« Armance » Stendhal


stendhal armanceArmance est le premier roman de Stendhal, publié en 1827. Il raconte l’histoire conjointe d’Octave de Malivert et d’Armance Zohiloff, sa cousine.

En préparant ce billet, je me suis rendue compte que le sujet-même de ce roman m’était passé totalement au dessus de la tête. En effet, Stendhal aurait souhaité traiter le problème de l’impuissance d’Octave. Je dois avouer que je n’ai absolument pas saisi les implicites, ce qui me contrarie beaucoup, ayant l’impression d’être, par là même, passé à côté du roman.

Octave de Malivert est un jeune homme désabusé, issu d’une famille sous la Restauration. Revenu de l’émigration, son père aspire à un dédommagement de deux millions qui permettrait alors à Octave de retrouver un rang acceptable dans la société. Sa cousine, Armance, orpheline, issue d’une famille résidant en Russie, est prise sous l’aile de Madame de Bonnivet, femme respectable qui tient salon à Paris. Entre Octave et Armance, qui se voient essentiellement dans le salon de Mme. de Bonnivet, nait un amour pur et puissant. Octave se refuse à l’amour pensant en être indigne, mais veut à tout prix rester digne de l’estime d’Armance, qui, pour lui, incarne la perfection.

Tout le roman est un chassé-croisé entre Octave et Armance, mêlé de quiproquos, de doutes et de malentendus.

Dans ce roman, Stendhal use d’un plume romantique compréhensible en 1827. Octave souffre du mal du siècle, l’amour y est comme désincarné et la fois pu et, inaccessible. Indécis, suicidaire, Octave est le héros romantique par excellence, encore loin de Fabrice Del Dongo ou de Julien Sorel, même si la notion de l’ambition est bien présente dans ce roman. Les références à Byron ou à Shakespeare confirment encore l’esprit romantique qui règne dans ce roman.

On devine le futur Stendhal dans ce premier roman qui, pourtant, en a aussi les faiblesses : des longueurs et des répétitions qui rendent le récit parfois un peu long. Pour une Grenobloise comme moi, certains éléments m’ont fait sourire comme cette proportion à donner aux personnages secondaires les noms des villes avoisinantes de Grenoble. Ainsi croise-t-on un valet nommé Voreppe, un Monsieur de Meylan ou encore une Madame de Claix. L’emprunte dans sa région est confirmée par le domaine de Malivert, terre d’Octave, que Stendhal situe délibérément dans le Dauphiné. Stendhal révèle ici son appartenance à sa région de naissance à travers ces noms, alors même qu’il fut, durant sa vie, souvent assez critique sur cette ville de province.

Stendhal dresse également un portrait de la France sous la Restauration et notamment de cette Noblesse qui tente de retrouver son rang avec les affres de la Révolution. Il y décrit les médisances, les intrigues, les rivalités en les opposant à la pureté des sentiments d’Octave et d’Armance. Le salon de madame de Bonnivet concentre tout l’esprit de cette époque.

Dans ce premier roman, se perçoit déjà le style stendhalien : l’ironie et la présence du JE du narrateur si symptomatique de ces autres romans :

Mais le lecteur est peut-être aussi las que nous de ces tristes détails ; détails où l’on voit les produits gangrenés de la nouvelle génération lutter avec la légèreté de l’ancienne. (p.250).

Même si, sans doute, certains éléments m’ont échappée, la lecture de ce roman m’a permis de renouer avec le XIXème siècle, d’en saisir à nouveau la profondeur, même si ce roman n’est sans aucun doute pas mon préféré de Stendhal. Il reste un roman intéressant qui donne une vision du grand auteur qu’il deviendra quelques années plus tard.

Roman lu dans le cadre du Challenge Stendhal, du Challenge PAL Noire – voire PAL des oubliettes -,  et du Challenge un classique par mois  et du Challenge Romantique.

challenge-stendhalobjectif PAL-001challenge romantiquechallenge un classique par mois