Bilan mensuel de lecture : Août 2018.


En ce premier jour de septembre, alors que la pré-rentrée a déjà eu lieu hier, il est temps de clore les vacances et de faire le bilan sur mes lectures du mois d’août. Le bilan n’est pas exceptionnel pour un mois d’août, disons que j’ai connu mieux, mais, dans le domaine de la lecture, nous savons bien que ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte avant tout et de ce côté-là je n’ai pas été déçue.

Ce mois-ci encore, j’ai alterné les livres de ma PAL et les romans reçus en SP. Côté PAL, je me rends compte que je n’ai lu que des polars, côté SP, les lectures furent beaucoup plus variées comme vous allez le découvrir.

(suite…)

Publicités

« La Massaia, naissance et mort d’une fée du logis » Paola MASINO – #RL2018.


Ce roman a lui-même une histoire. L’autrice le définissait comme un roman « maudit ». Sa publication dans l’Italie mussolinienne en 1945, une Italie patriarcale, a subi plusieurs revers : censuré, expurgé. Le sort s’acharne quand l’imprimerie est bombardée la veille de sa parution. Il paraît donc enfin aujourd’hui aux éditions de la Martinière et est présenté comme « une fable littéraire féministe anticonformiste ».

Massaia est une jeune fille qui a passé son enfance dans une malle lui servant de lit, d’armoire, de chambre. Elle est sale, recouverte de poussière, de toiles d’araignée, considérée comme un meuble, hantée par des pensées sombres où la mort et les questionnements sur le sens de la vie prennent tout l’espace. Pourtant, poussée par le désir de sa mère de la marier, elle fait l’effort de se plier aux désirs des autres : comme un papillon, elle sort de sa malle et se révèle dans toute sa beauté. Elle épouse alors son vieil oncle et entre dans le moule de la bonne épouse même si, au fond d’elle, ce rôle l’insupporte.

(suite…)

Un Livre dans la Boîte #8


Abstract Architecture Album CD Cover« Un Livre dans la Boîte » est un rendez-vous, qui devient mensuel (dernier samedi du mois) à partir de maintenant, dans lequel je présente les romans reçus en Services de Presse dans ma Boîte aux lettres durant le mois précédent.

Durant le mois de juillet, ma boîte (ou le facteur) semble avoir aussi pris des vacances…

  (suite…)

« Au pied du sapin » Collectif – Nouvelles (sélection Noël)


au pied du sapinCette année la collection Folio 2€ (collection que j’affectionne particulièrement) a édité un recueil de nouvelles de différents auteurs classiques toutes sur le thème de… Noël, of course. Divisées en trois sections (Des réveillons inattendus – Des Noëls de rêve… et Des Noëls peu traditionnels), ces nouvelles sont signées par des auteurs comme Joseph Kessel, Guy de Maupassant, Théophile Gautier, Jean Giono, Dostoïevski ou encore Charles Dickens ou Honoré de Balzac.

(suite…)

« Journal du premier amour » Giacomo LEOPARDI


leopardi journalAlors que la Rentrée Littéraire bat son plein, j’avais envie de revenir à des textes classiques. C’est en errant dans les rayons de la Bibliothèque Municipale, que j’ai découvert ce petit ouvrage de Giacomo Leopardi, poète italien du XIXème siècle qui livre ici le récit de son âme. Ce petit ouvrage se compose de plusieurs textes autobiographiques allant d’un journal écrit à 17 ans et de notes en vue d’une autobiographie que l’auteur avait envie d’entreprendre alors qu’il n’était âgé que de 27 ans.

(suite…)

« Le Avventure di Pinocchio, storia di un burratino » da Collodi


L’avantage de parler d’un livre connu de tous, fait qu’il nous évite de le résumer, même si, pour la plupart d’entre nous, Pinocchio nous est surtout connu pour la version dessin-animé de Walt Disney.

Si le titre est en italien, c’est que j’ai lu cette histoire dans le texte. Comme je n’étais pas très sûre de moi, n’ayant pas pratiqué l’Italien depuis bien 15 ans, j’ai opté pour une édition bilingue, qui m’a permis de ne pas fourrer mon nez dans le dico toutes les cinq minutes, et rendre ma lecture plus agréable. J’ai constaté cependant que, au fil des pages, je lisais avec de plus en plus de facilité, et allais de moins en moins voir sur la page de droite vérifier ma compréhension.

