« Et que le vaste monde poursuive sa course folle » Colum McCann


McCannReçu grâce au service de presse de Belfond, je me suis lancée dans la lecture de ce vaste roman dont les médias parlent beaucoup. Le roman s’ouvre sur la performance du funambule qui marcha sur un fil entre les Twin Towers en août 1974. Un fil tendu entre deux tours, une traversée de funambule… tel est sans doute le sujet du roman. McCann (que je découvre par ce roman) dresse les portraits de plusieurs personnages : Corrigan, un prêtre irlandais ; Jazzlyn et sa mère, deux prostituées du Bronx ; Claire, la mère d’un soldat mort au Vietnam… Ces personnages, dont la vie est racontée sur quelques mois, vont croiser leur destin… avec, pour fil conducteur le funambule et cette traversée entre les Twin Towers encore debout !

Autant vous le dire tout de suite, j’ai eu du mal, j’ai failli abandonner souvent cette lecture douloureuse, non  à cause du style ou de la composition du roman, mais pour son sujet! Ce n’est pas un roman que j’aurais choisi de lire si j’avais dû l’acheter…il est même fort probable que je ne l’aurais jamais lu. McCann décrit l’Amérique miséreuse : le Bronx, sa pauvreté, sa violence, son racisme ; la douleur des guerres et la perte des enfants ; la drogue… Autant de sujets lourds à porter… Chaque matin, je me disais que j’allais m’arrêter là, et chaque soir je reprenais ce livre, je replongeais dans cette histoire, comme malgré moi… et finalement je ne le regrette pas…quand les destins finissent par se croiser, quand chaque vie devient la justification de l’autre, on est porté … Pas à pas, pense Jaslyn, nous trébuchons dans le silence, à petits bruits, nous trouvons chez les autres de quoi poursuivre nos vies. Et c’est presque assez.(p.431)

C’est un très beau livre, sans doute parce qu’il nous demande un effort, parce qu’il ne s’offre pas d’emblée, qu’il nous remue… on s’attache à ces personnages, on réfléchit sur le sens de notre vie, sur les rencontres de hasard qui peuvent bouleverser notre vie et celles des gens rencontrés… et le funambule marchant au dessus de ce New York prend toute sa signification :

« Il faut parfois monter assez haut pour voir ce que le passé fait du présent » écrit McCann à lapage 380!

McCann excelle autant à dire la douleur d’une mère dont le fils est mort dans une explosion qu’à raconter, dans un long monologue, les pensées d’une prostituée ; ou l’amour d’une femme pour un homme… roman fleuve, monde, gigogne, ce roman est à lire, et McCann est sans aucun doute un auteur à découvrir !

bon point rouge

objectif PALchallenge-du-1-litteraire-2009

Note : 7/10                                3/138                                    6/17

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