Bilan de lecture mensuel : Février 2014.


logo-bilan-mensuel1Février fut bien mouvementé pour moi et forcément cela a entraîné une baisse de rythme côté lecture ! Tout d’abord, dès le début du mois, ma vie professionnelle trépidante a pris un nouveau virage, puisque je me suis retrouvée du jour au lendemain (l’expression n’est pas usurpée) à reprendre le chemin des salles de classe, pas en tant qu’élève mais en tant que prof ! Après huit ans d’interruption, ça fait un choc, mais j’en suis très heureuse ! Puis, vinrent les vacances, sauf que, votre pauvre vieille George a été clouée par une saleté de pneumopathie qui l’a littéralement assommée pendant une bonne semaine. Il n’y a donc que depuis une petite semaine que j’ai retrouvé mes esprits, sauf que, le travail ne se faisant pas tout seul (hélas !), la deuxième semaine de vacances fut consacrée à des corrections de copies et à des préparations de cours : chouette ! Autant vous dire que je n’ai pas vu passer ce mois de février. Mais trêve de parlotte !

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« Penelope Green : La tiare de Nefertiti (Tome 4) » Béatrice BOTTET (Rentrée Littéraire Jeunesse 2013).


Bottet penelope green nefertitiDepuis quinze jours, j’ai du mal à toucher terre, il me fallait donc un roman et surtout une héroïne que j’affectionne particulièrement et dont je suis avec passion les aventures : Penelope Green est apparue comme une évidence ! Après Londres, New-York et la Chine, Béatrice Bottet envoie son héroïne en Égypte à la rencontre d’une femme archéologue, Martha Morley. Nous sommes toujours à la fin du XIXe siècle, et le projet de Penelope est toujours de rencontrer des femmes de différents pays pour rendre compte de la condition féminine.

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« Penelope Green : L’éventail de Madame Li », tome 3 de Béatrice Bottet


Penelope Green est de retour à Londres en attente d’une nouvelle aventure. Quand Cyprien surprend une étrange conversation dans un taverne sombre entre huit hommes patibulaires et louches, il sent qu’une nouvelle enquête se profile. Prêt à s’embarquer vers la Chine, sur un cargo de commerce, il envoie un message et un beau et ancien éventail à son amie lui demandant de le rejoindre au plus vite. D’étranges cargaisons de bibles suscitent l’intérêt et la curiosité du jeune homme.

Avant de prendre le large, Penelope se renseigne un peu sur l’éventail, organise son voyage et passe en vitesse au bureau de son rédacteur en chef, Grayson, du journal pour lequel elle travaille, le Early Morning News. Mais celui-ci n’est guère décidé à la laisser partir, et lui annonce qu’elle est en danger. Il lui intime l’ordre de rentrer chez elle et lui octroie un garde du corps. Mais c’est mal connaître Penelope que de la renvoyer dans ses foyers.

Après Londres et New-York, Béatrice Bottet envoie son héroïne en Chine au moment où commence à gronder un vent de révolte entre les conformistes et les réformistes. Penelope aborde donc la Chine à une période décisive. Elle y découvre les coutumes ancestrales et son âme de féministe à vif les appréhende d’un oeil à la fois émerveillé et critique. Comme dans les autres tomes, les missions de Penelope sont doubles : résoudre une enquête et témoigner de la condition des femmes dans les différents pays qu’elle visite.

Le roman est divisé en deux parties : le récit du voyage de Penelope et ses aventures sur le sol chinois. Comme dans le tome 2, la première partie se déroule donc sur des bateaux sur lesquels Cyprien exerce son métier de marin tout en gardant à l’oeil les huit autres marins suspects. La tension est perceptible, ça complote dans les soutes et les cabines. En Chine, Béatrice Bottet décrit la vie grouillante du port de Shanghai, le racisme des étrangers envers les chinois, le rapport de force est tangible. L’auteure explique succinctement la situation de Shanghai. Les descriptions des lieux permettent une immersion du lecteur qui découvre cette Chine du XIXème à travers les yeux de Penelope. Mais Béatrice Bottet excelle surtout dans la description des moeurs, et les passages sur la vie de la grande demeure de M. Wang est en cela passionnante. En rajoutant à cela une étrange légende, vous aurez à peu près tous les éléments en main pour vous précipiter sur ce troisième tome.