Tout semble commencer comme une conte de fées, mais très vite on comprend qu’il ne va pas être question de rois et reines :

C’era une volta… / Il était une fois…

Un re ! – diranno subito i miei piccoli lettori. / Un roi ! – diront aussitôt mes petits amis !

No, ragazzi, avete sbagliato. C’era una volta un pezzo di legno. / Non, les enfants, vous avez tort. Il était une fois un morceau de bois.
(p.38)

Ce début est essentiel, car Collodi tout d’abord définit son histoire comme un conte mais ancre son conte non dans un monde merveilleux, fait de palais et de luxe, mais dans une société populaire et pauvre, comme en témoigne, par exemple, les trompe-l’œil de la maison de Geppetto (une cheminée avec un bon feu et une marmite en train de bouillir). De ce fait Collodi destine son conte aux enfants du peuple, aux enfants des rues, qui ne veulent pas aller à l’école, qui font des bêtises et sont entraînés dans quelques méfaits. En bref, Collodi s’adresse aux têtes de bois, aux têtus, et voilà pourquoi il choisit un pantin fait de bois dur pour illustrer sa leçon de morale.

Car Pinocchio n’est, à n’en point douter, un conte moral. Pinocchio est l’extrême du mauvais garçon : menteur, désobéissant, violent, colérique. Et bien que plusieurs personnages tentent de le remettre dans le droit chemin, et notamment en tentant de le décider à aller à l’école, Pinocchio prend toujours les chemins buissonniers, or :

I raggazzi disobbedienti non possono aver bene in questo mondo / Les enfants désobéissants ne peuvent trouver le bonheur dans ce monde (p.100)

Pendant trente-six chapitres, nous suivons donc les tribulations de Pinocchio allant de charybde en sylla. Si, dans les pires situations, il burratino se repend avec force larmes et lamentations de ses désobéissances, il retombe bien vite dans d’autres péripéties de plus en plus terrifiantes, à tel point que cela finit par faire un peu beaucoup et que le lecteur moderne finit par se lasser d’autant d’entêtement.

Ce que je retiendrai surtout de cette lecture est le plaisir que j’ai eu à renouer avec la langue italienne. J’ai souvent lu à haute voix cette histoire ce qui m’a permis d’entendre cette langue, de rire aussi, car on ne peut que reconnaître une vitalité de la langue, un rythme dans la narration. L’aspect extrêmement moral de cette histoire a quelque chose de désuet même si Collodi, en touchant à l’enfance, nous parle encore un peu des enfants d’aujourd’hui.

Pour ce qui est de l’éventuel symbolisme que l’on pourrait trouver dans ce conte, l’image de Geppetto m’a fait penser à Joseph, père charpentier, père adoptif aussi, simple et issu du peuple qui tente d’élever son enfant en lui inculquant de bonnes valeurs. Mais il est bien évident que Pinocchio n’est absolument pas une image christique. Cependant, la morale chrétienne me semble bien présente ici, notamment dans la nécessité de respecter et d’honorer son père et sa mère, dans la notion de charité aussi, et d’entre-aide. Au fil des aventures, Pinocchio finit quand même par se bonifier jusqu’à devenir enfin un vrai petit enfant (un bel fanciullo coi capelli castagni, cogli occhi celesti e con un’aria allegra e festosa come une pasqua di rose / un bel enfant aux cheveux châtains, aux yeux bleus, l’air triomphant, gai comme un pinson parmi les fleurs. p.312).

Enfin, une petite précision sur l’auteur, Collodi est un pseudonyme pour Carlo Lorenzini, Collodi étant le village de naissance de sa mère. Il est essentiellement connu pour les aventures de Pinocchio mais cette histoire trouve sans doute son origine dans des manuels de lecture que Collodi rédigea pour les écoliers.

Lecture proposée par le Club des Lectrices.

Conte lu dans le cadre du Challenge In Italiano, du Challenge Il Viaggio et du Challenge Thursday Next.

Groupe Facebook pour le challenge In Italiano, n’hésitez pas à vous inscrire !

« Moi et toi » de Niccolo Ammaniti (Rentrée Littéraire 2012)


La littérature italienne contemporaine m’est assez mal connue, et j’ai souvent constaté qu’elle était rarement mise en avant. Aussi quand les éditions Robert Laffont m’ont offert la possibilité de lire ce roman de Niccolo Ammaniti, dont Bertolucci vient de filmer l’adaptation (ce que j’ignorais au moment de mon choix), je me suis dit que cette lecture me permettrait de combler un peu quelques grosses lacunes.

