« Une collection de trésors minuscules » Caroline VERMALLE


vermalle trésor couvFrédéric Solis, avocat brillant, bel homme, passionné par la peinture impressionniste, se voit désigné comme l’héritier d’un certain Fabrice Nile, qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Espérant remporter une somme conséquente qui lui permettrait d’éponger ses dettes contractées après son dernier achat : un Sisley, il repart de chez le notaire avec des billets train, deux entrées pour l’un le jardin de Giverny et l’autre pour le Musée d’Orsay, ou encore un ticket pour une ballade en bateau, tout cela précisément daté.

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Salon du Livre de Paris 2014 #1


SDL 2014Toujours fidèle au Salon du Livre depuis maintenant cinq ans, j’ai donc, cette année encore, retrouvé les allées rouges de cet immense hall rempli de livres et de monde ! Accompagnée de mes enfants et de ma sœur, nous avons commencé par le carré Manga, Antoine voulant continuer sa collection de Fairy Tail. Auparavant, Miss Bouquinaix nous avait rejoints.

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Salon du Livre de Paris 2013 : Vendredi 22 Mars


salon-livre-paris-2013-22-25-marsRetour au Salon du Livre hier aux alentours de 13h. Déjà trop affamées, Miss Bouquinaix et moi avons dévoré nos sandwichs dans le RER. Nous avons pris au vol Lili Galipette et après un petit périple en métro avons pénétré dans l’antre désiré.

Hier, la journée était dédiée à plusieurs retrouvailles, mais pour commencer nous avons attaqué par le stand monumental d’Actes Sud. Si certains stands sont beaucoup plus restreints que l’an dernier (comme 10/18 par exemple), Actes Sud a prospéré, notamment les tables pour leurs polars. Déjà quelques livres atterrissent dans nos mains avides. Nous retrouvons Val.

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Quand on se retrouve sur le salon, après les présentations, les bises, les « comment ça va? », la question qui vient, qui brûle, est toujours : « Alors ? Tu as acheté quoi ? ». Cette question sera posée et reposée, sans lassitude parfois plusieurs fois à la même personne. Il suffit que nous nous séparions quelques temps sur le salon pour que, une fois à nouveau ensemble, nous faisions le point sur nos achats.

Cette après-midi, beaucoup de monde dans les allées, des hordes de collégiens, écoliers en folie, déguisés en Spirou ou en Titeuf ! Mais, nous sommes combattantes et peu farouches ! Aussi, la Miss, Val et moi n’avons pas reculé devant l’adversité. Les stands se sont succédé avec quelques achats à la clef, mais pas toujours : Joelle Losfeld, discussion avec la personne qui tenait le stand et qui nous annonce que la maison a été acheté par Gallimard, mais garde sont indépendance éditoriale ; L’École des Loisirs, je trouve un album pour Eliot, et comme toujours nous avons droit à de belles cartes postales et à une affiche.

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Hommage à Mario Ramos sur le stand de L’École des Loisirs

Arrêt aussi sur le stand Christian Bourgeois, sur lequel je déniche le dernier roman de Kate Summerscale, parfait pour le Mois Anglais.

15h ! Il est temps de retrouver deux blogueuses, deux amies surtout dont je suis les blogs quotidiennement et qui m’ont permis de les rencontrer : Titine et Miss Léo. La magie opère. L’an dernier Titine et moi avions été frustrées de n’avoir pas eu le temps de plus nous parler. Pour vous donner une idée, je peux vous dire que nous nous sommes bien rattrapées ! Je ne connaissais pas encore Miss Léo, mais elle est tellement à l’image de son blog et de nos échanges sur FB que, très très vite, nous nous parlions comme si nous nous connaissions depuis toujours. Sur le stand de Phébus, où nous nous étions donné rendez-vous, notre conversation s’oriente très vite sur Wilkie Collins (of course !), nous parlons du futur Mois Anglais et d’un auteur anglais au charme évident vivant dans un grand château en Écosse ! Je vous laisse imaginer…

A 16h, je vais retrouver ma soeur à l’entrée. Nous nous perdons dans les allées, mais cela nous permet de faire quelques trouvailles sur le stand de Magellan et Cie. Sur le stand de Ginkgo, me voilà partie dans un éloge du roman d’Isabelle Marsay, Le Fils de Jean-Jacques, qui se trouve sur la table. Après mon speech, j’entends : « Merci ». Je lève la tête et là je constate que l’attaché de presse n’avait pas perdu un mot de mon éloge. Je me présente et elle me dit qu’elle connaît mon blog. Ben voilà, ça c’est fait !

