Les Colombes du Roi-Soleil : Retrouvailles à Versailles – Les Colombes fêtent leurs 10 ans !


Desplat-Duc les colombres 14Les Colombes du Roi-Soleil est une série incontournable de la littérature jeunesse vendue à plus d’un million d’exemplaires. Les Colombes fêtent cette année leurs 10 ans, l’occasion de célébrer l’événement royalement avec la parution d’un 14e tome qui met en scène des retrouvailles autour de Louise, la fille illégitime de Louis XIV ! Quelles colombes répondront présentes ? Comment se passeront les retrouvailles ?

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Bilan mensuel de lecture : Avril 2014.


logo-bilan-mensuel1Ce mois d’avril est un mois bien maigre, je vous l’annonce tout de suite. Plusieurs raisons à cela : le boulot, la succession de livres décevants et une méchante panne de lecture. Un trio perdant, donc. Cette fin de mois fut particulièrement désastreuse, avec une méchante impression que tout livre commencé m’ennuyait d’avance. Il faut dire que j’ai enchaîné les déceptions et rien de tel pour vous couper l’envie. La fatigue venant se rajouter à tout cela, je vous laisse imaginer le tableau. Même si depuis trois jours, la lecture d’un nouveau roman semble me remettre un peu le pied à l’étrier, l’envie de lire est encore convalescente.

Dans cette situation, il me semble toujours mieux comprendre alors les personnes affirmant qu’elles n’ont pas le temps de lire, voire qu’elles n’aiment pas lire. Car, finalement, cette capricieuse envie est intrinsèquement liée au choix d’un bon livre. La succession de livres bof bof ou pire, de livres ennuyeux use l’envie qui alors se fait gentiment la malle.

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« Les Colombes du Roi Soleil : Les comédiennes de Monsieur Racine, tome 1 » d’Anne-Marie Desplat-Duc et Mayalen Goust


desplat-Duc les colombes BD tome 1Souvent je fais des cadeaux intéressés, enfin surtout quand les cadeaux en question sont des livres. Lors du dernier Salon du livre jeunesse de Montreuil, j’ai eu le plaisir de rencontrer Anne-Marie Desplat-Duc, auteur de la série Les Colombes du Roi Soleil, ainsi que du livre Les Lumières du théâtre, que je vous incite fortement à lire et à offrir aux collégiens de votre entourage. Je n’ai pas (encore) lu la série des Colombes, mais son adaptation en BD, magnifiquement illustrée par Mayalen Goust, m’a tout de suite tentée. Noël approchant, je la destinais à ma petite nièce de 7 ans, mais, à la lecture, je me suis rendu compte qu’il faudrait sans doute attendre encore un an ou deux pour la lui offrir.

L’intrigue se situe à Saint-Cyr, célèbre institution voulue et créée par Madame de Maintenon, qui avait pour but de donner une éducation aux jeunes filles de la noblesse désargentée en les séparant de leur famille. L’auteur se focalise sur quatre jeunes filles : Hortense de Kermenet ; Isabeau de Marsanne ; Charlotte de Lestrange et Louise de Maisonblanche.

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Chacune a son histoire, son caractère, et ce premier tome pose les jalons, nous les présente progressivement laissant planer des interrogations, effleurant quelques mystères qui poussent le lecteur à vouloir en savoir plus.

A Saint-Cyr, l’éducation est stricte, fortement religieuse, et a pour aboutissement soit le mariage, soit le couvent. Quand on n’a pas d’argent, au moins faut-il avoir une éducation digne de son rang. Les jeunes filles se plient aux règles, mais en souffrent : le discipline ; le manque de contact avec leur famille ; l’humidité des lieux qui provoquent des maladies entraînant parfois la mort, etc.

Toutefois, un évènement va venir égayer l’institution. Racine, protégé de Madame de Maintenon, a écrit, sur commande, une pièce pour les jeunes filles de Saint-Cyr : Esther. Pièce religieuse, et donc éducative. Certaines d’entre elles auront la chance d’avoir un rôle, mais pour cela elles doivent apprendre par cœur toute la pièce. Pour l’une d’entre elle, ce sera la révélation d’une vocation.

Au-delà des aventures, des intrigues amoureuses et des personnages qui font de cette BD, une lecture prenante et intéressante, j’ai été surtout sensible aux références historiques et littéraires qui donnent une richesse à l’ensemble et permettent de s’instruire, de découvrir une époque tout en lisant une belle histoire.

Une BD, ce n’est pas qu’un texte, c’est bien sûr aussi des illustrations. Autant je n’aime guère les illustrations du roman, autant je trouve celles de cette BD très belles, fines, à la fois modernes et rendant bien compte de l’époque. Les jeunes filles, individualisée en partie par la couleur de leurs cheveux, sont belles, élégantes et propre à susciter l’identification des lectrices. D’ailleurs, je dois avouer que mademoiselle Charlotte, la brune, est sans doute ma préférée. On plonge réellement dans une époque, dans une atmosphère qui nous fait voyager dans le temps. Que ce soit les personnages ou les décors, tout est travaillé avec finesse, rendant cette BD aussi agréable à lire qu’à regarder.

desplat-duc les colombes BD tome 1 planche

C’est donc un vrai coup de cœur que j’ai ressenti pour cette BD autant pour l’histoire avec un petit h, que pour ce qu’elle dit de l’Histoire avec un grand h.