Lorenzo a une quinzaine d’années. Très tôt, il se révèle asocial, incapable de vivre au milieu des autres enfants, il se sent agressé, mal à l’aise. Après des années de collège dans un établissement privé et assez sécurisant pour lui, ses parents décident de l’inscrire dans un lycée public. Commence alors pour lui un jeu de dupe pour passer le plus inaperçu possible. Sa mère est très angoissée par le fait que son fils n’ait jamais d’amis, ne soit invité nulle part, or un jour, il lui annonce qu’il est invité par des amis pour un séjour d’une semaine au ski. Lorenzo entre alors dans un mensonge qui va à la fois le dépasser et le métamorphoser.

Le jeune garçon s’installe dans la cave de ses parents, bien décidé à y vivre pendant une semaine, sorte de havre de paix, retiré du monde. On sent que sa mère, tellement heureuse de cette nouvelle, se laisse finalement trompée assez facilement.

Cette cave c’est un symbole, un lieu à part, alors même qu’il est au centre de l’univers familier du jeune garçon, c’est aussi le symbole utérin par excellence, le seul lieu où il ne craint rien, où il se sent protégé contre toutes les agressions extérieures, jusqu’au jour où surgit sa demi-soeur, Olivia. Elle, c’est l’intruse, avec elle entre dans la cave la dure réalité, la pire : la difficulté de vivre, l’angoisse, le mal-être, mais c’est aussi la découverte, à travers cette confrontation forcée avec l’autre, de l’importance d’autrui et du lien. C’est la découverte du sentiment « amoureux », du corps de la femme, voire du désir.

Cette semaine s’offre alors comme un passage initiatique qui va décider du reste de la vie de Lorenzo, qui va le faire devenir adulte, et accepter le monde autour de lui.

L’écriture est simple et veut se coller au plus proche de la pensée d’un adolescent de 15 ans. Ce qui est assez bien réussi, même si j’ai regretté un récit parfois trop factuel, ainsi qu’un passage avec la grand-mère un peu superficiel et superflu.

Le personnage d’Olivia, jeune fille en rupture sociale et familiale, junkie, entre volonté de vivre et incapacité à le faire, est d’autant mieux rendu qu’il incarne la prise de conscience entre le souvenir de l’enfance et l’arrivée dans l’âge adulte. Elle sera le déclencheur, comme s’il fallait que l’on succombe pour que l’autre renaisse. Dans cette cave humide et sombre ces deux êtres vont s’aider mutuellement l’espace de quelques jours avant de reprendre leur vie.

Un roman assez poignant par son sujet, aux allures autobiographiques mais que j’ai lu sans réel investissement, un peu en spectatrice assise au fond de la salle.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire, du Challenge Il Viaggio et du Challenge La Littérature fait son cinéma.

« Le Mépris » Alberto Moravia


Ce court roman d’Alberto Moravia (Il Disprezzo, titre original) est bien sûr connu, aussi, pour l’adaptation cinématographique réalisée par Jean-Luc Godard, sortie en 1963 avec dans les rôles principaux : Brigitte Bardot et Michel Piccoli. Toutefois, Godard transpose le couple italien de Moravia en un couple français, et mène une réflexion sur le film Voyage en Italie de Rossellini. Le thème principal, du roman comme du film, est le couple, et comment celui-ci peut voler en éclat.

Le narrateur de Moravia, Molteni, couche par écrit la décomposition de son couple, opère une analyse des évènements qui ont, petit à petit, conduit le couple à se séparer. Roman d’introspection donc avant tout, de réflexion, d’analyse. Les faits sont racontés du point de vue de l’homme. Sa femme, Emilia, est présentée comme une belle femme, très attachée à son mari, dépendante même de la présence de l’homme, soucieuse de son intérieur. Le roman fut écrit en 1954, et la perception du rôle de la femme en est symptomatique. Emilia est la Femme italienne des années 50, du moins est-ce la perception qu’en donne Molteni. Elle reprochera d’ailleurs à son mari de ne pas se comporter en Homme. S’opposent donc deux perceptions de l’homme et de la femme. Quel est le rôle de l’homme, quel est la place de la femme dans le couple ? Chaque chapitre révèle la progressive rupture du couple et les tentatives de Molteni pour comprendre le changement de comportement de sa femme.