Après avoir cherché en vain, le Café Barcelone (il faut dire qu’à force de papoter nous étions peu concentrées sur le plan du salon), je finis par envoyer un sms à la Miss pour retrouver le trio. Une fois, enfin rassemblées, la sempiternelle question est posée : les deux Miss ont bien alourdi leur sac, mais Titine est restée sage, rien dans son escarcelle.

Titine  nous raconte qu’elle est tombée par hasard sur une fiche fixée sur un roman de chez Albin Michel. Une fiche format carte-postale, éditée par Babelio, et qui présente un avis des internautes de la communauté. C’est ainsi que Titine a eu la surprise de découvrir son propre pseudo sur l’une de ses fiches. Nous sommes étonnées qu’elle n’ait pas été au courant de cette opération, mais du coup nous refaisons un tour des stands à la recherche des dites fiches pour voir si, par hasard, nos speudos ne s’y trouveraient pas, une vraie chasse au trésor. En vain. Seule Titine est la star.

Les jambes et les pieds légèrement en compote, une pause s’impose. Nous décidons d’aller boire quelque chose et de nous poser. Mais avant, ma soeur et moi restons un peu sur le stand Autrement. Un livre sur le féminisme pour ma sœur (oui, c’est de famille !). Enfin posées (Dieu que la terre est basse !), les conversations vont bon train, d’autant que l’heure de la Table Ronde approche à grands pas. Les conseils et les encouragements vont bon train. Non, mais ça va bien se passer. Mais, comme vous le montre la photo, nous restons très souriante et j’affiche alors mon sourire Belfond !

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Titine, votre George, Miss Bouquinaix, Miss Léo

Et là tout se précipite, il est temps d’aller sur le stand Belfond. Nous retrouvons SophieLit, Val, Lili Galipette, l’équipe de Vendredi Lecture : Nathalie, Pauline, Stéphie et Caroline. Les auteurs arrivent petit à petit, nous sommes présentées. Nous nous installons autour d’une table, et c’est parti.

DSCN1553Les premières minutes sont un peu intimidantes pour moi, mais petit à petit, l’ambiance était détendue et amicale, je me sens bien. Les auteurs expliquent leurs rapports aux blogs, et ce qui ressort alors c’est une sorte d’étonnement devant notre capacité à lire, à rédiger. Tous s’étonnent sur le temps que nous devons passer. François Prunier se demande même si nous n’avons pas des assistants. Caroline Vermalle rend hommage aux blogueuses qui ont parlé de son premier roman, et reconnait que si elle est là aujourd’hui, si son dernier roman est en vu, c’est certainement aussi grâce aux blogs.

Les sujets se succèdent et nous avons la sensation, je crois, de leur faire découvrir un monde parallèle, les dessous des blogs qu’ils n’imaginaient pas. Nous évoquons notre rythme de lecture qui a augmenté depuis la création de notre blog, la pression parfois ressentie par la réception de Service Presse, la suspicion aussi qui touche les dits Service Presse. Caroline Vermalle a fait référence à un post sur FB qui évoquait cette suspicion. Elle a expliqué qu’elle avait tenu à faire envoyer sont dernier roman aux blogueuses qui avaient soutenu son premier roman, qu’elle l’avait fait par reconnaissance et amitié et pas dans une vision de com comme le laissait sous-entendre le post.

