« Le Roi disait que j’étais le diable » Clara DUPONT-MONOD


Un des rares souvenirs de mes cours d’histoire au collège est quand le prof avait évoqué Aliénor d’Aquitaine. Elle nous avait été présentée comme une femme moderne, particulièrement lettrée et entourée de troubadours. J’ai toujours eu une certaine tendresse pour cette femme ayant vécu dans une époque que l’on imagine assez rude et masculine. Aussi la sortie de La Révolte de Clara Dupont-Monod m’a tenté, mais on m’a dit, à juste titre, qu’il était plus judicieux de lire avant Le Roi disait que j’étais le diable. Je me suis donc docilement rangée à cet avis.

Dans ce premier roman donc, Aliénor est à peine âgée de 15 ans, quand elle devient l’épouse de Louis VII, roi des Francs. Ce mariage la contraint à quitter son Aquitaine natale et chérie, et c’est une vraie déchirure, d’autant que son mari de roi dévot n’a rien de la fougue de la jeune fille. (suite…)

Bilan de lecture mensuel : Mars 2019.


Mieux vaut tard que jamais…

Voici un bilan digne d’un mois d’août ! (du moins me concernant). Je pète les scores en ce moment, sans doute parce que j’ai besoin de décompresser et les livres m’offrent cette bouée de sauvetage. Même si j’ai un peu du mal ces derniers temps à prendre le temps de lire en fin de journée, je me rends compte que je lis plus que l’an dernier. Sans doute faut-il aussi prendre en compte le fait que sur les 9 livres lus (oui, oui 9 !!!), trois sont des mangas ; mais j’ai quand même lu un bon pavé de presque 500 pages. Bref, vous l’aurez compris, je suis assez satisfaite de ce bilan, même si je n’ai pas eu le temps de chroniquer tous les romans (deux chroniques en retard – NB : rattrapées depuis).

Mais voyons ça de plus près.

(suite…)

« La Folie du Roi Marc » de Clara DUPONT-MONOD


dupond-monod folie du roi marcDans le cadre du Prix des Lectrices organisé par le Club des lectrices dont je fais partie, je viens de finir ce roman, paru en 2000, coup de coeur de l’année 2012 de Lili Galipette.

Clara Dupond-Monod reprend la légende médiévale de Tristan et Yseut en mettant l’objectif sur le Roi Marc, époux d’Yseut. Par un récit en focalisation interne, l’auteure décrit les affres de cet homme et de ce roi trompé à la fois par sa femme et par son neveu, voire fils adoptif, Tristan. Double trahison donc qui entraîne dans l’âme tourmentée de Marc des sentiments contradictoires où se mêlent à la fois amour marital, amour paternel, jalousie et haine.

Reprenant le schéma narratif de la légende avec ses moments clefs (schèmes) (le philtre ; les lépreux ; la traversée du gué d’Yseut à califourchon sur Tristan déguisé en mendiant ; le mariage de Tristan avec Yseult aux Blanches Mains ; les voiles etc.), Clara Dupond-Monod fait la part belle à celui que la légende a souvent négligé le confinant dans le rôle du mari trompé et berné par les stratagèmes des deux amants. Marc raconte donc son histoire pour ne pas être oublié de la légende, pour exister et exprimer ses douleurs de mari et de père.

L’idée est séduisante. Ayant étudié la version de Béroul durant mes années de fac, replonger dans cette légende me plaisait assez. Cependant cette lecture m’a profondément ennuyée. J’ai vu dans la reprise de la légende de Tristan et Yseut qu’un prétexte à écrire sur un sujet déjà éculé en littérature et l’introspection de Marc m’a très vite lassée. Les répétitions sont nombreuses dans le récit (les descriptions figées d’Yseut ; Marc couché auprès d’Yseut et voulant la toucher, etc.), la multiplication des termes du Moyen-Âge pour faire médiéval m’a semblé surfaite d’autant que plusieurs passages avaient, au contraire, des accents d’anachronisme dans l’expression de la douleur de Marc menant à la folie.

Certes il s’agit d’une réécriture moderne d’une légende ancestrale voire d’un mythe, et chaque réécriture est une trahison. Clara Dupont-Monod a su rendre compte de l’esprit courtois de la littérature du Moyen-Âge (on suppose donc qu’elle s’est davantage inspirée de la version de Thomas d’Angleterre), dans certains passages la phrase a quelque chose des vers anciens, la voix de Marc rappelle l’origine orale de la légende… mais je n’ai pas été convaincue. Ce récit m’a semblé un peu vain.

Le seul intérêt est cette focalisation interne et ce changement de point de vue, mais très vite tout est dit et le récit ne finit par tenir que par le reprise des éléments narratifs de la légende. Or connaissant bien la légende, le récit a vite perdu de sa saveur aussi. Ce roi Marc m’a très peu émue même si les accents de sa douleur sont parfois bien exprimés sous la plume de Clara Dupont-Monod. Je crois que j’ai été écrasée par l’ennui et que cet ennui ne m’a pas permis d’être sensible aux plaintes de Marc.

Roman lu dans le cadre du Prix des Lectrices et du Challenge Romans sous influences.

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