Un Livre dans la Boîte #15


Ayant un peu zappé le rendez-vous le mois dernier, je vous propose de vous présenter les SP que j’ai reçus dans ma BAL courant avril et mai. Comme souvent des romans très variés, certains que j’attendais avec impatience, d’autres qui me permettront de connaître de nouveaux auteurs et de nouveaux univers.

J’ai donc reçu sept ouvrages : deux polars historiques ; deux romans ado et donc trois romans de littérature générale. Ce qui nous fait une jolie petite pile à rajouter aux autres livres en attente. Vivement le pont de l’Ascension pour avoir le temps de lire ….

 

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« Du côté de Castle Rock » Alice MUNRO


munro castle rockAlice Munro a reçu en 2013 le prestigieux Prix Nobel de Littérature et c’est par ce Prix que le Club des Lectrices a décidé de la mettre au programme de lecture pour le mois de décembre. Nous devions en effet trouver un auteur nobélisé et nous avions été trois à proposer non seulement Munro, mais ce roman, le seul en fait de cette auteure qui est essentiellement nouvelliste. Je connaissais Alice Munro sans l’avoir encore lue et je possédais d’ailleurs ce roman dans ma PAL.

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« Je suis un écrivain japonais » de Dany LAFERRIERE


laferrière je suis un écrivainUn précédent livre de Dany Laferrière avait attiré ma curiosité (Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer), grâce à un nouveau partenariat de mon blog avec Le Livre de Poche, j’ai donc porté mon choix sur ce roman qui vient de sortir en poche. Dany Laferrière a un style bien à lui. Ses romans sont souvent plus ou moins autobiographiques et sont conçus sur un mode de découpages de saynètes, sorte de mini-nouvelles qui s’enchaînent et font un tout.

Dans ce roman le narrateur qui se définit comme un pro du titre, imagine, lors d’un rendez-vous avec son éditeur, le titre d’un roman qu’il est sensé écrire : Je suis un écrivain japonais. Mais le narrateur ne semble pas vraiment décidé à écrire son roman. Pourtant ce roman va exister un peu malgré lui et notamment grâce ou à cause d’une communauté japonaise qui s’empare de ce titre et de ce roman virtuel ou en devenir.

Le lecteur suit donc les déambulations du narrateur fréquentant le cercle restreint d’une chanteuse japonaise, tombant amoureux d’une serveuse, rencontrant sans cesse un japonais qui a le chic d’apparaître au moment où on ne l’attend pas. Il s’imprègne de la culture japonaise, notamment et surtout par la lecture du poète Basho. Réalité, fiction et haïku se mêlent et s’entremêlent.

Parallèlement le narrateur mène une réflexion sur le roman qu’il n’écrira jamais :

J’ai donc négocié un livre que je n’ai pas écrit, que je sais que je n’écrirai pas, et dont je n’ai, pour toute preuve, qu’un titre. (pp.170/171)

Notre narrateur-écrivain est noir et canadien et il se définit, à travers le titre de son roman, comme un écrivain japonais : ça commence à faire beaucoup. Son statut triple l’amène donc à réfléchir sur l’identité culturelle qui va presque entraîner une révolution au Japon.

Je l’ai fait pour sortir précisément de ça, pour montrer qu’il n’y a pas de frontières… J’en avais marre des nationalismes culturels. Qui peut m’empêcher d’être un écrivain japonais ? Personne. (p.162)

Ce roman original, et parfois déconcertant, joue sur l’absurde, mêlant humour et réflexions littéraires.

Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac catégorie métier et du Challenge Dragon.

« Le Jardin du mendiant » de Michael Christie


Michael Christie est un jeune auteur canadien qui, avec ce recueil de nouvelles, fait son entrée dans le monde littéraire. Il va m’être difficile de parler de ce livre, car trois problèmes se dressent devant moi qui sont pourtant totalement indépendants de la qualité-même du livre.

Le problème premier tient du genre lui-même. Comme j’essaie de combattre mon esprit sectaire, j’ai accepté de lire ce recueil en espérant y trouver une raison de mieux apprécier les nouvelles. Ce ne fut pas gagné. Je reste toujours et désespérément sur ma faim à chaque fin de nouvelle et ressent une difficulté immense à me relancer dans une histoire. J’ai besoin de m’installer dans une histoire, et pour moi les nouvelles sont comme des instantanées qui me frustrent.