En parallèle, et dans une mise en abyme assez bien orchestrée, Molteni se voit charger d’écrire le scénario d’un film, adaptation de l’Ulysse de Homère. Un deuxième couple vient donc s’immiscer dans le roman, celui de Pénélope et d’Ulysse. Pourquoi Ulysse tarde-t-il tant à rentrer auprès de Pénélope ? ou comment l’analyse de ce couple mythologique finit par donner la solution aux problèmes de couple de Molteni.

L’adaptation moderne de Godard donne une vision partielle du roman de Moravia. Ce dernier est particulièrement intéressant pour son aspect psychologique, pour son analyse du couple, et comment, par certains malentendus, attitudes non réfléchies, l’amour peut être remplacé par le mépris. Emilia est une figure féminine marquante, même si elle incarne une féminité un peu démodée. Femme soumise, entièrement abandonnée à l’homme, incapable de vivre une journée loin de son mari, Emilia va petit à petit se libérer. Molteni, sûr de l’amour de sa femme, ne se rend pas compte qu’il fait jouer à sa femme un rôle dégradant, contre lequel elle va se révolter.

Cette lecture fut pour moi à la fois agréable et par moment un peu lassante. Les réflexions de Molteni tournent parfois en rond, la perception de la femme ne pouvant exister que dans l’amour et le regard admiratif de l’homme m’a paru quelque peu démodée, il faut donc bien prendre en considération l’époque de l’écriture. Godard en prenant BB pour incarner Emilia (rebaptisée Camille Javal dans le film) modernise incontestablement le roman, l’aspect sulfureux et séducteur de l’actrice ne sont pas évoqués dans le roman, bien au contraire, Emilia ne cesse de baisser les yeux, de se taire, et Godard a effacé (du moins dans mon souvenir du film) l’aspect bonne ménagère d’Emilia.

Ce fut toutefois une lecture intéressante, et pour moi l’occasion de me replonger dans la littérature italienne.

 

 

 

 

« L’amour est à la lettre A » de Paola Calvetti


Ce n’est plus vraiment un livre que l’on présente tant ce roman a eu de succès lors de sa sortie en librairie. J’ai résisté (eh oui parfois ça m’arrive de résister) à l’achat jusqu’à sa sortie en poche, et quand Alfie a proposé une lecture commune j’ai trouvé là la bonne occasion pour le lire.

Emma est donc l’heureuse propriétaire de la librairie « Rêves et sortilèges », librairie consacrée exclusivement aux romans d’amour. Le roman est composé d’un récit, essentiellement centré sur la vie de la librairie et de la libraire, et sur un échange de lettres entre Emma et Frederico, un amour de jeunesse qui ressurgit plus de 40 ans plus tard.

Emma est avant tout une libraire, et le lecteur ne la perçoit que comme telle. Son histoire d’amour avec Frederico ne la sort pas de son rôle, elle devient alors une libraire amoureuse…

La correspondance n’est pas présentée dans son intégralité, il ne s’agit pas de lamento sur les sentiments mais plutôt de quelques évènements de la vie des correspondants. Seuls les P.S en fin de lettres sont souvent plus intimes, révèlent davantage les sentiments des deux personnages, et c’est sans doute ces parties-là des lettres que j’ai préférées.

Le plus grand intérêt pour moi réside dans la description et le récit de ce qu’il se passe à la librairie. Endroit paradisiaque : des livres, du thé, des chiens et des libraires qui lisent, c’est sans doute la librairie idéale,difficile de faire mieux, d’autant plus quand, à la librairie, s’adjoignent un restaurant et un petit hôtel pour écrivains.

Les titres et les écrivains sont cités sans pédantisme et sans effet de liste. On a envie de tous les noter (ce que j’ai fait d’ailleurs…), voire de faire un challenge Calvetti comme il y a un challenge « Au bon roman » : 126 romans cités, parmi lesquels Sarah et le lieutenant français de John Fowles, Possession de Antonia Byatt, mais aussi bien sûr les  romans des soeurs Brontë, de Jane Austen, de Duras, de Sagan, de Laclos etc etc. sans oublier George Sand (p.295), que Calvetti a l’intelligence de citer…. j’ai aussi eu la joie de retrouver des titres de livres que j’avais oubliés et pourtant aimés (comme Fort comme la mort de Maupassant)… d’autres qui m’ont moins plu comme les romans de Gavalda ou de Marc Levy mais qui se fondent dans une masse de romans de bien meilleur niveau, que l’on peut excuser cet écart de goût… (bien subjectif je l’avoue….)