Toutefois j’ai un peu regretté une tendance que Penelope ne soit pas à l’origine des révélations. Le lecteur découvre le pot aux roses avant Penelope et nous perdons un peu le sel de l’histoire. Moins investie dans l’enquête principale, Penelope apparaît un plus au second plan et c’est Cyprien qui mène un peu plus la danse. Cette aventure est donc un peu différente des deux précédentes, mais n’en reste pas moins intéressante même si j’ai regretté également que la première partie prenne plus de place que la seconde.

Reste à savoir où nous retrouverons Penelope dans le prochain tome.

Livre lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire, du Challenge Lire Sous la contrainte prénom, du Challenge Victorien, sans oublier le Challenge STAR.

Merci aux Éditions Casterman.

Best Of de l’été 2012 : « Le Grimoire au Rubis » de Béatrice Bottet


Béatrice Bottet est une auteure jeunesse de qualité. Dans ce premier cycle du fameux Grimoire au rubis, vous allez être plongée dans le Moyen-Âge au moment de la construction de Notre-Dame. Un roman d’aventure bien mené qui vous donnera envie de poursuivre avec les tomes suivants.

J’ai littéralement avalé ce premier livre, j’ai retrouvé tout ce qui m’avait plu dans Le Grimoire Maléfique. Béatrice Bottet est une conteuse magnifique et une historienne qui m’a passionnée. Grâce à deux jours de travail qui m’a demandé 2h de trajet RATP par jour, j’ai lu ce roman en trois jours.

Bertoul, ménestrel, se voit confier par Dame Hermelinde, sur son lit de mort, une mission bien étrange. Il est chargé d’amener un grimoire magique à un mage vivant à Paris. Parallèlement, Damoiselle Blanche,sous la tutelle de ses quatre demi-frères, doit se plier à un mariage organisé avec un homme plus âgé de 27 ans, veuf trois fois, et à la bedaine rebondie. Ne pouvant s’y résoudre, la jeune demoiselle s’enfuit et croise le chemin de Bertoul, lui-même fuyant la colère et la jalousie du fils du neveu d’Hermelinde, nouveau propriétaire du château de la vieille dame.

Nos deux jeunes gens vont donc vivre plusieurs péripéties, vont connaître le danger, l’errance à travers bois, et la protection des hiboux, considérés par tous comme les oiseaux du Diable, car nocturnes.

Bien que n’ayant plus douze ans (que c’est triste!), j’ai plongé dans ce livre avec bonheur ! Béatrice Bottet utilise le vocabulaire du Moyen-Âge expliqué en note de bas de page, nous plonge dans les coutumes (repas, croyance, rapport entre Noble et manant, superstitions etc.), crée un suspens et une intrigue qui nous poussent à lire encore et toujours. Et quel bonheur en refermant le Livre 1, de savoir qu’il me reste encore d’autres à découvrir !

Chaque chapitre est précédé d’une formule magique, d’authentiques formules magiques glanées, comme l’explique l’auteur, dans d’authentiques grimoires ou ouvrages de magie. Des recettes de magie pour prédire l’avenir, pour fabriquer des lettres d’amour, pour ne pas être blessé à la guerre,pour réussir une fête ou pour devenir invisible etc. Je vous avoue que la tentation fut vive de me transformer en magicienne, mais certains ingrédients risquent de ne pas être évidents à trouver, ou demandent des actes impossibles à réaliser pour moi, comme tuer un chat noir et le faire cuire dans un chaudron ou tuer un jeune loup et récupérer son cuir… pauvres bêtes ! Au-delà de ces recettes, le roman évoque donc des croyances liés aux animaux et notamment aux animaux nocturnes. Heureusement grâce à Harry Potter, le hibou ou la chouette ont retrouvé, depuis, leurs lettres de noblesse, même s’ils restent liés aux magiciens.

