, La plume et la page, Lystig, Maggie, Mango, Marie, Mariel, MyrtilleD, Naolou, Restling, Roseau, Saphoo, Schlabaya, Séverine, Soie, Tinusia, Violette, Yueyin, Zik

 

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Dimanche Poétique #4


dessin victor hugo

EL DESDICHADO

Je suis le Ténébreux, – le Veuf,- l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la Syrène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Gérard de Nerval
In Les Chimères
1853.

Je vous présente aujourd’hui un des rares poèmes que je connais presque par coeur… un poème qui, au fil du temps, s’est révélé presque prémonitoire !

P.S : le dessin est de Victor Hugo.