« Avec vue sur l’Arno » E.M. FORSTER


forster ArnoCe roman de E.M. Forster était dans ma PAL depuis 2010, mais j’ai découvert que je l’avais déjà acheté plus de vingt ans auparavant, peu de temps en fait après la sortie du film en 1986. Autant vous dire que cela fait 28 ans que je projette de le lire ! Pourquoi avoir autant attendu et pourquoi l’avoir acheté trois fois (en 1986, en 2010 et l’an dernier) ? Je crois que la raison principale vient du fait que j’aime tellement l’adaptation cinématographique de James Ivory que j’appréhendais la lecture de ce roman, par peur d’être déçue, de ne pas retrouver toutes les émotions que ce film sublime et complet me procure. Je me suis enfin décidée puisque ce roman est sur la liste du Prix des Lectrices 2014 (proposé par Miss G.).

Lire un roman dont on connaît par coeur l’intrigue et les répliques est une expérience particulière que j’apprécie peu en général, le roman étant souvent plus dense que l’adaptation cinématographique. C’est la troisième fois que je me trouve dans cette situation : la première pour Raison et sentiments de Jane Austen et la deuxième pour La Ferme africaine de Karen Blixen. Cela m’avait gênée pour Raison et sentiments, mais pour La Ferme africaine j’avais eu l’impression que livre et film se complétaient merveilleusement !

Pour le roman de Forster, je dois dire que mes craintes se sont révélées justes en partie.

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« Les locataires de l’été » Charles SIMMONS (Prix des Lectrices 2014).


simmons les locatairesMichael, narrateur de l’histoire, revient sur l’été 1968 : C’est pendant l’été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya (p.13). Cette première phrase, détachée du paragraphe suivant, illustre, dès l’ouverture, l’opposition entre le bonheur ressenti grâce aux premiers sentiments amoureux et le drame vécu par la mort du père. Dans les deux cas, elle témoigne déjà du changement qui va s’opérer, en l’espace d’un été, chez ce jeune homme sortant à peine de l’enfance.

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Bilan mensuel de lecture : Octobre 2013.


Octobre fut un mois très riche en lectures : le Marathon de lecture organisé par Karine, Lou et Hilde, la lecture des derniers livres sélectionnés pour le Prix des Lectrices organisé par Le Club des Lectrices, entre autres. Après plusieurs mois passaient à privilégier les livres de la Rentrée Littéraire, octobre m’a permis de revenir un peu plus à « mes » livres et donc à accentuer mon retard dans la lecture des romans récemment parus. Ce retour à ma PAL m’a fait beaucoup de bien, notamment parce que j’ai pu extraire plusieurs romans que je me promettais de lire depuis au moins trois ans.

Riche donc, tel est le mot puisque pour la première fois (je crois) j’ai dépassé les 3000 pages lues (3223 pour être exacte) et ai atteint le nombre de 15 livres lus, dont voici le détail.

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« A défaut d’Amérique » Carole ZALBERG


zalberg à défaut d'AmériqueTout commence par l’enterrement d’Adèle, dite la Française, et auquel assiste Suzan. Dans ce roman composé de deux récits parallèles, Carole Zalberg dresse le portrait d’Adèle issue d’une famille juive qui s’était installée à Paris après la Première Guerre Mondiale. Paris plutôt que l’Amérique, un peu par hasard, mais un hasard qui va peser lourd sur son destin. Deux récits donc, deux voix : l’une de Suzan, américaine, fille de Stanley, et l’autre de Fleur, arrière petite-fille d’Adèle. L’une et l’autre vont, à leur façon et selon leur vie, raconter ce qu’elles savent d’Adèle.

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« Le Boulevard périphérique » Henry BAUCHAU


bauchau boulevardJe ne vais pas vous mentir, Le Boulevard périphérique est un roman sombre, angoissant que je n’aurais sans doute jamais lu sans l’impulsion du Prix des lectrices et donc sans cette proposition suggérée par Delphine. Et j’aurais sans doute eu tort. Ce fut presque un mal nécessaire, une plongée dans ce que l’on peut redouter de pire, mais écrit avec une telle intelligence que l’on ressort de ce livre comme réconcilier avec ses angoisses.