Nous avons aussi évoqué les affaires houleuses avec certains auteurs ou éditeurs (j’ai placé l’histoire des fers à repasser, hein Cynthia 😉 !). Sophie a d’ailleurs précisé qu’un auteur qui s’en prend à un blogueur ne se rend pas compte parfois que c’est toute une communauté qu’il attaque et que cette communauté est solidaire.

Est venu aussi le sujet problématique parfois des avis négatifs sur nos blogs. Sur ce sujet, les auteurs ont été unanimes, elles sont normales et Frédérique Martin a expliqué que, sur son site, elle mettait les liens autant vers les avis positifs que vers ceux plus mitigés, que c’était le jeu.

Nous avons aussi parlé du plaisir d’écrire notre blog et de leur fréquentation. Nous avons bien sûr toutes reconnu que l’absence de nouveaux billets sur notre blog entraînait une perte de fréquentation, Caroline a souligné qu’elle n’était plus esclave de son blog, qu’elle publiait quand bon lui semblait et tant pis pour la fréquentation, Stéphie était du même avis. A alors été soulevée la question de la pression que l’on peut parfois se mettre, de nos déviances, surtout dans la première année de la création de notre blog, de lire des romans courts pour pouvoir faire des billets (SophieLit, moi-même). Mais, comme j’ai tenu à le dire aussi, cette nécessité d’écrire un billet vient aussi de l’envie d’écrire, tout simplement. Stéphie a également souvent revendiqué notre liberté, notre indépendance et par là même notre volonté d’éviter toute pression. François Prunier nous a encouragé à continuer dans cette voie et nous a même assimilées à des écrivains, rien que ça !

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Nous a été posée la question de savoir si nous avions conscience d’être un média influent. Si nous avons reconnu que le grand nombre de SP que nous recevons était sans doute un indice de l’importance des blogs aujourd’hui dans le paysage médiatique, je crois que nous avons toutes été d’accord pour reconnaître que nous n’avions pas réellement conscience de cette soi-disant influence, que nous faisons notre blog avant tout pour nous faire plaisir.

Au final, les blogueuses ont presque plus parlé que les auteurs. Comme je le disais plus haut, ceux-ci, et ils nous l’ont dit clairement, ont découvert vraiment ce qui se cachait derrière les blogs, que ce soit les échanges constructifs, la multiplication des lectures, nos pratiques, mais aussi les rivalités, les jalousies. Non la blogo n’est pas le pays des Bisounours.

Ce fut une expérience fabuleuse.  Tout d’abord parce que la rencontre avec ces auteurs fut très enrichissante, qu’ils n’étaient pas du tout dans une posture de l’auteur, qu’ils nous ont accueilli sur un pied d’égalité, s’intéressant à ce que nous disions, posant des questions. Ce fut aussi agréable d’avoir enfin l’occasion de parler de nos blogs en dehors de la blogo, de dire ce que nous faisions, d’expliquer aussi que nous ne sommes pas des Critiques, mais avant tout des Lectrices.

Merci aux Editions Belfond, à Caroline Vermalle, à François Prunier, à Frédérique Martin, à Béatrice Wilmos, et aux blogueuses présentes pour ce bel échange. Merci aussi à ma sœur pour son soutien inaltérable, ses photos et bientôt une vidéo, je l’espère.

Voici les achats du jour :

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Il est temps de lâcher le clavier pour une nouvelle journée sans doute aussi très riche en rencontres !

« L’île des beaux lendemains » de Caroline VERMALLE


vermalle l'îleJ’avais aperçu cette jolie couverture de roman sur quelques blogs que je suis. Or, comme je vais avoir le plaisir de rencontrer l’auteure au Salon du Livre et que j’ai eu la chance de recevoir ce roman de la part des Éditions Belfond, je me suis mise à le lire lundi dans le cadre de mon petit défi perso à moi toute seule (4 jours/4 livres). Je l’ai lu en quatre heures et avec grand plaisir. Je ne connaissais pas cette auteure avant, ce fut donc une réelle découverte et une bonne surprise.