Vous l’aurez compris c’est une vraie réussite, et Béatrice Bottet sait transmettre ses connaissances d’historienne sans être didactique et professorale, les mots, les coutumes surgissent naturellement, et on referme le roman avec la certitude d’avoir appris beaucoup de choses sur le Moyen-Âge tout en ayant lu une histoire passionnante. Elle nous donne accès à une époque en la dépoussiérant de ses a priori, et ça fait du bien.

Roman présenté dans le cadre du Best Of de l’été 2012

« Penelope Green : L’affaire Bluewaters » de Béatrice Bottet


Après ma lecture du premier tome, Penelope Green : la chanson des enfants perdus, j’avais hâte de retrouver ma copine Penelope dans ce deuxième tome qui nous entraîne à New-York sur les pas de la jeune femme journaliste du journal anglais, le Early Morning News.

Orpheline, Penelope Green, fille d’un célèbre journaliste, reprend le flambeau paternel. Envoyée par son patron pour rendre compte de la condition des femmes dans le monde, Penelope Green embarque à bord d’un transatlantique toujours accompagnée par Cyprien Bonnaventure. Abordée par une femme qui semble désorientée et sous laudanum, la voilà sur une nouvelle enquête avec pour seul indice le nom d’un lieu : Bluewaters. Quel est ce lieu ? Que s’y passe-t-il ? Quel rapport y-t-il entre Helen Pryce, droguée au laudanum et la disparition d’une certaine Bélinda ?

La jeune anglaise découvre la bonne société new-yorkaise qui n’est pas si différente de la bonne société anglaise, si ce n’est qu’on y boit moins de thé. L’ancrage dans New-York se fait essentiellement par quelques noms de lieux bien connus et décrits succinctement dans le contexte historique. Le début sur le transatlantique est par contre beaucoup plus précis, et le lecteur vit réellement cette traversée d’autant mieux rendue que cette pauvre Penelope a le mal de mer.

Concernant l’intrigue, puisque l’héroïne est une journaliste de terrain, celle-ci est bien menée, complexe, très prenante et particulièrement terrifiante. Comme souvent dans ses romans, Béatrice Bottet ne fait pas dans le mièvre et confronte son lecteur à des évènements réalistes et terribles. Jusqu’au bout, j’ai été tenue par le suspens et la volonté de percer le mystère de Bluewaters.

Le style narratif de Béatrice Bottet est toujours aussi efficace, la lecture est rapide, dynamique, et, de tome en tome, les personnages principaux prennent de l’ampleur, on s’attache à cette jeune fille intrépide, rieuse et téméraire. Le couple qu’elle forme avec Cyprien est complémentaire, et le jeune garçon se laisse découvrir davantage, son passé tumultueux surgit grâce à quelques indiscrétions. Étant issus non seulement de deux pays différents (Cyprien est français), mais aussi de deux milieux sociaux différents, les deux jeunes gens mettent en commun leurs connaissances pour résoudre leur enquête. Le lien qui les unit se fait sur le mode de l’amitié, mais on sent que ce lien peut, tôt tard, basculer vers l’amour.

La fin de chaque tome nous donne irrémédiablement envie de sauter sur le prochain qui est prévu pour le 5 septembre 2012 et nous permettra de retrouver Penelope en Chine.

Merci aux Éditions Casterman.

Roman lu dans le cadre du Challenge Victorien, du Challenge Littérature Jeunesse, et du Challenge PAL Express.

PAL Express : -10

« Penelope Green : La chanson des enfants perdus » de Béatrice Bottet


Penelope Green est une jeune fille de la bonne société anglaise de la fin du XIXème siècle. La mort de son père journaliste, la laisse seule au monde, mais non sans ressources. Penelope est bien décidée à reprendre le métier de son père et à vivre sa vie comme elle l’entend.

Béatrice Bottet nous offre une nouvelle série et une nouvelle héroïne anglaise, sorte de soeur jumelle de ma chère Enola Holmes, avec un fort esprit indépendant, abandonnant le corset à ses amies mariées et donc rangées. Penelope reprend donc une enquête de son défunt père concernant le meurtre d’un jeune musicien des quartiers populaires et donc mal famés de Londres. Sur son chemin elle croise un jeune marin français au nom prometteur : Cyprien Bonnaventure ; mais aussi un étrange professeur d’accordéon cul-de-jatte.

