Descente en librairie… le grand retour !


Ma PAL se porte toujours aussi bien, je vous remercie, d’ailleurs quelques petits nouveaux sont venus l’alourdir un peu. Elle n’avait pas besoin de ça, me direz-vous, mais quand l’été et les vacances arrivent l’envie de lire se fait pressante et la frénésie d’achat reprend de plus belle. C’est un peu comme si j’oubliais que j’avais des centaines de livres dans ma PAL… Il faut dire aussi que je suis toujours très optimiste en début de vacances, il y a en moi  la certitude que je vais parvenir à lire 100 livres en deux mois alors qu’en fait si j’en lis 20, ce sera bien le bout du monde, et que surtout je ne lis même pas 100 livres par an. Mais bon, je fais fi de tout cela.

Alors quoi de neuf ?

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« Certaines n’avaient jamais vu la mer » Julie OTSUKA


otsuka certainesCe roman de la Rentrée Littéraire 2012 a été très remarqué lors de sa sortie, remportant même le Prix Fémina étranger cette même année. Dans la sélection du Prix du Club des Lectrices, je l’ai donc acheté ce week-end et lu dans la foulée sans même un petit arrêt dans la PAL !

L’histoire se déroule durant la première moitié du XXe siècle. Au début de ce siècle, plusieurs japonaises ont pris le bateau vers les États-Unis afin de rejoindre des hommes installés là-bas et avec lesquelles elles se sont mariées sur photo et lettres mensongères. Une fois arrivées aux USA, ces jeunes femmes, parfois à peine sortie de l’adolescence, vont vite comprendre qu’elles ont été trompées.

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« La vie à deux » Dorothy Parker


parker la vie à deuxCe recueil de nouvelles (recueil que j’avais pris pour un roman) est dans ma PAL depuis août 2010, oui bientôt 3 ans, autant vous dire que je suis bien contente de l’en faire enfin sortir. Ce livre est l’exemple de ces ouvrages que j’achète un peu par hasard, parce que je trouve la couverture très belle et que le sujet me parle. Cette lecture fut donc une réelle découverte, et une découverte très heureuse.

Pourtant, quand je l’ai ouvert et ai découvert qu’il s’agissait de nouvelles, mon enthousiasme a été un peu freiné. Je ne suis pas une grande fan des nouvelles, vous le savez, mais, dès la première nouvelle, j’ai senti que j’allais aimer ce livre.

Dorothy Parker est née et morte aux Etats-Unis (1893-1967), auteure et scénariste (elle a collaboré aux scénario d’Une étoile est née ou encore à des films d’Otto Preminger et d’Alfred Hitchcok), elle fut aussi chroniqueuse littéraire au New-Yorker.

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« Cranford » Elizabeth GASKELL (LC)


gaskell cranfordDisons pour commencer, que Cranford est aux mains des Amazones ; au-dessus d’un certain loyer, ses demeures ne sont occupées que par des femmes. (p.7)

Dès cette première phrase, le ton est donné. Le roman est constitué de chapitres narrant chacun une anecdote s’étant déroulée à Cranford. La narratrice est une jeune femme qui rend régulièrement visite à son amie Miss Maty Jenkyns, et cela durant plusieurs années. Hébergée par son amie, elle est au centre de tout ce qui se dit dans ce petit village. Les ragots et les histoires des unes et des autres atterrissent toujours, par l’intermédiaire d’autres amies, dans le salon de Miss Maty. Ainsi, au fur et à mesure des chapitres, suivons-nous les aventures sentimentales, pécuniaires ou sociales des habitantes de Cranford.

Comme dans Les Confessions de Mr Harrison, le ton est satirique, un humour très anglais qui m’a également fait penser aux romans d’Agatha Christie mettant en scène Miss Marple. S’il n’est pas question de meurtre et d’enquête policière dans le roman de Gaskell, le principe selon lequel de vieilles filles de la bonne société sont au courant de tout sans sortir de chez elles est le même.

Dans ce village où les femmes issues de la bonne société sont majoritaires, les codes sociaux sont très prégnants : on ne parle pas d’argent dans la rue ; on ne fait pas état de ses sentiments ostensiblement ; on prend soin de bien s’habiller pour recevoir ses amies pour le thé de l’après-midi, on dissimule ses menues économies, etc. La plupart des confessions et des révélations se fait, bien sûr autour d’un thé tout en jouant aux cartes. L’entre-aide, la compassion sont des vertus souvent valorisées. L’amitié entre ses femmes est forte et belle.

Le regard de la jeune narratrice sur ses amies de Cranford est quelque peu distancié. N’habitant Cranford que de façon épisodique, à chacune de ses nouvelles visites elle prend connaissance des nouvelles péripéties qui ont agité le village tout en en racontant la suite. Bien que clairvoyante et parfois quelque peu ironique sur les comportements de ses amies, ses commentaires sont toujours charitables. La voix de la narratrice peut être associée à la voix de l’auteure elle-même.

