« Les Livres de George » a 2 ans !


En ce 17 avril 2011, un petit billet d’anniversaire à celui qui m’accompagne depuis deux ans : Mon Blog ! oui deux ans que j’ai ouvert la porte de ce blog de lecture, deux ans que j’écris, que je vous accueille, que je partage avec vous mes coups de cœur, mes déceptions de lectrice, parfois même mes déceptions de blogueuse… Quel bilan tirer de ces deux ans ?

Lors du premier mois d’ouverture des « Livres de George », le blog a comptabilisé un peu plus de 500 visites, le mois dernier il a dépassé les 20 000. Au-delà d’une fierté stérile, cette progression constante du nombre des visiteurs, mais aussi cette fidélité, sont pour moi importantes parce qu’elles me donnent l’énergie de continuer, m’obligent aussi à me parfaire, à ne pas tomber dans la simplicité, à peaufiner mes billets, à chercher un certain renouvellement. Bien que le blog soit notre chez nous, il est aussi, j’en suis convaincue, à ceux qui le visitent. Je ne crois pas que l’on écrive que pour soi, même si la démarche au commencement est toute personnelle, petit à petit on écrit aussi pour ceux qui nous lisent. Mais écrire pour ceux qui nous lisent ne signifie pas écrire pour plaire. Cela signifie que, au fil des mois, des commentaires accumulés, ces visiteurs, bien qu’indistincts, deviennent des correspondants, et comme on écrit une lettre en fonction de celui qui va la lire, on écrit aussi (du moins c’est mon cas) nos billets en fonction de nos visiteurs. Sinon nos billets seraient impersonnels, et froids. Donc si j’écris ce blog c’est grâce à vous tous, parce que faire un billet de lecture c’est vouloir partager une émotion ou une réflexion; proposer un challenge ou une lecture commune c’est vouloir lire ensemble… et un blog se nourrit des commentaires laissés, bien au-delà même du taux de fréquentation. Or les plus de 17 000 commentaires laissés sous mes billets (qui comprennent aussi mes réponses!) montrent bien que les échanges sont la manne de ce blog, et il me faut vous remercier aussi, et sans doute surtout, pour cela. C’est aussi pour cela que je tiens à répondre à tous les commentaires, non seulement par politesse, mais aussi parce que laisser un commentaire n’est pas toujours facile et qu’y répondre est la moindre des choses. J’ai souvent reçu des mails personnels de visiteurs fidèles qui n’ont jamais osé laisser une trace de leur passage sur le blog, mais qui, pour un billet qui les a plus touchés que d’un autre, pour me soutenir lors de polémiques idiotes, ont voulu me dire qu’ils étaient là, un peu noyés dans la masse des visiteurs anonymes, mais présents quand même. Ces mails m’ont toujours énormément touchée, parce que soudain, une voix, jusque là muette, osait sortir de son silence. Et finalement, il en faut du courage, me semble-t-il, pour envoyer un mail directement plutôt que de laisser un « simple » commentaire. Car ces mails sont alors si personnels, si émouvants que la personne qui l’envoie soudain se dévoile encore plus, et c’est un très beau cadeau. Donc merci aussi à vous, les visiteurs silencieux, sans aucun doute les plus nombreux.

Reste à savoir ce que m’apporte ce blog, encore aujourd’hui. Une chose est sûre, il fait partie de ma vie, il m’obsède parfois, il me fait culpabiliser aussi, il me rend schizophrène, mais il m’est devenu indispensable parce qu’il incarne finalement ce que je suis vraiment. Il m’a permis de renouer avec une part de moi qui s’était un peu endormie au fil des années, engluer dans une thèse interminable, découragée aussi, déçue souvent, il m’a redonné confiance en moi et m’a finalement convaincue que la littérature m’était un bien fondamental, qu’elle était inscrite dans mes gènes (merci papa merci maman, merci mes profs de lettres) et que j’étais, un peu, faite pour elle. Avec ce blog, j’ai retrouvé la sensation d’être à ma place, cette sensation que j’avais éprouvée lors de mes études de lettres et qui s’était un peu affaiblie avec le temps qui passe, et  avec les drames que la vie a mis sur mon chemin. Je me dis même que, sous mon pseudo, je suis sans doute plus vraie que sous ma réelle identité. Ce « George » que j’incarne est devenu comme un deuxième moi, une identité parallèle, qui va puiser au plus profond de ce que je suis réellement (quand je vous dis que je deviens schizophrène). Grâce à lui et au blog, je révèle certainement plus de moi que dans ma vie de tous les jours, parce que parler de mes lectures c’est aussi parler de moi, et lire, comme écrire, est impossible si l’on triche.

Voilà, à peu près, ce que je voulais dire aujourd’hui, au-delà des chiffres, des classements, l’aventure du blog est surtout une aventure terriblement excitante puisque liée à la lecture !