A soixante-treize ans, Jacqueline décide, un peu sur un coup de tête de rendre visite à sa cousine Nane, qu’elle n’a plus revue depuis 1953. Nane vit aujourd’hui sur l’île d’Yeu. Adolescentes, les deux femmes étaient très proches mais leur destinée fut différente. Nane a épousé l’homme de sa vie lors d’une belle fête, tandis que Jacqueline dut se contenter de Marcel et d’un mariage en petit comité. Jacqueline souhaite surtout renouer avec son passé, se réapproprier sa jeunesse, ses rêves d’alors.

L’originalité de ce roman tient d’abord dans le fait que le narrateur est un papillon qui, avec l’aide de ses amis et des vents, va nous raconter l’histoire de ces femmes et de leurs amours, mais aussi les mésaventures de Marcel qui compte bien descendre la Loire à la nage pour aller chercher sa Jacqueline. Si celle-ci est restée une belle femme aux allures distinguées, Nane n’est plus la jeune femme svelte de ces 26 ans, et pourtant la première a la sensation d’avoir manqué sa vie, l’autre au contraire l’a vécue pleinement. Les retrouvailles seront un peu houleuses au début, Jacqueline est un peu mal à l’aise, mais petit à petit, dans cette grande maison de Nane, dans laquelle plusieurs d’amis de passage sont venus chercher une solution, un remède pour mieux vivre, Jacqueline va finir par s’épanouir.

C’est un roman nostalgique et pourtant très optimiste qui nous fait envisager la vieillesse sous un autre angle. Certes le destin de Jacqueline pourrait être assimilé à un ratage, mais le message central de ce roman reste que, à tout âge, tout est encore possible si on en a la volonté et si on sait, comme le fait remarquer Nane à Jacqueline, se donner les moyens d’être heureux. Il faut croire au bonheur pour pouvoir le cueillir et la légèreté des papillons, la douceur ou la fougue des vents, la nature magnifique de cette île, les bons repas conviviaux vont permettre à Jacqueline de prendre conscience de l’importance de toutes ces choses.

Il ne faudrait pas croire que le ton soit condescendant et gnangnan. Bien au contraire. Caroline Vermalle dessine des personnages haut en couleur, comme Nane, femme autoritaire, un peu brusque dans ces méthodes comme savent l’être les Bretonnes. Un ton péremptoire, mais un grand cœur quand on apprend à les connaître. Même les personnages secondaires marquent leur présence comme cette voisine insupportable, mais tellement drôle : Mme Tricot. Jacqueline, plus froide, plus maladroite, plus sensible aussi, m’a touchée par son histoire : il aurait eu cinquante-six ans en février, mon enfant, ais ce sera toujours mon petit. Je lui parle, parfois. Je lui dis : mon pauvre petit chou. C’est idiot, quand même, à mon âge… (pp.193/194).

Outre l’histoire de ces deux femmes, il y a tout un arrière plan qui vient enrichir la trame principale. Que ce soit les enfants d’Afrique, l’histoire d’Arminda, mais aussi toute la vie de cette île d’Yeu que l’on découvre : les maisons aux jardins fleuris, l’ambiance insulaire si particulière, les sentiers de la côte sauvage, les produits de la mer… tout ce qui me fait aimer la Bretagne (bon OK on me murmure que c’est la Vendée, mais ce n’est pas grave, moi j’avais l’impression d’être en Bretagne!)

Il y a une légèreté dans ce roman, une façon d’envisager la vie au-delà même de la vieillesse et en même temps on ne peut oublier une certaine tristesse inhérente qui, à la fin, n’est plus subie mais que les personnes se sont appropriée et qui va leur permettre d’aller de l’avant. Le style incarne aussi cette légèreté. La valse des sentiments nous fait passer des sourires aux larmes, et je suis ressortie de cette lecture le cœur un peu plus léger. Que demander de plus ?

Roman lu dans le cadre du Challenge Ô vieillesse ennemie, Challenge Amoureux saison 3 (cat. amours contemporaines).

challenge o vieillesse ennemieChallenge Amoureux saison 3