« La Dame pâle » Alexandre Dumas


Encore une lecture commune faite avec Cynthia elle-même organisatrice du fameux Challenge 2€.

Cette nouvelle de Dumas mélange allègrement roman fantastique, gothique, romantique… quoique finalement ces 3 termes soient presque synonymes !

La belle Hedwige est recueillie par deux frères : le bel Grégoriska et le sombre et étrange Kostaki. Tous les deux sont bien sûr amoureux de la belle mais le coeur d’Hedwige penche pour Grégoriska. Dans un château perché dans les Carpathes, se nouent à la fois  un drame amoureux et une rivalité fraternelle. Qui l’emportera ?

Le récit est mené, rétrospectivement, par Hedwige elle-même pour expliquer la raison de son extrême pâleur. Tout concourt à mener le lecteur dans un état de tension, d’angoisse et en cela Dumas se rapproche ici du style gothique à la Ann Radcliffe. L’autre figure féminine, la mère, est tout aussi étrange que ses fils, ne cessant de répéter à l’oreille d’Hedwige : « Kostaki vous aime ».

Alexandre Dumas construit parfaitement une nouvelle ramassée sur elle-même et efficace. La vogue pour le vampirisme depuis le célèbre Fascination de Stephanie Meyer devrait en séduire plus d’une. Cependant Dumas est davantage fidèle à la légende traditionnelle du vampire, liée aux pays de l’Est. Mais il file la métaphore du désir en nommant la morsure « baiser du vampire ». Il ne se départ donc pas à la fois de la légende et de la métaphore liées au vampirisme. Kostaki, par sa pâleur, son étrangeté, l’angoisse qu’il procure, est un digne représentant du vampire dévoré par le désir, en cela fidèle au romantisme. Les deux frères sont donc une représentation symbolique, à la fois de l’amour pur et du désir dévastateur.

Dumas, par cette nouvelle, se rapproche donc plus de la version romantique du vampire, telle que Théophile Gautier l’exploite à son tour dans La Morte amoureuse, même si, dans le roman de Gautier, le vampire est une femme.

Une lecture donc agréable que l’on peut mettre en parallèle avec l’oeuvre de Meyer !

NOTE : 8/10