Hommage : Elizabeth Taylor


Jane a rejoint Marilyn


Quand j’étais petite et que je regardais en boucle Les Hommes préférent les blondes, j’avais toujours tendance à m’identifier davantage à Jane Russell qu’à Marilyn. J’aimais sa prestance, son grain de voix un peu rauque, ce côté fille sûre d’elle, libre… sans doute parce que je suis brune moi-même, ma préférence allait vers elle. Aujourd’hui, alors que je suis de plus en plus émue et sensible à la beauté enfantine de Marilyn, je me rends compte que cette grande dame brune reste, malgré tout, pour moi, une figure importante dans mon musée de stars.

Elle est morte hier, elle avait 89 ans… A Hollywood, il y avait aussi des stars brunes !

Mort d’Andrée Chédid


Anrée Chédid est morte hier à l’âge de 90 ans. Outre qu’elle était la mère de Louis Chédid et la grand-mère de M., c’était avant tout un grand auteur ! Je me souviens avoir lu d’elle La Maison sans racines, il y a de cela longtemps et sur les conseils de ma maman…

Il y a encore quelques semaines, une amie me parlait de l’un de ses romans qu’elle venait de finir et qui l’avait beaucoup émue : Le Message. Je me trouve toujours bête d’avoir envie de lire un auteur « parce qu’il » vient de mourir, comme si c’était trop tard, mais est-ce vraiment trop tard pour découvrir une oeuvre ?

J’aimais la beauté de cette femme, cette sorte de sérénité qu’il y avait dans son visage et l’intelligence de ses yeux…

« Le libertin » Eric Emmanuel Schmitt


Je connaissais cette pièce pour en avoir entendu parler surtout pour son interprétation par Bernard Giraudeau. J’ignorais jusqu’à récemment qu’elle avait été écrite par Schmitt. Le libertin en question n’est autre que Diderot. Accueilli par le baron d’Holbach, Diderot est en pleine rédaction de l’Encyclopédie. Durant cette journée, Mme Therbouche souhaite faire le portrait du célèbre philosophe dans le plus simple appareil. Entre visite de femmes et tentative de rédaction de l’article « Moral » que Rousseau vient de refuser, Diderot va vivre une journée bien mouvementée !

Cette pièce est un bonheur de drôlerie et de finesse. Deux mouvements composent cette pièce. La première dans laquelle Schmitt propose le portrait d’un Diderot séducteur, attiré par les femmes, prônant la liberté, critiquant le mariage et son emprisonnement…. la seconde, plus amère, montre Diderot dans ses contradictions, ou comment sa philosophie peut, parfois se heurter à la vie réelle, à son aspect pratique  !

« DIDEROT: Le libertinage est la faculté de dissocier le sexe et l’amour, le couple et l’accouplement, bref, le libertinage relève simplement du sens de la nuance et de l’exactitude. » (p.50)

J’ai aimé cette façon originale de donner accès à la philosophie de Diderot, les répliques pleine d’humour :

« Mme DIDEROT (avec une moue interrogative). C’est à toi qu’on a confié l’article « Moral » dans L’Encyclopédie ? Pourquoi pas l’article « Boeuf mironton » ou bien « Blanquette de veau » ?

DIDEROT: Quel rapport ?

Mme DIDEROT: Tu ne sais pas faire la cuisine. » (p.51)

Schmitt parvient à recréer l’ambiance du XVIIIème, et cette Mme Therbouche tient beaucoup aussi bien de la marquise de Merteuil que de Manon Lescaut comme son  monologue, à la fin de la pièce, le montre :

« je mets un décolleté, des bas, des dessous de dentelle, j’endosse ma tenue de soldat et je pars à l’attaque. […] plaire, pour nous, les femmes, c’est une fin en soi, c’est la victoire elle-même. […] On ne peut pas vous prendre de face, messieurs, alors on vous ment. » (pp.130/131)

Ce Diderot pour être philosophe n’en est pas moins homme, et c’est merveilleux ! et me donne envie de lire et relire ce grand homme !!!

Cliquez sur l’image pour voir la bande annonce de la pièce !

 

 

Lu dans le contexte du Read-A-thon octobre 2010

48/321


A mon étoile morte…


A Villequier

Hélas ! Laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m’écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d’envie,
Sans que rien ici-bas puisse m’en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l’ai vue ouvrir son aile et s’envoler !

Je verrai cet instant jusqu’à ce que je meurs,
L’instant, pleurs superflus !
Où je criai : L’enfant que j’avais tout à l’heure,
Quoi donc ! je ne l’ai plus !

Victor Hugo
Les Contemplations, « Pauca meae »

Bernard Giraudeau, un écrivain


La mort de Bernard Giraudeau m’a beaucoup émue, j’aimais l’homme, ses yeux bleus, sa voix grave, cette beauté intelligente qui émanait de lui, ses films, et cet été la sortie en poche de son dernier livre m’a souvent tentée mais j’ai tant de livres à lire… Cette triste nouvelle me donne envie d’aller plus loin, de faire revivre cet homme exceptionnel, voyageur libre, « marin littéraire » comme il se définissait !

Alors je vous propose de lui rendre hommage cet été en lisant ses livres et en publiant vos avis sur vos blogs… Ce n’est pas vraiment un challenge, juste une pensée pour cet homme libre et courageux…

Tenez moi au courant de votre participation et de la parution de vos avis, et merci d’accoler le logo en bas de vos billets !