Le deuxième problème tient aux sujets des nouvelles. Chaque nouvelle s’ancre dans une réalité sociétale précaire et marginale. Certes, l’auteur mêle beaucoup d’humour à son écriture, mais, tout en sachant que nous ne vivons pas dans une société bisounours, je vous avoue que trop de désespérance a fortement tendance à me miner le moral. Sans doute, ce recueil n’est-il pas arrivé au bon moment entre mes mains. Les trois semaines de pluie que nous subissons en ce moment, me portent à des lectures plus lumineuses qui me sortent de la grisaille urbaine.

Enfin, le troisième problème tient au fait que je ne suis pas parvenue à la fin du recueil. Difficile donc de vraiment émettre un avis de lecture. Je n’ai lu que les deux premières nouvelles, sur neuf, ce qui n’est vraiment pas beaucoup, je sais. J’ai pourtant espacé mes lectures, mais l’envie d’aller plus loin était résolument absente. Alors j’ai opté pour l’abandon. Je ne dis pas « fontaine, je ne boirai pas de ton eau », mais, aujourd’hui ce livre ne fait pas envie. Je n’ai pas envie d’aller plus loin.

Pour ceux et celles qui cherchent d’autres avis sur ce recueil de nouvelles qui a de réelles qualités stylistiques, je vous laisse lire les avis de Natiora et Clara, deux blogueuses qui ont un avis assez positifs.

Merci aux éditions Albin Michel.

Je ne fais entrer ce livre dans aucun challenge, n’ayant pas achevé ma lecture.

« La Servante écarlate » de Margaret Atwood


La Servante écarlate est le deuxième roman de Margaret Atwood que je lis. Le premier, Lady Oracle, m’a beaucoup marqué, histoire d’une jeune fille obèse, qui, devenue adulte, mince et séduisante, s’interroge sur ses pulsions alimentaires et son mal-être. La Servante écarlate est différent tout en reprenant la thématique d’un destin féminin. Roman dystopique, La Servante est une confession longue, d’une jeune femme qui décrit sa vie dans une société américaine devenue totalitaire et réduisant les femmes, et notamment l’héroïne, à un simple rôle de reproductrice : Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. (p.230).

Margaret Atwood s’est inspirée de plusieurs états totalitaires pour créer sa société romanesque, ce qui donne une dimension encore plus terrifiante. Cette société dystopique bâillonne donc les libertés essentielles de la femme : privation d’un emploi et donc d’un revenu ; condamnation du divorce et de l’homosexualité ; interdiction de l’accès à la culture et donc de l’accès à la lecture et à l’écriture, et abaissement de la femme à une simple fonction reproductrice ou, en cas de stérilité, à la bonne vieille fonction de prostituée. Le récit est souvent très angoissant, oppressant, d’autant plus, sans doute, quand le lecteur est une lectrice. L’auteur décrit parfaitement le discours totalitaire, cette propension à renverser des comportements reposant sur des valeurs de liberté individuelle en comportements nuisibles et condamnables. L’amour et l’amitié sont reniés, bafoués comme des risques pour l’équilibre sociétal.

La force de cette confession vient, sans doute, du fait que Defred, la narratrice, se remémore sa vie d’avant, sa liberté, sa vie de couple avant le coup d’état qui a bouleversé leur vie. Séparée de son mari et de sa fille, Defred tente de survivre, de conserver une pensée active qui refuse l’endoctrinement, mais le pessimisme est de rigueur dans cette société qui renoue avec les opérations punitives, les rafles et les camps de travail inhumains.

Vêtue d’un habit rouge sang, voilée, la tête et les yeux toujours baissés, condamnée au silence, la servante écarlate intègre des familles du haut rang afin de procréer, de permettre la naissance d’un enfant viable, qui lui sera presque aussitôt arraché après la naissance. Éduquée dans ce but, soumise à des examens médicaux réguliers, la servante est, à la fois, choyée et recluse afin de satisfaire la reproduction de l’espèce. Sorte de mère-porteuse, elle est réduite à une fonction, et niée dans son être.

Roman angoissant donc, mais aussi qui pousse à l’interrogation, à la réflexion sur les droits de la femme, sur la liberté de disposer de son corps, à l’heure où certains veulent, aujourd’hui, remettent en cause le droit à l’avortement, un roman qui nous rappellent qu’il faut être vigilantes, nous battre pour conserver les libertés qui sont les nôtres, car, finalement, la liberté est une valeur fragile, et sans doute la liberté des femmes encore plus, car on a tôt fait de nous voiler, de nous confisquer le droit à l’enseignement et à la culture.