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« Suite française » Irène NEMIROVSKY


némirovsky suite françaiseComment parler de ce roman sans parler du destin tragique d’Irène Némirovsky ? Et peut-on lire ce roman sans penser au destin d’Irène Némirovsky ? Pour tout vous dire, je vous avoue que la couverture avec la photo de l’auteur me gêne un peu. Car finalement elle met plus l’accent sur l’histoire de l’écriture de ce roman et du manuscrit, que sur le roman lui-même. Généralement quand on met le portrait d’un auteur en couverture d’un livre, c’est que ce livre est une biographie ou une autobiographie, or là il n’est pas question de cela. Dans ce roman Irène Némirovsky ne raconte pas SA vie, elle raconte l’exode, et l’arrivée de l’armée allemande en France dans les années 40. Et je vous dirais même que si j’ai souvent hésité à lire ce roman c’est que je pensais qu’il s’agissait d’une sorte d’autobiographie et connaissant l’histoire de l’auteure, son arrestation, sa déportation et sa mort à Auschwitz en 1942, je ne m’en sentais pas capable. La lecture de ce roman fut donc une vraie découverte et au fil des pages le poids de l’appréhension s’en est allé.

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« Certaines n’avaient jamais vu la mer » Julie OTSUKA


otsuka certainesCe roman de la Rentrée Littéraire 2012 a été très remarqué lors de sa sortie, remportant même le Prix Fémina étranger cette même année. Dans la sélection du Prix du Club des Lectrices, je l’ai donc acheté ce week-end et lu dans la foulée sans même un petit arrêt dans la PAL !

L’histoire se déroule durant la première moitié du XXe siècle. Au début de ce siècle, plusieurs japonaises ont pris le bateau vers les États-Unis afin de rejoindre des hommes installés là-bas et avec lesquelles elles se sont mariées sur photo et lettres mensongères. Une fois arrivées aux USA, ces jeunes femmes, parfois à peine sortie de l’adolescence, vont vite comprendre qu’elles ont été trompées.

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« Du domaine des murmures » Carole Martinez


martinez du domaine des murmuresDepuis le temps que l’on me parlait de ce roman, il a fallu qu’il vienne s’inscrire dans la sélection du Prix des Lectrices pour que je le lise enfin. On a sans doute déjà tout dit sur ce roman et je crains que mon avis ne soit guère original, mais j’essaie quand même.

Esclarmonde, refusant de se marier avec Lothaire, homme réputé pour trousser les jupons, demande à être emmurée et de vivre sa vie en recluse, une vie qu’elle dédie désormais à Dieu. Dans une petite geôle annexée à la chapelle Saint-Agnès, du château des Murmures, elle aura droit à une fenestrelle entravée de barreaux. Ne faisant pas vœu de silence, les gens du château ou des environs pourront venir lui rendre visite. La veille de pénétrer à jamais dans sa cellule, elle est violée, mais tait le forfait pour n’avoir pas à renoncer à ses vœux. (suite…)

« La Folie du Roi Marc » de Clara DUPONT-MONOD


dupond-monod folie du roi marcDans le cadre du Prix des Lectrices organisé par le Club des lectrices dont je fais partie, je viens de finir ce roman, paru en 2000, coup de coeur de l’année 2012 de Lili Galipette.

Clara Dupond-Monod reprend la légende médiévale de Tristan et Yseut en mettant l’objectif sur le Roi Marc, époux d’Yseut. Par un récit en focalisation interne, l’auteure décrit les affres de cet homme et de ce roi trompé à la fois par sa femme et par son neveu, voire fils adoptif, Tristan. Double trahison donc qui entraîne dans l’âme tourmentée de Marc des sentiments contradictoires où se mêlent à la fois amour marital, amour paternel, jalousie et haine.