Dans ce roman, Gaskell donne une vision ironique du mariage qui apparaît bien souvent comme le plus grand maux qui risque de toucher la femme :

– Se marier ! s’écria encore une fois Miss Maty. ça alors ! Cette idée ne m’était même pas venue. Deux personnes que nous connaissons vont se marier ensemble. Le danger se rapproche ! (p.219)

L’homme est souvent perçu uniquement que comme un défenseur potentiel de la femme ou un être capable de résoudre les problèmes d’intendance. La société féminine de Cranford se satisfait parfaitement d’elle-même. Ces femmes vivent leur célibat avec bonheur et le mariage est dénoncé comme la pire chose qui puisse leur arriver. Cette dénonciation toute ironique du mariage si elle fait sourire bien souvent n’en est pas moins efficace. Certes ces charmantes dames nous apparaissent quelque peu superficielles, n’étant préoccupées que des ragots de village, de leur tenue et de leur tricot, et en cela nous pourrions y lire également une critique de cette bonne société, mais Gaskell insiste sur leur bon cœur, la fidélité de leur amitié ainsi que sur leurs conditions de vie souvent difficiles (manque de revenu, regret de la maternité, tristesse de la perte de leurs proches). Ces femmes acceptent leur sort et s’en contentent, il n’y a pas chez elles de revendications féministes ou d’engagement particulier. Gaskell dresse un portrait social d’une certaine société de province avec humour et tendresse.

Ce roman, parfois un peu bavard cependant, est souvent drôle et l’on s’attache à toutes ces femmes. L’espace de quelques pages, nous vivons aussi à Cranford et participons à leurs histoires avec bonheur.

Merci à Titine grâce à qui j’ai reçu ce roman lors d’un concours en partenariat avec 10/18.

Cette lecture s’est faite dans le cadre d’une grande LC. Pour connaître les avis des participantes suivantes, il vous suffira de cliquer sur les liens (cependant les liens parviendront petit à petit au cours de la journée, donc il vous faudra un peu de patience, d’autre part, certaines qui avaient déjà lu Cranford ont opté pour un autre roman de Gaskell) : LouVirgule – Valou – Céline – Emma – Solenn – Sharon – Alexandra – Paulana – Emily – Titine Plumetis Joli – Anis Syl. – ClaudiaLucia – Christelle – Jelydragon

Roman lu également dans le cadre du Challenge God save the livre et du Challenge Victorien.

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« L’étrangleur de Cater Street » d’Anne Perry


Quand une envie subite et irréfléchie survient, il faut l’écouter. C’est ainsi qu’un matin, j’ai eu l’envie irrépressible de lire ce roman d’Anne Perry qui pourtant somnolait doucement dans ma PAL depuis plusieurs mois ! Pour assouvir cette envie, il a d’abord fallu ranger ma PAL, mais qu’importe.

L’Etrangleur de Cater Street est le premier tome des aventures de Charlotte et Thomas Pitt. Il m’importait de commencer par le premier pour être à la source, même si, chaque roman de la série peut se lire indépendamment. Ainsi donc, dans ce tome Charlotte porte encore le nom de son père : Ellison. Dans cette Angleterre victorienne, Charlotte, si franche et libre, a du mal à se plier aux règles du savoir-vivre féminin. Elle lit en cachette les journaux, curieuse de ce qui se trame dans Londres, et cela, malgré l’interdiction paternelle.

Sa vie va être bouleversée par plusieurs assassinats commis dans la même rue (Carter Street), et par l’arrivée de l’inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard. Plus qu’un polar historique, ce roman est une réelle plongée dans l’Angleterre Victorienne, et Anne Perry montre aussi bien le rigorisme appliqué à la condition féminine, à travers la grand-mère de Charlotte, vieille femme à cheval sur les principes et particulièrement désagréable, que l’émergence d’une certaine revendication à travers le personnage-même de Charlotte. Les femmes de la bonne société, en cette fin du XIXème siècle, passent leur temps en bonnes œuvres, et occupations domestiques, mais Charlotte rêve d’autre chose, et se sent une âme aventureuse.

L’intrigue policière avance doucement, et n’est pas bien compliquée à résoudre.Toutefois certaines réflexions sont intéressantes, notamment le fait que les gentlemen n’envisagent qu’un assassin issu des bas fonds, et ne peuvent concevoir que le criminel fasse partie de leur monde. Les femmes apparaissent comme sur protégées par les hommes, comme des enfants auxquels on cache la réalité du monde et que l’on maintient dans un statut puéril et superficiel. De leur côté, les hommes bénéficient d’une grande liberté, et se rendent régulièrement à leur Club pour fuir le foyer et les conflits conjugaux.

Anne Perry nous intéresse également au sort de ces hommes et ces femmes au service des bonnes familles. Ces servantes et serviteurs qui sont comme transparents, auxquels personne ne s’intéresse, et dont l’histoire de leur vie reste inconnue. Ils apparaissent comme des êtres interchangeables alors même que les familles les côtoient tous les jours.

J’ai donc été essentiellement intéressée par cette description de la bonne société victorienne, sans toutefois me désintéresser de l’intrigue policière. Chaque visite de Thomas Pitt est là pour raviver l’intérêt, et l’on suit, avec tendresse, les sentiments qui naissent entre Charlotte et Thomas, qui, pourtant, appartiennent à deux classes sociales opposées.

Une belle découverte donc qui a été renforcée par la rencontre de l’auteur au Salon du Livre.

Roman lu dans le cadre du Challenge Anne Perry, du Challenge Polar Historique et du Challenge Victorien. Ainsi que dans le cadre d’une LCI (Lecture commune involontaire) avec mon amie Asphodèle.