Lu dans le cadre du Club des Lectrices (suivez le lien pour lire les billets des lectrices), du Challenge la littérature fait son cinéma et du Challenge Dystopie.

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« Séquestrée » de Chevy Stevens


Ce blog a besoin de frissons, c’est pourquoi je commence à me lancer dans les thrillers et autres polars, notamment sur les conseils de Miss Alfie et sous l’égide de Cynthia et son Challenge Thriller. Il faut dire que je suis une âme sensible, et que donc je devrais m’abstenir. Pour que j’ouvre un thriller ou un polar, j’ai besoin, au préalable, de savoir que le dit roman ne sera pas trop sanguinolent, et n’appuie pas trop sur la description des cadavres mutilés, j’y vais donc avec réserve et angoisse ! Avant de commencer Séquestrée je suis allé voir les copines pour m’assurer que je n’allais pas enchaîner les nuits blanches à sursauter au moindre craquement de ma maison. Une fois, plus ou moins rassérénée, j’ai ouvert ce thriller et j’ai été embarquée par cette histoire qui relève plus du thriller psychologique.

Annie O’Sullivan est agent immobilier sur l’île de Vancouver, alors qu’elle finit sa journée porte ouverte, un homme se présente. Après quelques hésitations, Annie lui fait visiter la maison, au moment de lui montrer le jardin, elle sent une arme pointée dans ses reins, et se retrouve balancée dans une camionnette. Elle vient d’être enlevée par un fou, le Monstre comme elle le surnomme. Séquestrée dans une cabane en rondins, elle va vivre une année de terreur.

L’originalité de ce roman repose essentiellement sur la narration. En effet le roman est divisé en une vingtaine de chapitres qui, chacun, correspond, à une séance avec sa psy. La narratrice est donc la séquestrée libérée, et cherchant à soigner ses angoisses. Se mêlent alors à son récit, des éléments du présent, et l’histoire de sa séquestration. La psy n’a pas la parole, seule la voix d’Annie résonne entre ses pages. Deux parties se distinguent : la première est essentiellement centrée sur le récit de sa séquestration, les violences, les humiliations, sa vie faite de peur et d’angoisse en compagnie du Monstre ; la seconde, ancrée dans le présent de l’après libération, s’oriente vers la résolution de l’énigme, qui se cache derrière cette séquestration et pourquoi ?

J’ai lu ce roman en trois jours, ce qui, a priori, est un bon signe. En effet, comme je le disais au début de ce billet, je me suis laissé embarquer dans cette descente en enfer, et j’ai trouvé intéressant le choix de la narration. J’avais envie d’en savoir plus, d’entendre la voix d’Annie, de voir progresser l’enquête. Toutefois je serais moins enthousiaste  que mes amies Liliba et Mango, d’abord parce que j’ai deviné assez rapidement qui se cachait derrière cet enlèvement, et derrière un autre évènement qui survient dans la deuxième partie. Il m’a semblé que tout cela était un peu cousu de fil blanc, même si certains rebondissements ont su faire leur effet, et m’ont donc surprise.

L’autre problème tient au style que j’ai trouvé simpliste, parfois maladroit comme cette phrase étrange : Emma m’a caressé la joue avec sa fourrure en me léchant la figure (p.261) (Emma est la chienne d’Annie). Ce n’est bien sûr qu’une phrase dans le corps du texte, mais cela révèle un peu les quelques problèmes stylistiques qui parfois ont stoppé ma lecture.

D’un point de vue psychologique, l’analyse est plutôt fine, et les angoisses, les peurs et les interrogations d’Annie sont bien perçues, on est en empathie avec cette jeune femme de 32 ans dont la vie a basculé dans l’enfer, et qui, bien que choquée par sa séquestration, montre une énergie de survie. J’ai aussi trouvé le personnage de Gary, le policier chargé de l’enquête, attachant.

Il m’a donc manqué un suspens dans la résolution dans l’enquête, j’aurais aimé être davantage surprise, mais ce thriller reste une lecture sympathique, car il répond assez bien au genre, surtout dans la première partie dans laquelle on s’interroge vraiment sur la façon dont Annie va se tirer des griffes du Monstre, mais aussi dans la seconde partie où l’on sent l’étau se resserrer autour d’Annie.

Merci à Valérie T. pour m’avoir permis de découvrir ce roman, et aux éditions de L’Archipel pour leur confiance.

