« Lune Mauve : la disparue, tome 1 » de Marilou AZNAR


aznar lune mauveDepuis l’ouverture de ce blog, mes lectures se sont beaucoup diversifiées. Soit du fait des découvertes faites sur des blogs amis, soit du fait de certains partenariats avec des maisons d’édition. Ce roman a atterri chez moi grâce aux Editions Casterman et à la recommandation de la responsable jeunesse qui a également mis en place une rencontre avec l’auteure. Je trouvais intéressant de participer au lancement d’un premier roman et la perceptive de rencontrer l’auteure m’a également séduite.

Plus près du démon de midi que de la crise d’adolescence, vous le savez, je suis une lectrice quelque peu exigeante, mais aime être surprise voire poussée à revoir mes préjugés et autres a priori. J’ai donc commencé ce roman d’un peu plus de 400 pages lundi et l’ai fini ce matin. Une lecture rapide avec des plus et des moins.

Séléné Savel a toujours vécu en Bretagne entre une vieille maison de famille à Roscanvel sur la presqu’île de Crozon dans le Finistère et Rennes où elle était collégienne. Sa mère a mystérieusement disparue quand la jeune fille était encore enfant, laissant pour tout souvenir un tableau étrange d’un monde imaginaire éclairé par une lune mauve. Son père, professeur de littérature érudit, l’envoie à Paris, dans le très sélect lycée Darcourt. Elle est accueillie par sa grand-mère paternelle. Jeune fille effacée, légèrement asociale, elle va se heurter de plein fouet à la jeunesse huppée des beaux quartiers de Paris et notamment va retrouver sa cousine Alexia, beauté diaphane et star de son lycée. Très vite dédaignée par la belle Alexia, moquée pour son côté provincial et surnommée la Bigouden, Séléné vit ses journées de lycée avec angoisse et colère. Dans cette atmosphère lourde, l’apparition de Laszlo, élève de prépa, grand, beau au regard d’émeraude, lui fait éprouver ses premiers émois, mais son étrangeté, sa façon d’apparaître et de disparaître ainsi que certains évènements bizarres la reliant à sa mère, va entraîner la jeune fille dans des péripéties dont elle se serait bien passé et révéler un destin qu’elle ne soupçonnait pas.

Ce petit résumé parle tout seul. Bien qu’ayant peu lu de romans fantasy (si ce n’est L’Histoire sans fin de Michael Ende – lu dans ma folle jeunesse – ou Filles de lune d’Elisabeth Tremblay), les situations de départ sont toujours un peu les mêmes : une jeune fille ou un jeune homme qui, jusqu’à présent vivait une existence normale découvre à un moment M qu’il ou elle n’est pas ce qu’il ou elle croit et qu’il ou elle est promis(e) à un destin supérieur qui va l’emporter dans un monde parallèle. Rien de neuf donc sous la lune et Marilou Aznar maîtrise bien les codes du genre.

Toute la partie sur la vie de Séléné dans son lycée est intéressante, souvent pertinente et bien au-dessus de l’ennuyeux Fascination de Stephenie Meyer où, sans aucun intérêt, cette pauvre Bella traîne son cartable de cours de Sciences Nat en cours de sport avec le passage obligé à la Cafet’. Séléné, au contraire, bien que méprisée par la quasi totalité des élèves de sa classe, sait se défendre et certaines réparties font mouche et révèlent une personnalité loin d’être mièvre ce qui n’est pas pour me déplaire, les héroïnes fragiles et « poupées de chiffon » n’étant pas mon fort. Ensuite les éléments de fantasy, l’étrange, les références à un monde parallèle sont assez bien mis en place tout au long du roman, et l’interférence progressive entre les mondes se fait assez naturellement. La duplicité de certains personnages (Laszlo et la fille aux cheveux gris, par exemple) permet également de douter et les bons et les méchants ne sont pas définis de façon manichéenne si bien que, comme Séléné, on ne sait pas toujours à quel saint se vouer. Autre élément qui m’a plu, les références littéraires disséminées et qui ne font pas clichés à mon sens. D’ailleurs faire du père de Séléné un spécialiste de Saint-Pol-Roux en est la preuve.

L’intrigue est donc plutôt bien construite et le peu de jours qu’il m’a fallu pour lire ce roman prouve assez que l’on est poussé à en apprendre toujours plus. Certes certains points me laissent un peu dubitative et certaines coïncidences ou facilités rompent un peu la vraisemblance, mais l’ensemble reste assez cohérent.

Toutefois mon avis ne serait pas complet sans quelques remarques moins positives, mais qui tiennent finalement plus au genre en lui-même. Le personnage de Laszlo, beau ténébreux, m’a laissé de glace, trop caricatural à mon goût pour provoquer chez moi un quelconque intérêt, tout comme les transports de Séléné qui lui font perdre toute raison et résistance sous les baisers brûlants du même.  Heureusement l’identité dévoilée du beau mec et la fin du roman montrera que ce personnage est un peu plus complexe, mais sur le moment, il y avait quelque chose de trop attendu.

Répondre aux codes du genre est bien, mais il est bien aussi de le renouveler un peu. Le thème de la lune par exemple apparaît là encore comme un cliché du genre. Je citais au début de mon billet Filles de lune, mais je pense aussi à la série, 16 lunes ou encore au tome 2 de Twilight, Tentation en français, New Moon en anglais. On n’a pas fini comme les loups de hurler sous la lune, mais même Murakami dans 1Q84 se plait à rêver sur cet astre, alors…

En résumé, je dirais que si vous êtes un ou une adepte du genre vous serez sans doute conquis par ce roman, pour son personnage principal, pour l’intrigue, pour les différents éléments relevant de la fantasy. Si, comme moi, ce genre vous est moins familier, ce roman vous fera cependant passer un moment agréable si vous oubliez un peu les facilités du style et certaines coïncidences téléphonées. Il n’en reste pas moins que Marilou Aznar sait décrire l’adolescence, et que quand elle parle et évoque les tourments réels de ses jeunes personnages, elle atteint son but.

Le roman sera disponible en librairie Mercredi 6 Mars. Je rendrai compte de ma rencontre avec l’auteure, Marilou Aznar, mais vous pouvez visiter son blog et la page Facebook consacrée au roman.

Roman lu dans le cadre du Challenge Amoureux (catégorie Amours Adolescentes), du Challenge Petit Bac (cat. COULEUR liste principale) et du Challenge Cartable et Tableau Noir.

Challenge Amoureux saison 3challenge Petit Bac 2013challenge cartable et tableau noir