« Paysage perdu » Joyce Carol OATES – Rentrée Littéraire 2017


Il me fallait bien un livre de Joyce Carol Oates pour rompre le silence de ce blog. Pourtant durant ce mois et demi d’absence, j’ai lu de bons romans dont je vous parlerai sans doute dans les jours à venir car ce serait dommage de n’en pas parler, mais pour Paysage perdu en parler est un besoin.

Joyce Carol Oates est l’écrivain contemporain qui tient une place centrale dans mon musée personnel. Je l’ai découverte à peu près en même temps que j’ai ouvert ce blog et c’est d’ailleurs grâce aux blogs que j’ai commencé à la lire avec le roman Nous étions les Mulvaney qui fut un réel choc littéraire. Depuis j’ai lu plus d’une dizaine de ses œuvres (romans et nouvelles) et il m’en reste sans doute plus du triple à lire tant elle est prolixe. Paysage perdu n’est pas un roman, mais n’est pas non plus réellement une autobiographie comme elle s’en explique dans la postface :

« Le premier principe pour écrire des souvenirs est la « synecdoque ». Une partie symbolique est choisie pour représenter le tout. » (p.413) ; « nos vie ne sont pas des romans, et les raconter comme des récits revient à les déformer. » (p.411).

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« Mon autopsie » Jean-Louis FOURNIER – Rentrée Littéraire 2017.


Je n’avais jusqu’à présent jamais rien lu de Jean-Louis Fournier, même si je me souviens bien du succès qu’il avait rencontré à la publication de son livre : Où on va, papa ? qu’il avait consacré à ses deux garçons handicapés. Je ne l’aurais pas nécessairement lu si je n’avais reçu, dans le cadre du Comité de lecture Cultura auquel j’ai participé en juin, ce nouveau roman, ou plutôt cette autobiographie.

Sur le mode du « Je me souviens » de Georges Pérec, Jean-Louis Fournier confie ses souvenirs, se lance dans une introspection d’une façon originale : mort, l’auteur a confié son corps à la science, chaque membre disséqué est l’occasion de plonger dans ses souvenirs, de savoir ce qui se cache dans sa tête, ses mains, son ventre. Egoïne est chargée de le découper en morceau.

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« Ces rêves qu’on piétine » Sébastien SPITZER – Rentrée Littéraire 2017.


Ces rêves qu’on piétine est un premier roman dont on entend déjà beaucoup parler alors même qu’il vient de sortir en librairie aujourd’hui. Je l’ai lu en juin, il faisait parti des romans présélectionnés et que j’ai reçus dans le cadre du comité de lecture Cultura auquel j’ai participé. De tous les romans reçus pour ce comité, il est incontestablement celui qui m’a le plus bouleversée et qui continue à me marquer.

L’intrigue se situe aux derniers jours du IIIe Reich, en avril 1945. Les hauts dignitaires sont réfugiés dans le bunker de Hitler, parmi eux Magda Goebbels, la femme la plus célèbre du Reich, la plus adulée. Parallèlement, Ava, trois ans, petite fille du KZ-Bordell d’Auschwitz qui fuit avec sa mère et qui n’a jamais connu que le camp. Elle se retrouve dépositaire d’un rouleau en cuir contenant les lettres d’un père à sa fille, un père raflé parmi les premiers et qui n’a jamais cessé d’écrire ses lettres jusqu’à sa mort. Qui est ce père ? Richard Friedländer, le père de Magda.

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« Mademoiselle, à la folie! » Pascale LECOSSE – Rentrée Littéraire 2017.


Si je fais paraître ma chronique sur ce premier roman aujourd’hui, je l’ai lu cependant fin juin. Il faisait partie des romans reçus dans le cadre du comité de lecture Cultura auquel j’ai eu la chance de participer. Ce qui est grisant quand on participe à une telle opération, c’est que rien n’est paru, on ne sait rien, parfois même pas le sujet du roman. On est un peu comme un premier lecteur, on arrive vierge de toute opinion, de toute influence. C’est parfois aussi un peu déstabilisant.

Pascale Lécosse, dans Mademoiselle, à la folie, nous entraîne dans les pas et surtout dans la tête de Catherine, star du cinéma à qui tout réussit et qui semble tout avoir. Elle est la maîtresse de Jean, ministre marié, et assistée de Mina, ancienne journaliste de télévision, totalement dévouée au bien-être de l’actrice. Mais depuis quelques temps, Catherine a des absences, des blancs, certains visages lui semblent inconnus : « J’ai un mal gourmand qui me transforme en rosier stérile », dit-elle (p.74).