DImanche Poétique #15


Jean Ferrat est mort hier… je profite de ce dimanche poétique pour allier poésie (Aragon) et hommage à ce chanteur d’exception qui a bercé mon enfance….

Journée de la Femme, hommage aux romancières …


Sur un blog généraliste je vous aurais parlé des femmes en général, mais là, j’ai bien envie de rendre hommage aux romancières ou femmes de lettres trop souvent oubliées des manuels scolaires…. alors oui, la littérature n’est pas qu’une affaire d’hommes… les femmes ont, de tout temps, écrit, sous des pseudos, souvent, mais de plus en plus, la littérature se féminise et c’est tant mieux… aussi douées pour écrire des romans que des polars, des romans de Science Fiction ou des essais, les femmes auteurs ont aujourd’hui toute la place qu’elles méritent…si ce n’est dans les manuels scolaires !!! (je n’en démords pas!!)

Alors que le roman est sans doute le genre phare de la littérature, les romans écrits par les femmes ont souvent été catalogués : roman pour bonnes femmes, à l’eau rose, roman sentimental, pour enfant… oui parce que bien souvent femme et enfant sont mis au même niveau… Encore aujourd’hui certaines romancières ont du mal à  se débarrasser de ce préjugé et George Sand reste, encore de nos jours, réduite à La Petite Fadette ou à François Le Champi… Colette fut longtemps réduite aux « Claudine », même Jane Austen est fuie par les hommes à cause de préjugés bien trop puissants… Madame de La Fayette n’a-t-elle pas, ne serait-ce que l’an dernier, été brocardée par notre président ???

Il faut reconnaître que ces derniers temps les romancières semblent prendre le pouvoir… ou du moins prennent la place qui leur ait dû. Même si certaines préfèrent abréger leur prénom pour laisser planer le doute (Fred Vargas) et ainsi faire croire que peut-être, il s’agit d’un homme, la plupart semble fière de cette place enfin acquise. Un auteur comme Joyce Carol Oates, par exemple, est me semble-t-il l’incarnation de ces nouvelles romancières… parce qu’elle met un coup de pied dans la sempiternelle question : « y-a-t-il une écriture féminine? » ou « l’écriture a-t-elle un sexe? »… autant vous dire que je déteste cette question parce qu’elle ne pose pas le vrai problème et cela me fait penser au débat sur l’homoparentalité… oui, je sais ça peut paraître étrange mais… dans le débat sur l’homoparentalité se pose la question du référent paternel et du référent maternel, et souvent on confond le sexe avec la valeur… on peut être femme est incarnée une valeur masculine, comme un homme peut incarner une valeur féminine… pour l’écriture c’est un peu la même chose, sauf que l’on parlera, me semble-t-il, de sensibilité : un écrivain homme peut avoir une sensibilité féminine, et une femme une sensibilité masculine, son écriture résultera de cela… et de bien d’autres choses encore… En quoi « Le Lys dans la vallée » est-il plus symptomatique d’une écriture masculine ???? En quoi « Consuelo » de George Sand révèle-t-il une écriture féminine???

S’il reste indéniable que chaque écrivain cherche à rendre compte du monde à travers son style, les sujets abordés sont souvent les mêmes, et je ne vois pas pourquoi un même sujet traité par un romancier serait plus digne d’intérêt que s’il était traité par une romancière…

Les enquêtes le prouvent, les lecteurs, et surtout les grands lecteurs sont avant tout des femmes… cela signifie-t-il qu’elles ne lisent que des romans pour bonnes femmes ??? nos blogs , tous les jours, prouvent suffisamment le contraire… ce qui nous intéresse, nous touche, nous fait rire, nous fait frémir, nous énerve peut aussi bien être écrit par un homme que par une femme… quand nous achetons un roman, notre choix se situe-t-il uniquement au niveau du sexe de l’auteur ??? bien sûr que non…

Marc Levy me hérisse tout comme me hérisse Amélie Nothomb… homme ou femme cela n’a guère d’importance…

En cette fameuse journée de la Femme, un coup de pied (féminin) dans la fourmillière littéraire ne ferait pas de mal… non pas tant pour les romancières contemporaines, mais bien plutôt pour rendre hommage à leurs ainées qui ont tracé la voix, ont dû supporter les quolibets (même venant des plus grands auteurs français, je pense à Baudelaire traitant George Sand de latrines)… quand je fais passer les oraux pour le bac blanc de français, je suis toujours frappée de constater l’absence des écrivains féminins dans le choix des textes… quand je feuillette un manuel scolaire, je peux compter sur les doigts de la main les analyses des romans écrits par des femmes… ne serait-ce que la couverture de ces fameux manuels : parmi plusieurs portaits d’écrivains en couverture combien de femmes représentées ???

Il semble que la littérature anglaise soit plus respectueuse envers leurs romancières… Ne serait-ce qu’au XIXème siècle : Les soeurs Brontë, Jane Austen (entre deux siècles), George Eliot… En France, qui est capable de nous citer 3 romancières françaises du XIXème ???