Premières Lignes #31


premières_lignesRendez-vous initié par Malecturothèque

 Heureusement qu’il y a ce rendez-vous dominical pour me faire écrire sur ce blog. Depuis plusieurs semaines, j’ai du mal à venir à bout de mes livres. Enfin, cette semaine j’ai pu achever deux lectures dont je vous parlerai prochainement. Ce matin, donc, je viens de tourner la dernière page d’un roman espagnol : un portrait de femme de soixante ans refusant de renoncer à l’amour. Parallèlement, elle prépare une exposition pour la Bibliothèque Nationale de Madrid sur les écrivains maudits. Se mêlent alors sa propre expérience et celle d’écrivains comme Maupassant, Thomas Mann ou même Anne Perry.

En voici les Premières Lignes…

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« Le Cycliste de Tchernobyl » Javier Sebastian : Rentrée Littéraire 2013.


Sebastian le cyclisteLe Cycliste de Tchernobyl est un roman que j’ai lu en juin dans le cadre du Prix du Roman de la Fnac. En lisant la quatrième de couverture, j’ai eu un peu peur, je dois l’avouer et il est presque évident que je n’aurais pas lu ce roman si je ne l’avais reçu dans le cadre de ce Prix. Parmi les livres reçus, celui-ci étaient celui qui me tentait le moins… et pourtant.

L’intrigue est double et agit en miroir. Un vieil homme déboussolé est recueilli par le narrateur dans un serf-service. En parallèle, l’auteur nous emmène à Priapiat, une petite ville à trois kilomètres de Tchernobyl, aujourd’hui ville fantôme depuis la catastrophe nucléaire du 26 avril 1986. Dans cette ville désertique pourtant certains habitants sont revenus y vivre, incapables de quitter leur maison.

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« Fantômette contre Fantômette » de Georges Chaulet


Il y a certaines aventures de Fantômette que je me souviens parfaitement voir lues dans mon enfance, et celle-ci en fait partie. En la relisant la semaine dernière, j’ai eu le plaisir de retrouver les Galeries Farfouillette (nom que nous avions fini par adopter dans ma famille pour parler des Galeries Lafayette), mais aussi cette sensation étrange de déjà lu qui replonge dans des souvenirs anciens. J’ai toujours aimé les histoires de doubles en littérature, et je finis par me demander si cet intérêt n’est pas né de cette lecture-ci.

Dans cette aventure, Fantômette est accusée de cambriolage dans le grand magasin de Framboisy, les Galeries Farfouillette. Elle a été nettement aperçue sur le toit du bâtiment et un petit mot laissé au stand des parfums portant sa signature semblent prouver que la justicières ait changé de camp. Ficelle, Boulotte et Françoise ont bien l’intention de mener l’enquête.

Lors du challenge que j’avais lancé l’été dernier autour de la bibliothèque rose, j’avais déjà relu quelques aventures de notre justicière masquée (Les exploits de Fantômette, Pas de vacances pour Fantômette). Les exploits de Fantômette était la première, Pas de vacances était la 8ème. Il s’agit donc ici de la 12ème aventure, autant vous dire que Georges Chaulet était déjà bien rôdé, et ça se sent. Les personnages sont moins caricaturaux que dans la première aventure, et l’intrigue est un peu plus complexe. Le lien entre Fançoise et Fantômette reste dans le domaine de l’implicit, même si un lecteur avisé aura bien vite compris qu’elle ne forme qu’une seule et même personne.

Ce qui me fait sourire, et que je n’avais pas forcément relevé enfant, ou du moins je ne m’en souviens pas, sont les inventions autour des patronymes, et notamment ceux des détectives : l’inspecteur Fouinard ou Lahury, par exemple. Les scènes en classe sont aussi assez drôles notamment grâce à Ficelle qui écoute sa radio cachée dans son pupitre et qui incarne bien ces amies que nous avons tous connues durant notre scolarité.

La résolution de l’intrigue est progressive et Françoise sait, avant tout le monde, le fin mot de l’histoire, un peu comme Hercule Poirot qui, dans les romans d’Agatha Christie, donne sa version finale. Alors oui, les intrigues sont moins élaborées que celles d’Agatha Christie, mais les aventures de Fantômette n’ont pas vraiment le même lectorat. Malgré cela, il n’y a pas d’invraisemblance et le tout se tient bien. C’est donc une belle initiation aux polars, me semble-t-il, et une aventure plus aboutie que les toutes premières aventures.

Roman lu dans le cadre du Challenge Fantômette hommage à Georges Chaulet, du Challenge S.T.A.R 5.