Défi Mia : 9/8 aïe !

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2011 : 3/7

« Filles de Lune, tome 1: Naïla de Brume » Elisabeth Tremblay


Attention grande première sur ce blog ! oui, pour la première fois je vais vous parler d’un roman fantasy.

L’étudiante retardée de Lettres que je suis, avait quelques a priori sur ce genre romanesque qui envahit les tables des libraires au rayon ado. Sur les couvertures de ces romans des vampires, des pleines lunes nuageuses, des yeux scintillants, des personnages à la mine patibulaire mais presque, tout cela, je dois l’avouer me faisait dire que ce n’était peut-être pas vraiment fait pour moi. Il y a, au moins un siècle, j’avais tenté de lire LE livre de SF, Dune, mais j’étais restée totalement hermétique; par la suite j’avais voulu me lancer dans Le Seigneurs de Anneaux, mais à chaque fois, ce qui me faisait barrage c’était tous ces noms bizarres, ces contrées étranges que j’avais un mal fou à retenir et à visualiser clairement…. depuis, j’ai lu les deux premiers tomes de la série de Stéphanie Meyer, et là le côté culcul praline m’avait définitivement fait penser, que non, décidément, les mondes parallèles se seront pas ma destination de prédilection… Aussi quand Sandy P. des éditions de Mortagne, m’a suggéré de lire Filles de Lune, quand j’ai lu de quoi il était question, j’ai répondu, que je ne devais pas être la bonne lectrice… et si Sandy ne m’avait pas convaincue en me disant d’essayer, je serais sans doute passé à côté un roman passionnant !

Car, oui, je peux vous le dire, ce fut une très belle découverte, et cela pour plusieurs raisons !

Naïla vit au Canada, elle vient de perdre sa petite fille d’un cancer. Son mari ne pouvant supporter cette perte, a choisi le suicide. Naïla tente de se reconstruite auprès de sa Tatie qui vide et rénove la maison de son frère. C’est là que Naïla découvre des documents étranges qui vont lui révéler des secrets familiaux très troublants….

La première chose que j’ai appréciée dans ce roman, c’est précisément cet ancrage initial dans la réalité. Le personnage principal prend alors toute son épaisseur. On connaît ses faiblesses, ses douleurs, mais aussi sa force de caractère. Ensuite dès qu’on me parle de grenier et de vieux manuscrits, je suis séduite. Enfant, j’ai tellement aimé fouiller dans les tiroirs des meubles de ma grand-mère et dans les greniers, que je reste toujours sensible à ces aventures de soupentes!

La deuxième chose qui m’a séduite, c’est qu’avant de pénétrer dans le monde fantastique, tout nous est expliqué (enfin presque). Comme moi, Naïla ne comprend rien, n’y croit pas, et sa quête de la vérité, ses recherches, ses demandes d’explications, ont été salutaires pour moi. On a donc le temps de découvrir le monde fantastique avant d’être pris par les aventures que l’héroïne va vivre !

Troisièmement, le style ! oui, je suis assez difficile en matière de style. Si, lors de la lecture d’un roman, certaines phrases me chagrinent, je perds le fil et l’illusion romanesque s’évapore. Il me faut un style fluide et pas seulement un relevé d’actions ou une énumération de dialogues. Or Elisabeth Tremblay présente une vraie plume qui permet d’adhérer à son histoire. De plus, le récit n’est pas que factuel, les analyses psychologiques ne sont pas dignes du café du commerce, mais présentent un réel intérêt.

Enfin, l’histoire est intéressante. Comme il s’agit du premier tome d’une série, celui-ci a aussi pour fonction de poser les jalons, mais les péripéties sont suffisantes cependant pour avoir envie de tourner les pages et pour poursuivre l’aventure dans les tomes suivants.

Ainsi, vous l’aurez compris, j’ai été conquise par cette lecture, et le tome 2 qui m’attend sagement, devrait être entamé la semaine prochaine… Juste un petit bémol, je trouve que la couverture ne correspond pas au contenu. La jeune fille de la couverture semble beaucoup plus jeune que Naïla dans le roman, et les teintes rose violet font un peu kitsch. Je préfère de loin la couverture canadienne :

Franchement il n’y a pas photo !

Faelys a aussi été conquise !!!

Merci donc à Sandy P. et aux Editions de Mortagne pour m’avoir convaincue à passer outre mes a priori, ce n’était pas gagné d’avance !

Lu dans le cadre de STAR par Liyah