Béatrice Bottet est une merveilleuse conteuse d’histoires, le style est efficace, les évènements se succèdent pour relancer l’intérêt, l’humour n’est pas absent (Mrs Black est une cuisinière que tout le monde aimerait avoir à son service!!!), la tendresse non plus. Elle nous plonge dans le Londres de la fin du XIXème, au moment où les suffragettes commencent à faire entendre leur voix. Penelope a été élevée librement par son père, qu’elle aidait dans son travail, et est consciente des inégalités de droits entre l’homme et la femme. Offusquer la bonne société anglaise ne la dérange pas, malgré les hauts cris de sa cuisinière. L’enquête qu’elle va mener, aidée de son ami français, est bien ficelée, et Béatrice Bottet montre aussi les failles et les naïvetés de son héroïne. L’auteur, comme dans Le Grimoire au Rubis, plonge son lecteur dans un univers souvent cruel et sombre mais historiquement intéressant, et je n’ai pas trouvé, dans ce premier tome, les faiblesses que j’avais pu noter dans le premier tome des aventures de Enola Holmes. Certes, Enola et Penelope, comme je le disais, ont beaucoup de points communs, mais chacune finalement existe bien pour elle-même, et l’intérêt du roman de Béatrice Bottet réside aussi dans ce contexte féministe et journalistique qu’elle nous dépeint.

Lors du Salon du Livre, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Béatrice Bottet, et elle nous réserve encore plein d’aventures. Il me tarde de retrouver Penelope, journaliste globe-trotter dans les prochains tomes (Béatrice Bottet m’en a annoncé six, c’est du méga scoop!!!).

Lu dans le cadre du Challenge Victorien.

Merci à Brigitte des éditions Casterman et à Béatrice Bottet.

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Salon du Livre : Chapitre 4 « Ce n’est qu’un au revoir… »


Dernière journée du Salon du Livre !

Miss Bouquinaix et moi reprenons le chemin du Salon au Livre dès 9h du matin, quand on aime on ne compte pas ! Après un voyage au long court, nous pénétrons dans l’antre des plaisirs. Ce matin, journée professionnelle, les allées nous apparaissent larges, et, contrairement aux jours précédents, nous évoluons sans bousculades, et à l’aise.

Nous profitons de ces conditions idéales pour enfin nous rendre sur le stand « Japon », l’occasion d’acheter enfin quelques romans de littérature asiatique. Delphine nous rejoint.

Nous allons saluer Sabine Wespieser qui nous parle avec émotion de Nuala O’Faolain, nous révélant à quel point cette auteure eut un rôle important dans la revendication des droits de la femme en Irlande, comment son enterrement fut vécu comme un évènement national.

Une heure plus tard, les bibliothécaires en herbe me quittent pour se rendre à des conférences et je rejoins ma soeur, venue pour l’occasion. C’est la première fois que ma soeur se rend au salon du livre et c’est agréable de lui faire visiter les stands, de lui mettre des livres entre les mains, mais elle est plus raisonnable que moi, sauf sur le stand de Buchet-Chastel/Phébus où elle empoche, sans beaucoup d’hésitations, deux romans de Wilkie Collins. Elle craque aussi pour un roman asiatique sur le stand d’Actes Sud.

Très vite Miss Bouquinaix puis Delphine nous rejoignent, lassées par la foule des conférences et peu convaincue par l’intérêt de ces dernières. Les filles sont joueuses :

La Miss gratouille :

Et Delphine se métamorphose en grenouille :

Nous continuons nos pérégrinations, puis la Miss nous abandonne. Ma soeur, Delphine et moi, trouvons miraculeusement une table pour nous ravitailler. Nous croisons Gérard Collard, Anne Perry et Viviane Moore sur le stand 10/18.

Il est l’heure de me rendre à la dédicace de Béatrice Bottet. Je suis la première de la file, une vraie groupie !