J’ai aussi beaucoup aimé la touche italienne qui se dégage de ces pages, et qui donne envie de lire la littérature italienne dans le texte.

Petit bémol pourtant, le personnage de Frederico m’a moins plu même si je comprends la nécessité d’une intrigue interne, reste que les lettres de Frederico m’ont peu séduite.

Quelques passages qui m’ont particulièrement plu :

« P.S : c’est l’esprit de l’escalier qui frappe quand tu te rends compte, arrivé en bas des marches, que tu n’as pas dit tout ce que tu voulais dire. C’est à ce moment-là que te viennent les meilleures répliques, les réponses les plus pertinentes, et… il est trop tard. » (p.46)

***

« Quant aux lecteurs-lecteurs, ils ne sont jamais en vacances de livres. » (p.74)

***

« Quant à moi, je ferai un rabais à toutes mes clientes et je décorerai la vitrine en leur honneur : des livres qui parlent des femmes, il y en a à profusion. Femmes qui lisent assises, couchées, debout bien droites, avachies, distraites, cloîtrées dans les pages d’un livre. Femmes occupées à lire, et donc dangereuses. » (pp.233/234)

***

« – Emma, dans quelques heures le phare sera complètement isolé de la terre, et nous avec. Tu veux rester ici avec moi pour toujours?

– Toujours, toujours, toujours? Mais nous n’avons rien à lire.  » (p.334)

***

« – Elle a rempli la baignoire avec mes livres, elle les a tous balancés dedans, et je dis bien tous mes livres, depuis tes romans jusqu’à mes livres de médecine, même ceux de l’université. Elle en a empilé d’autres autour de la baignoire et elle a oouvert le robinet. Et puis elle est sortie;

– Mon Dieu, mais c’est horrible! c’est un assassinat!  » (p.409)

(si quelqu’un me fait une chose pareille je crois que je ne répondrais plus de mes actes……)

 

Un gros coup de cœur donc pour moi, l’ambiance de cette librairie a ravivé en moi des envies, des bonheurs, et cette Emma, personnage d’une cinquante d’années, entièrement vouée à sa librairie et à ses livres, m’a paru si proche de moi, que j’ai un peu l’impression de la connaître….

Coup de Coeur 2010!


Maintenant il vous reste à aller découvrir les avis de : Alfie ; Cynthia ; Loulou ; Enitram ; Mango ; A propos de livres



 

« La solitude des nombres premiers » Paolo Giordano


Lecture commune avec la belle Cynthia et la non moins charmante Pascale…. je suis la dernière à faire paraître mon avis…. 😦

Au commencement : Alice et Mattia, enfant. L’un et l’autre vont vivre un traumatisme qui va modifier leur vie, et leur relation aux autres…. Ce roman est une sorte de Quand Harry rencontre Sally version névrosée… Chaque partie correspond à une date clef de l’existence de ces deux entités qui gravitent sans cesse en parallèle, se croisent, puis s’éloignent, puis se retrouvent comme pour mieux se séparer…

J’avoue avoir quelques difficultés pour exprimer quelle impression m’a fait ce roman…. je l’ai lu relativement vite et avec un certain plaisir. Je crois que le problème, si problème il y a, vient surtout du fait, que ces personnages sont avant tout des anti-héros… Alice, boiteuse et anorexique, Mattia proche de l’autisme… chacun enfermé dans leur monde, réfractaire à la vie en société… Pourtant je me suis attachée à eux, à leur mal-être, mais j’aurais aimé un peu plus de dynamisme, moins d’apitoiement sur leur sort, même si je suis consciente que ce désir vient surtout de ma propre personnalité et non de la réalité de ces personnages. Giordano finalement choisit de rester fidèle à ses personnages, il les promène dans les différentes époques d’une vie : l’enfant, l’adolescence, l’âge adulte… mais ils restent ce qu’ils sont, et leur traumatisme du début les poursuit jusqu’à la fin ! Vision pessimiste donc des traumatismes que l’on peut subir dans la vie et qui modifient le cour de notre vie… à travers Alice et Mattia, Giordano montre la difficulté d’être et de se débattre avec ses propres démons…

Comparativement à Cynthia et Pascale, le style ne m’a pas paru froid, mais au contraire approprié à ces personnages qui se ressemblent mais qui sont trop refermés sur eux-mêmes pour s’ouvrir et se reconnaître vraiment…

Un roman donc en demi teinte, qui m’a cependant émue parfois….

7/10

35/253