« Marina » Carlos Ruiz Zafon


Marina est le deuxième roman de Zafon, mais il paraît en France après L’ombre du vent et Le Jeu de l’ange. L’intrigue se situe à Barcelone à la fin des années 70. Oscar Drai est un jeune garçon de 15 ans, orphelin, interne de son collège. Un soir, il pénètre dans une vieille demeure délabrée, attiré par une musique, et fait ainsi la connaissance de Marina et de son père German, un célèbre peintre oublié. Une forte amitié nait entre les deux jeunes gens. Un jour, leur destin va croiser une étrange femme en noir… et c’est le début d’une histoire envoutante et terrible…

Il ne faut pas raconter les romans de Zafon à moins d’avoir le même talent que lui, car, les éléments s’imbriquent, se multiplient, l’ambiance dans laquelle il plonge le lecteur est celle du pire cauchemar : des ombres fantomatiques, des maisons silencieuses renfermant les histoires les plus dramatiques, des hommes ravagés par les souvenirs, des ruelles luisantes de pluie sous une lune voilée, de longs corridors sans fin, des amours marquées par la malédiction…

Après avoir été un peu déçue par Le Jeu de l’ange cet été, j’ai retrouvé dans Marina ce qui m’a fait adorer L’ombre du vent. Plus simple dans la forme et dans l’intrigue, ce roman m’a envoûtée. Zafon est sans conteste un très bon raconteur d’histoires, et les récits dans le récit le montrent une fois de plus. Chaque personnage raconte sa version de l’histoire, éclairant, par touches successives, l’intrigue principale. L’atmosphère y est lourde, sombre et souvent terrifiante, provoquant un état de frayeur excitant sur le lecteur, et donc sur moi. Le fantastique est, là encore, au rendez-vous, et le doute aussi du personnage principal provoque comme une incertitude, comme l’on peut en avoir après une nuit mouvementée où les cauchemars nous laissent indécis entre imagination et réalité. Alors que Le Jeu de l’ange poussait trop loin et parfois s’embrouillait dans la multitude des récits insérés, et égarait son lecteur, ici tout fonctionne à merveille, et jamais, Zafon ne perd son lecteur en route. Bien au contraire. Si je parlais d’envoutement, c’est bien qu’un étrange phénomène s’est produit à la lecture de ce roman, au point de pénétrer, comme pour L’ombre du vent, mes propres rêves.

Les livres sont moins présents ici, mais on sent déjà, dans ce roman, la fascination qu’ils opèrent sur Zafon, et la référence à Marie Shelley et à son Frankstein est un fil rouge que l’on suit pendant toute la lecture. Bien que se situant à la fin des années 70, ce roman renoue avec les romans gothiques du romantisme noir. Barcelone n’a rien de lumineux, de solaire comme on pourrait s’y attendre, c’est son aspect mystérieux et fantastique que Zafon fait revivre, comme on ressuscite une ville oubliée par le passage du temps.

Les personnages féminins créés par Zafon sont toujours fascinants. Sorte de sylphides, femmes belles, mystérieuses, dévorées par un mal secret, elles portent le roman. Beautés dangereuses, parfois venimeuses, femmes fatales, elles exercent un pouvoir de fascination sur les hommes, provoquant leur chute dans une folie destructrice. Zafon, à travers elles, est le fier descendant de Théophile Gautier (Le Roman de la momie) ou mieux encore de Villiers de l’Isle-Adam avec ses Contes Cruels ou son Eve future.

On pourra regretter une tendance à réutiliser les mêmes ficelles, mais il ne faut pas perdre de vue que ce roman vient avant les deux autres, et qu’il pose finalement, les jalons. L’ombre du vent reste le plus abouti, mais Marina est un roman fascinant, qu’il ne faut pas négliger, et que j’aurais tendance à conseiller plutôt que Le Jeu de l’ange, qui m’a laissé sur ma faim. Même si parfois, on frôle le cliché avec des phrases un peu faciles : Chaque livre était une porte sur de nouveaux mondes et de nouvelles idées (p.78), on sent, chez Zafon, la volonté d’écrire une histoire qui emporte son lecteur.

Enfin je voulais remercier mon petit Hérisson, qui m’avait offert ce roman pour mon anniversaire.

Cette lecture a été faite dans le cadre d’une LC, je vous laisse donc découvrir l’avis des copines : Manu, Mia, Leiloona , Liliba, MissBouquinaix , Olivier , Reveline (je rajouterai les liens vers les billets au fil des publications!)

3ème roman lu dans le cadre du Défi de Mia.

« Le jeu de l’ange » Carlos Ruiz Zafon


Mon exemplaire a subi les grains de sable, le voisinage des serviettes éponges humides dans le panier de plage, les gouttes d’eau de mer, le soleil… il est tout plié, tout tordu, comme j’aime parfois les livres.