Béatrice Bottet est très accessible, à l’écoute, racontant avec enthousiasme ses projets, et j’ai droit, selon ses dires, à « plus que des scoops » concernant sa nouvelle série Penelope Green. Nous papotons comme de vieille copines, je lui pose des questions sur sa façon de travailler, ses recherches pendant qu’elle dessine et rédige ma dédicace :

Allez, avouez que vous êtes jalouses !!!!

Ma soeur pendant ce temps patiente juste à côté pour une dédicace de la créatrice d’Emilie et de son petit hérisson, Delphine, quant à elle, a fini par craquer pour une BD, puis elle nous quitte.

Ma soeur et moi continuons notre petit tour, mais les allées sont à présent sur-peuplées et nous commençons à ressentir la fatigue. Nous prenons des fous-rires en lisant les perles des libraires…

et faisons quelques stands que j’avais un peu négligés les jours précédents. Enfin, juste avant de partir, nous découvrons le stand de l’Edition des Femmes : j’achète un recueil de textes de George Sand et (oh merveille!) un cahier à l’effigie de Sand ! Impossible de quitter le Salon sans au moins un livre de Sand.

Encore une belle journée donc, faites de rencontres, d’échanges et de fous-rires !

Je rentre chez moi sur les rotules, et ce matin mes jambes sont lourdes, mais quelques livres sont venus rejoindre leurs copains :

Ne sois pas triste Chi, nous reviendrons l’année prochaine :

Merci à Sabine Wespieser, à Jean-Philippe Blondel, à Michèle Lesbre, à Béatrice Bottet, aux éditeurs qui nous ont écoutés et se sont intéressés à nos blogs, merci à Lili Galipette, Miss Bouquinaix, Delphine, Liyah, Valentine et ma soeur qui m’ont permis de vivre sans doute le plus beau salon du livre depuis quatre ans.

Bilan de Lecture : Janvier 2012


Après un mois de décembre mollasson, janvier fut finalement un mois plein de vitalité ! J’ai retrouvé un rythme du début de l’année scolaire, parvenant à trouver le temps de lire, profitant de plusieurs déplacements en RER pour m’évader. Si ce mois de janvier préfigure l’année, c’est bon signe.

Lire deux romans en même temps commence à devenir une petite habitude depuis quelques mois et notamment ce mois-ci. Ainsi durant ma lecture de La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson, qui s’étala du 2 au 19 janvier, j’ai lu avec grand plaisir La Princesse de Montpensier de Mme de Lafayette, Le Secret des hiboux et Le Sortilège du chat de Béatrice Bottet (les deux premiers livres de la série Le Grimoire au rubis) et le Journal intime de George Sand. La nouvelle de Mme de Lafayette fut une lecture d’un jour, qui m’a permis de  retrouver certains thèmes développés dans La Princesse de Clèves. Les deux premiers livres du Grimoire au rubis fut un vrai coup de coeur pour une série jeunesse intéressante, bien écrite et qui m’a fait voyager au temps du Moyen-Âge. Quant au Journal de George Sand, cette relecture m’a replongée dans les affres de l’amour romantique, tout en me permettant de renouer avec Sand. Bien que longue, ma lecture de Millénium 2 fut passionnante, mes retrouvailles avec Lisbeth Salander furent un grand moment, et il me tarde de lire à présent le dernier tome de cette trilogie.

Pour à la fois me lancer dans le Challenge Molière, et pour relever un défi personnel consistant à relire tout Molière, j’ai découvert l’une des premières farces écrites par le dramaturge : La jalousie du barbouillé, farce qui sans doute à l’écrit perd un peu de l’intérêt qu’elle pouvait avoir à être représentée. Emportée par les aventures de Bertoul et de Blanche, le 3ème livre du Grimoire au rubis, Le Chant des loups fut une gourmandise que j’ai appréciée, mais aussi suscita un certain regret, regret d’abandonner ces personnages à leur destin. J’ai ensuite quitté le Moyen-Âge pour me replonger dans ma propre époque, lisant enfin un court roman qui avait pris racine dans ma PAL : Le Camion blanc de Julie Resa. L’auteur y traite avec originalité de la dépression matérialisée par cet énorme camion blanc imposant et inexpugnable.