Reprenant le schéma narratif de la légende avec ses moments clefs (schèmes) (le philtre ; les lépreux ; la traversée du gué d’Yseut à califourchon sur Tristan déguisé en mendiant ; le mariage de Tristan avec Yseult aux Blanches Mains ; les voiles etc.), Clara Dupond-Monod fait la part belle à celui que la légende a souvent négligé le confinant dans le rôle du mari trompé et berné par les stratagèmes des deux amants. Marc raconte donc son histoire pour ne pas être oublié de la légende, pour exister et exprimer ses douleurs de mari et de père.

L’idée est séduisante. Ayant étudié la version de Béroul durant mes années de fac, replonger dans cette légende me plaisait assez. Cependant cette lecture m’a profondément ennuyée. J’ai vu dans la reprise de la légende de Tristan et Yseut qu’un prétexte à écrire sur un sujet déjà éculé en littérature et l’introspection de Marc m’a très vite lassée. Les répétitions sont nombreuses dans le récit (les descriptions figées d’Yseut ; Marc couché auprès d’Yseut et voulant la toucher, etc.), la multiplication des termes du Moyen-Âge pour faire médiéval m’a semblé surfaite d’autant que plusieurs passages avaient, au contraire, des accents d’anachronisme dans l’expression de la douleur de Marc menant à la folie.

Certes il s’agit d’une réécriture moderne d’une légende ancestrale voire d’un mythe, et chaque réécriture est une trahison. Clara Dupont-Monod a su rendre compte de l’esprit courtois de la littérature du Moyen-Âge (on suppose donc qu’elle s’est davantage inspirée de la version de Thomas d’Angleterre), dans certains passages la phrase a quelque chose des vers anciens, la voix de Marc rappelle l’origine orale de la légende… mais je n’ai pas été convaincue. Ce récit m’a semblé un peu vain.

Le seul intérêt est cette focalisation interne et ce changement de point de vue, mais très vite tout est dit et le récit ne finit par tenir que par le reprise des éléments narratifs de la légende. Or connaissant bien la légende, le récit a vite perdu de sa saveur aussi. Ce roi Marc m’a très peu émue même si les accents de sa douleur sont parfois bien exprimés sous la plume de Clara Dupont-Monod. Je crois que j’ai été écrasée par l’ennui et que cet ennui ne m’a pas permis d’être sensible aux plaintes de Marc.

Roman lu dans le cadre du Prix des Lectrices et du Challenge Romans sous influences.

prixdeslectriceschallenge Romans sous influences

Le Prix des Lectrices vous ouvre ses portes !


prixdeslectricesDans un précédent billet, je vous faisais part de la création du Prix des Lectrices organisé par le célèbre et cultissime Club des Lectrices. Certaines d’entre vous ont été tentées par la sélection et c’est pour cela que nous avons décidé de créer un prix parallèle : Le Prix des Lectrices Amies, un peu sur le même principe que le Goncourt et le Goncourt des Lycéens : une seule sélection, mais deux lauréats (ou peut-être pas) dans chaque prix.

Je vous redonne les livres sélectionnés :

jonasson le vieux

Le Principe est simple en soi : vous devez lire à partir d’aujourd’hui et jusqu’en octobre 2013, les 8 livres sélectionnés ; établir un classement ; nous faire part de vos liens comme lors d’un challenge normal.

Je précise que ce « Challenge » se tiendra non sur mon blog, mais sur le blog du Club des Lectrices, c’est donc là-bas qu’il faudra vous inscrire ! Je suis généreuse je vous donne le lien. Mais si vous souhaitez me laisser un petit mot, ne vous en privez pas !

Les résultats du Prix seront annoncés pour les 3 ans du Club en novembre 2013. Nous délibérerons en octobre. Votre classement devra donc nous parvenir en octobre, mais nous vous tiendrons au courant au cours de l’année.

Nous espérons que vous serez nombreuses à nous rejoindre dans cette belle aventure.

Vous pouvez nous rejoindre également sur la page Facebook du Club, surtout n’hésitez pas.