J’ai donc enfin lu ce roman de Zafon, deuxième roman après l’inestimable L’Ombre du vent que j’avais littéralement dévoré et qui me hante encore. Quand je commence un roman d’un auteur qui m’a à ce point plu avec un roman précédent, je suis à la fois impatiente, et fébrile, la crainte d’être déçue n’est souvent pas loin.

Dans ce roman de Zafon, j’ai retrouvé l’ambiance sombre, et mystérieuse de la Barcelone de L’Ombre du vent. J’ai retrouvé avec plaisir le Cimetière des livres oubliés, ainsi que le libraire Sempere (du moins le père), et les intrigues emberlificotées qui m’avaient tant plu. Difficile de vous raconter l’intrigue, tant tout se mêle, et tant les rebondissements sont nombreux. Les pages s’envolent, on palpite, on tente de trouver le pourquoi du comment, le fantastique côtoie la réalité, on est entre deux mondes, deux mondes terrifiants.

Et pourtant….

Trop de rebondissements tue le rebondissement. J’avoue qu’au bout d’un moment, je ne comprenais plus rien, et que je me pose encore pas mal de questions : ai-je sauté des infos ??? La fin me paraît totalement abracadabrante, et m’a beaucoup déçue, car elle m’a laissé sur ma faim, une impression de « tout ça pour ça ». Il y a certaines coïncidences qui m’ont paru peu vraisemblables, alors certes, le fait de jouer avec le fantastique permet de jouer avec le vraisemblable, mais il m’a semblé que parfois c’était plus une facilité narrative, l’auteur semblant s’emmêler lui même dans son intrigue. J’ai pris soin, au cour de ma lecture de récapituler les évènements, de noter les basculements, mais sur la fin, je perds le fil. Donc surtout n’hésitez pas à m’éclairer de votre lanterne. Martial, avec qui j’ai partagé cette lecture, semble avoir les mêmes interrogations que moi !

Donc un peu déçue, mais contente quand même d’avoir un peu retrouvé l’atmosphère de L’ombre du vent, et puis, je peux comprendre qu’il soit difficile d’écrire deux chefs d’œuvre à suivre !

Lecture commune avec Martial (qui a été très patient….)

Challenge Initié par Enna : catégorie Sport et loisirs !

Si si on y croit ….

« L’ombre du vent » Carlos Ruiz ZAFON


zafonUne immense bibilothèque rassemblant tous les livres oubliés,une librairie recherchant les livres anciens, un jeune garçon aimant lire, des personnages mystérieux et angoissants, une ambiance gothique digne des romans noirs du XIXè siècle, des monastères, des maisons maudites….comment ne pas être emporté dans ce tourbillon.

J’ai mis du temps à parvenir à écrire sur ce roman, oubliant de noter pour avancer toujours plus loin…

L’intrigue est magistrale et magnifiquement menée (je vous préviens je vais utiliser beaucoup de superlatifs!!), chaque page se tourne avec plaisir, excitation, angoisse, on en oublie même qu’elles se tournent, on en oublie que l’on est un simple lecteur, l’illusion romanesque fonctionne à plein, on entre dans le livre, dans l’histoire.

Le roman est construit autour de plusieurs récits racontés par divers personnages, et chaque récit amène sa pierre à l’édifice.

Mais Zafon va plus loin, maîtrisant parfaitement l’art romanesque, mettant en place une grandiose mise en abyme :

– Caraz, personnage du roman après qui tout le monde court, a écrit un roman intitulé L’Ombre du vent.

Daniel, personnage principal du roman de Zafon, lit L’Ombre du vent de Caraz

– Zafon est l’écrivain de L’Ombre du Vent

Moi, je suis la lectrice de L’Ombre du Vent de Zafon

Les personnages du passé et du présent de l’intrigue se répondent, se confondent même, comme des échos : Daniel est comme un double de Caraz…

Comme une poupée russe, ce roman est un roman dans le roman. Chaque récit est comme le début d’un nouveau roman, les livres sont partout, omniprésents et leur pouvoir est fantastique, provoquant drames en série.

Zafon utilise tous les ressorts du roman-feuilleton du XIXè, mais avec une modernité, un rythme échevelé. Barcelone est décrite comme une ville brumeuse, sombre, pluvieuse aux antipodes de la Barcelone ensoleillée que chacun peut avoir en tête.

C’est un roman époustouflant, ravageur, de ces romans qui vous poursuivent de jour comme de nuit… à lire, absolument !!!

objectif PAL 1/133

bon point vert

NOTE : 10/10

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