Autre roman, autre temps, le roman de Henry James, La Bête dans la jungle, s’il fut un peu déstabilisant, m’a permis de me replonger dans la prose de cet auteur lu abondamment pendant mon adolescence puis délaissé. Enfin, Mort d’un clone de Pierre Bordage, fut une rencontre ratée, mais il fallait bien un échec en ce mois de janvier qui fut majoritairement une beau mois de lecture.

Le bonheur de la lecture est sans aucun doute la variété, la diversité et ce mois de janvier en est bien la preuve : thriller, romans jeunesse, pièce de théâtre, oeuvre personnelle, roman moderne dans lesquels les époques, les intrigues et les personnages permettent à la fois de se divertir, d’apprendre, et de ressentir tout une palette de sentiments que seule la lecture est capable d’offrir.

Manque le roman de Julie Resa parti vers une autre lectrice

« Le Grimoire au Rubis : Le chant des loups » Cycle 1, Livre 3 de Béatrice Bottet


Le Chant des Loups clôt le Cycle 1 du Grimoire au Rubis. Troisième livre donc, et troisième aventure pour Bertoul et la belle Blanche, devant défendre ce fameux grimoire tant convoité.

Après les aventures itinérantes, et la découverte de Paris au Moyen-Âge, Béatrice Bottet continue ici notre découverte de Moyen-Âge, en nous faisant vivre au sein d’un château. Blanche retourne donc dans son fief, au château de Vauluisant. Son expérience à la Cour du futur Saint-Louis, lui donne envie de moderniser son château : mettre des vitres aux fenêtres, élargir ces dernières, paver le sol et ainsi couvrir la terre battue, décorer et réchauffer l’intérieur à l’aide de tapisseries. Mais elle n’aura pas le temps de mettre en place toutes ces modernisations, son intendant ne voyant pas d’un bon œil qu’elle dilapide ainsi la fortune qu’il a scrupuleusement amassée.

L’intrigue de ce dernier livre du premier Cycle pêche un peu par la vraisemblance : quelques coïncidences notamment m’ont paru un peu grossière, comme la fait de retrouver un pauvre cabane perdue dans les bois depuis plus de dix. Mais ces quelques invraisemblances n’entament que très peu mon enthousiasme face à cette série.

Comme pour les autres livres, j’ai aimé me plonger dans le Moyen-Âge sur les pas de Blanche et de Bertoul, côtoyer une meute de loups, faire la connaissance de quelques Templiers ma foi assez sympathiques, bien qu’un brin autoritaires, et surtout en apprendre re un peu plus sur le mode de vie de ces hommes, pauvre, nobles ou religieux qui peuplent ce roman.

L’intérêt romanesque n’est pas non plus à négliger, puisque l’on en apprend un peu plus sur les parents de Bertoul, sur son origine et sa personnalité devient alors plus dense et intéressante.

Concernant ce premier Cycle qui englobe donc trois livres, le fil conducteur est bien évidemment le grimoire, sa transmission et sa protection, mais aussi l’enseignement qu’il donne à celui qui le possède et le lit. Ce qui donne aussi une unité à ce Cycle est bien évidemment le couple Bertoul et Blanche, des personnages qui se découvrent de plus en plus, laissant petit à petit éclore leurs sentiments, qui évoluent au cours de leurs aventures. Enfin, chaque livre fait la part belle à un animal de la nuit, un animal lié au Diable, du moins perçu comme tel au Moyen-Âge : les Hiboux, le Chat noir et enfin les Loups. Ces animaux sont souvent le prétexte pour expliquer les croyances de l’époque, mais des croyances qui demeurent encore vivaces de nos jours, avec plus ou moins d’intensité.

Une série jeunesse donc décidément intelligente et passionnante, que je ne peux que vous conseiller à nouveau.

Il me reste à présent à découvrir le Cycle 2, nouveau Cycle, et nouvelle époque (le XVIème) et nouveaux personnages, mais toujours ce Grimoire comme héritage. J’ai hâte !

Roman lu dans le cadre du Défi des 1000, du Challenge Moyen-Âge, du Challenge Littérature Jeunesse, sans oublier le Challenge Le Nez dans les livres puisque ce roman comprenant le mot Grimoire dans son titre.

