« Ce que j’ai oublié de te dire » Joyce Carol OATES.


Je pensais que ce roman serait le dernier de l’année 2020, et puis finalement je l’ai dévoré en trois jours. J’aimais bien l’idée de finir avec Oates. J’aurais dû pourtant le deviner en le commençant, car dès les premières lignes j’ai été immédiatement saisie par l’ambiance, les personnages et bien sûr, comme à chaque fois, l’écriture de Joyce Carol Oates.

L’intrigue se situe dans le lycée privé de Quaker Heights dans le New Jersey, une école huppée dans laquelle les élèves de Terminale peuvent postuler pour les universités de l’Ivy League, soit les meilleures universités du pays. Merissa Carmichael vient justement de recevoir son admissibilité à Brown. Dans le même temps, elle est sélectionnée pour jouer, enfin, le rôle principal dans la pièce du lycée, une adaptation d’Orgueil et préjugés. Elle sera Elizabeth Bennet, clouant au poteau Brooke Kramer. Merissa est blonde, jolie et une élève brillante, surnommée par son amie Tink, « La Fille parfaite ». Avec Hannah, Chang, Chloé, Nadia et Tink, elles forment la Tink and Co. Mais Tink n’est plus là, elle est m****te, le mot est indicible. Merissa et ses amies semblent bien allées, mais au cours du roman on va se rendre compte qu’elles ne vont pas si bien que cela. Oates nous fait suivre particulièrement le cheminement de deux d’entre elles : Merissa puis Nadia.

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« A la recherche de Karl Kleber » Daniel SANGSUE


Karl Klebert, professeur de littérature à l’université de Morat en Suisse, a subitement disparu en 1987. Quinze ans plus tard, le narrateur du roman, lui aussi professeur de littérature, âgé de 60 ans, approximativement l’âge auquel Karl a disparu, se rend chez Georges, le libraire du coin, qui vient de racheter une partie de la bibliothèque de Klebert. Intrigué par cette disparition, le narrateur s’intéresse à l’affaire et tente de comprendre ce qui a pu pousser cet homme à partir sans avertir personne. Il se penche alors sur ses livres et commence à analyser les notes laissées à l’intérieur des pages. Très vite il remarque que ces annotations ont un point commun : « plusieurs de ces livres racontent des fuites, des fugues, des disparitions ou évoquent le désir d’échapper à l’ici et au maintenant » (p.45). Il remonte les pistes, découvrant un professeur investi, mais aussi déçu par les changements engagés dans l’université et notamment la lente disparition de l’italien et du grec. Qu’est-ce qui a poussé Klebert à la fuite ?

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