Lu dans la cadre du Challenge Cartable et tableau noir.

challenge cartable et tableau noir

« Les Lumières du théâtre : Corneille, Racine, Molière et les autres » d’Anne-Marie Desplat-Duc


En cette période de rentrée scolaire, où tant de collégiens et lycéens vont aborder le théâtre du XVIIème siècle, voici un livre que tous les parents, si ce n’est les enseignants, devraient placer sur la table de chevet de leurs enfants. Bien que destiné à de jeunes lecteurs à partir de 11 ans, ce livre peut être lu à tous les âges, tant il regorge d’informations, et d’anecdotes sur des auteurs que l’on a trop souvent tendance à ne percevoir que d’un point de vue bêtement scolaire.

Le grand mérite d’Anne-Marie Desplat-Duc, que l’on connaît pour sa série Les Colombes du Roi Soleil, fait pénétrer son lecteur dans l’intimité créatrice de Corneille, Molière ou Racine, sans oublier La Fontaine ou Boileau, et c’est un régal. Tout à coup ces auteurs nous apparaissent vivants, dépoussiérés, leurs œuvres prennent une autre signification car sont envisagées du point de vue des auteurs : ils y mettent leurs espérances, leur esprit de vengeance ou leur désir de plaire au Roi, Louis XIV.

Anne-Marie Desplat-Duc se concentre sur une période précise allant de 1637 à 1680, soit de la création du Cid de Corneille, à la création de la Comédie-Française. En alternant les chapitres consacrés chacun, en alternance, aux quatre auteurs pré-cités, Anne-Marie Desplat-Duc nous fait partager leurs joies et leurs déceptions, leur amitié mais aussi leurs rivalités. Soudain, ils ne sont plus de simples noms mais ils prennent vie, ils se rencontrent, notamment dans des cabarets, ils fréquentent les mêmes femmes, essentiellement des actrices belles et infidèles, ils parlent entre eux de leurs œuvres, de leurs difficultés à écrire, à trouver des mécènes, à entrer dans les grâces du Roi. Et c’est un monde que l’on découvre. J’ai fait des études de lettres, et pourtant c’est la première fois que j’entends parler de l’amitié entre Molière et Boileau, par exemple.

Ce livre m’a plu (je pense que vous vous en doutiez un peu déjà!) parce qu’il donne une vision nouvelle de ces auteurs, il les rend accessibles, compréhensibles, il les montre vivants (c’est l’âge je me répète, mais c’est pourtant exactement le terme) et souvent assez différents de ce que l’on pouvait s’imaginer de leur personnalité à la lecture de leurs œuvres. Ainsi Racine m’a toujours semblé assez austère, rigoriste, alors qu’Anne-Marie Desplat-Duc le montre comme un homme aimant la nuit et ses plaisirs, et particulièrement ambitieux pour ne pas dire arriviste. Molière, que je connais un peu mieux, m’a beaucoup touchée dans le portrait qu’en fait l’auteur : ami fidèle, dévoué souvent trahi, il est montré comme un fou de théâtre, à la fois dramaturge, acteur, metteur en scène, chef de troupe, veillant aux moindres détails des mises en scène et du jeu des acteurs, inventif aussi quand il crée les fameuses comédies-ballets avec Lully. Corneille est l’homme du passé, sans cesse en lutte contre le jeune Racine qui n’aspire qu’à prendre sa place et à être reconnu comme le seul auteur de tragédies. Ou encore La Fontaine, le malchanceux.

Parallèlement, et en suivant la création des différentes pièces des uns et des autres, Anne-Marie Desplat-Duc nous explique le théâtre de l’époque, évoque les grands acteurs et actrices de ce XVIIème siècle, montre les rivalités entre l’Hôtel de Bourgogne et le Palais-Royal, le théâtre de Molière. Elle dresse aussi, en filigrane, le portrait d’un Roi friand de divertissements, parfois généreux ou parfois refusant la grâce. La lutte de chaque instant pour produire des pièces somptueuses, l’espoir de plaire au Roi et de pouvoir vivre ainsi de leur métier. Elle dit aussi, ou rappelle, cette sombre condition des dramaturges et des comédiens voués à la fausse commune s’ils ne renoncent, sur leur lit de mort au métier qui fut le leur. Elle nous parle enfin de leur vie d’homme, les mariages, les infidélités, la mort des enfants.

Ce livre est enfin une bonne nouvelle dans ma traversée des lectures bof-bof, une vraie bouffée d’air qui me donne envie de relire toutes ces pièces évoquées au fil de ses pages.

Merci aux Éditions Flammarion Jeunesse et à Brigitte G. pour sa confiance.

Livre lu dans le cadre du Challenge Biographie.