« Le Grimoire au rubis : Le Sortilège du chat » Cycle 1, Livre 2 de Béatrice Bottet


Je poursuis allégrement ma lecture de la série de Béatrice Bottet Le Grimoire au rubis. Après Le Secret des hiboux, j’ai donc retrouvé Bertoul Beaurebec et Blanche de Vauluisant à Paris en 1232, où ils se sont installés depuis deux ans : Bertoul dans l’ancienne maison du mage Magnus Gurhaval, Blanche au Palais de l’Ile de la Cité, auprès d’Isabelle, soeur du Roi Louis IX, dit Saint Louis. Au palais, Blanche est sous la protection de sa marraine, Tiphaine de Fontegrive. Par une grâce du Roi, la jeune fille n’est plus sous la tutelle de ses frères, et peut disposer de sa terre de Valuisant quand elle le souhaitera. Mais quatre sorciers rôdent autour du Grimoire, et le jeune et peu sympathique Raoulet de Maulchagrin n’en a pas fini avec Bertoul.

Dans ce second livre, les héros se trouvent donc à Paris, alors que Notre-Dame est encore en construction. Les rues sont sombres, certains quartiers sont de vrais coupe-gorges, les portes de la ville sont fermées à la tombée de la nuit, les voleurs ont les oreilles coupées en sortant du Châtelet, on se réjouit de leur exécution quand ils récidivent, et les superstitions vont bon train.

Plus que dans le livre précédent, Béatrice Bottet use d’une plume humoristique, que j’avais déjà appréciée dans Le Grimoire maléfique. Ainsi les quatre sorciers sont quatre maladroits, apprentis sorciers ridicules mais méchants, qui se jalousent le Grimoire, et se disputent sans cesse. La sorcière Phelipote, toujours accompagnée de son chat noir qui griffe dès qu’il entend parler du Grimoire, est en cela très drôle, pipelette intarissable qui n’a qu’une idée en tête : tuer le jeune roi et sa mère.

Le personnage de Hennequin, ancien soldat devenu truand, m’a aussi beaucoup plu. J’ai aimé sa voix de stentor, ses entrées fracassantes, son aisance, et finalement son évolution au cours du roman. J’espère que je le retrouverai dans les livres suivants, j’avoue avoir un faible pour les truands repentis !

Parallèlement les sentiments entre Bertoul et Blanche évoluent, les doutes, les sous-entendus s’accumulent, mais leur rang social trop éloigné ne peut laisser espérer une alliance quelconque. Très proches, liés par les sortilèges du grimoire qui semble avertir Bertoul dès que la belle a besoin de son aide, les deux jeunes gens sont courageux, fidèles et valeureux.

Béatrice Bottet continue notre enseignement du Moyen-Âge : ses coutumes, comme l’ordalie, épreuve au cours de laquelle Dieu est censé désigner symboliquement qu’un accusé est innocent (ou non) (p.159), les jeux à la Cour, la peur du tonnerre et des éclairs, les incendies, l’usage des plantes, les différents vêtements etc.

Comme dans le premier livre, les péripéties sont nombreuses et je ne me suis jamais ennuyée au cours de ma lecture, engouffrant les 250 pages restantes ce matin sans même m’en rendre compte. Et quel plaisir de sortir d’un roman moins bête qu’à son ouverture. Reste un petit bémol, malgré quelques notes à la fin du roman, j’avoue que j’aurais aimé plus d’explications : un glossaire des mots expliqués en bas de page ; une notice sur Louis IX et Blanche de Castille, voire même un plan de Paris en 1232… quelques éclaircissements historiques supplémentaires m’auraient beaucoup plu, et me semblent encore plus nécessaires pour de jeunes lecteurs.

Mais ce n’est qu’un bémol sans importance au regard de tout le bien que je pense de cette série, et les romans sont aussi, après tout, de bon prétexte pour nous plonger dans les livres d’Histoire.

Livre lu dans le cadre du Challenge Moyen-Âge, du Challenge Littérature Jeunesse, sans oublier le Challenge Le Nez dans les livres puisque ce roman comprenant le mot Grimoire dans son titre.