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« Dire, ne pas dire : du bon usage de la langue française – volume 3 » par l’Académie Française


dire-ne-pas-direL’Académie Française, il y a cinq ans, ouvrait une rubrique « Dire, ne pas dire » sur son site. Sa volonté, comme l’explique Yves Pouliquen dans la préface était d’ « ouvrir une rubrique où l’on mettrait […] des emplois fautifs, des extensions de sens abusives, des néologismes et anglicismes qui envahissent les ondes, la presse et la conversation, ce qui se disait et ce qu’il fallait dire. » Les volumes 1 et 2 proposaient un large éventail de ces rectifications toutes très enrichissantes. J’avais d’ailleurs écrit une chronique sur le volume 1.

Ce volume 3 reprend le même principe, mais présente une nouveauté. Il répond également à des questions plus générales sur la langue française, comme la féminisation de la langue, l’importance de l’étymologie, etc.

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« Les Lois de l’apogée » Jean Le Gall – Rentrée Littéraire 2016 – #10


le-gal-les-loisIl n’est jamais trop tard pour lire un roman de la Rentrée Littéraire même si celle de janvier commence à poindre son nez. Paru chez Robert Laffont en août, ce roman nous plonge dans la vie de Jérôme Vatrigan. En 1988, il a vingt-trois ans et vient de recevoir le Prix Goncourt. Sur des cassettes TDK, il s’enregistre, raconte sa vie. Jusqu’en 2014, le lecteur suit son destin ainsi que celui de sa femme, Greta Violante, au nom révélateur, et de son frère, Antoine, un chirurgien de renom qui brigue les responsabilités politiques.

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Premières Lignes #21


premières_lignesRendez-vous initié par Malecturothèque

Ah les vacances ! La pression qui retombe, le réveil que l’on désactive, toute culpabilité de traîner au lit le matin qui s’envole, l’esprit qui se libère… Après une période de lecture ado, j’ai replongé ce matin dans un roman paru cet été pour la Rentrée Littéraire. Il patientait gentiment en attendant son tour. Je me promettais de la lire à Noël après en avoir entendu beaucoup de bien dans l’émission ça balance à Paris, il y a déjà quelques semaines. J’attendais d’avoir le temps et le cerveau plus disponible.

En voici donc les Premières Lignes…

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« Cognitum » Stefan PALK – Rentrée Littéraire 2016 – #9


palk-cognitumCognitum nous plonge dans un futur qui ne serait pas si loin du nôtre. Dans cet avenir proche, les technologies se sont développées et de nombreuses recherches sont faites sur le cerveau et son extension. Tout commence par la mort d’une jeune femme. Son cerveau a explosé alors qu’elle jouait à jeu en trois dimensions. Le lieutenant de la PJ, Yann Braque est chargé de l’affaire. Parallèlement, Maxime Barelli, capitaine des forces spéciales, est envoyée en mission en Afrique : un commando de l’armée a été dessimé de façon extrêmement violente, voire barbare.

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« Chanson douce » Leïla SLIMANI – Rentrée Littéraire 2016 #8 – Prix Goncourt


slimani-chanson-douceMyriam et son mari, parents de deux jeunes enfants, Milla et Adam, couple parisien, installé. Des enfants encore petits, et sa vie de femme au foyer qui finit par peser à Myriam. Une rencontre inopinée, lui remet le pied à l’étrier : et si elle reprenait son métier d’avocate ? Après plusieurs castings infructueux, le couple tombe sur la perle : Louise. Elle répond à tous les critères du couple et plus encore. Petit à petit Louise s’immisce dans leur vie, devient indispensable.

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« Edmond » Alexis MICHALIK – Rentrée Littéraire 2016 #7 – Théâtre


michalik-edmondCyrano et moi, c’est une longue histoire d’amour. J’ai vu la représentation de la pièce avec Weber, j’ai vu le film de Rappeneau plusieurs fois, j’ai étudié la pièce quand j’étais en 3ème (j’en avais appris la fameuse tirade du nez); je l’ai fait en classe avec ma classe de 4ème l’an dernier et je la refais cette année. Bref, je connais la pièce presque sur le bout des doigts, alors quand une attachée de presse m’a proposé de lire la pièce d’Alexis Michalik, vous pensez bien que je n’ai pas résisté très longtemps.

Edmond Rostand vient de faire un four avec sa pièce La princesse lointaine. Endetté, il cherche à convaincre Coquelin, le plus grand acteur de l’époque de jouer dans sa prochaine pièce, qu’il n’a non seulement pas écrite mais dont il ignore encore le sujet. Or pour convaincre Coquelin, il faut avoir un sujet et un rôle à sa hauteur. Sauf que l’inspiration semble s’être envolée ainsi que sa confiance en lui. Et puis, voilà que son ami Léo tombe amoureux d’une petite costumière très jolie, Jeanne, qui a les yeux qui brillent quand on lui parle des vers d’Edmond. Au fil des rencontres, des situations, notre dramaturge va écrire sa pièce : Cyrano de Bergerac.

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