« La Dernière conquête du Major Pettigrew » de Helen Simonson


Durant mes vacances, j’avais donc emmené dans mes valises le Major Pettigrew, que la blogo connaît déjà bien. Ma lecture s’est faite en deux temps. Dans un premier temps, j’ai lu 150 pages en une semaine, puis le reste du roman (soit 340 pages) en trois jours. Ce découpage n’a rien à voir avec la qualité du roman mais est simplement lié à mon temps de lecture disponible. J’ai donc eu l’impression d’être beaucoup plus immergée et intéressée par l’histoire de Pettigrew dans les deux derniers tiers du roman, et cela me confirme une fois de plus que moins on passe de temps sur un roman, plus on l’apprécie.

Le Major Pettigrew vit dans un petit village anglais typique, Edgecombe St Mary, dans le Sussex. A la retraite, veuf, il partage son temps entre la lecture, le thé et ses visites à la boutique du village tenue par Mme Ali, une belle veuve pakistanaise. A l’ouverture du roman, le Major apprend la mort de son frère, Berthie. Cette mort l’accable, mais il peut compter sur l’amitié discrète de Mme Alie. Cette mort entraîne cependant une querelle familiale concernant une paire de fusils que le père du Major avait partagée, avant de mourir, entre ses fils. Pour le Major, le fusil de son frère doit lui revenir, mais la veuve de Berthie n’est pas exactement de cet avis, le testament du défunt ne mentionnant rien de tel. A ce tableau de famille, il convient de rajouter Roger, le fils unique du Major, qui vit à Londres et court les dîners mondains.

Ce petit village du Sussex va donc être le théâtre à la fois d’une histoire familiale, d’une histoire d’amour et de considérations opposant la communauté anglaise et la communauté pakistanaise.

Ce roman a tous les charmes de la littérature anglaise : le thé, la littérature (et notamment l’oeuvre de Kipling), les cottages, la campagne verdoyante, les piques-niques, l’élégance et enfin l’humour so british ! Le Major est un anglais ancienne génération, en conflit avec son fils dont il ne parvient pas à comprendre le mode de vie. Il trouve en Jasmine Alie, une amie et une confidente, mais leur relation n’est pas bien vue autant du point de vue anglais que du point de vue pakistanais.

Helen Simonson tisse ici un roman charmant tout en reprenant les vieilles ficelles romanesques bien connues : un amour, des obstacles, des séparations, des retrouvailles, l’importance de l’honneur, un drame vaincu par le courage et un mariage final. Mais l’auteure ne s’en tient pas là. Bien que reprenant les éléments traditionnels du roman, Helen Simonson les bouscule en prenant pour héros, non un jeune premier, mais un homme de presque 70 ans. Son écriture fine, subtile, pleine de fantaisie et d’humour a le mérite de renouveler le genre et de lui éviter les clichés.

Ce Major a un charme fou, et Jasmine a toute la beauté et la sensualité de l’exotisme. La passion entre ces deux êtres qui semblent redevenus des adolescents, reste toujours dans la pudeur et la beauté des sentiments purs.

Helen Simonson parvient à peindre un milieu, une société, des personnages et des situations dignes des meilleurs romans anglais. L’aspect communautaire et les oppositions entre la culture anglaise et la culture pakistanaise sont également bien rendues sans que l’une soit plus valorisée que l’autre.

Plus qu’un roman de l’été, ce roman est une vraie réussite, et plus la lecture progresse, plus le charme agit.

Un grand merci à Christelle (pour sa patience) et aux éditions Nil.

Roman lu dans le cadre du Challenge Ô Vieillesse ennemie et du Challenge God save the livre.