… »La mère ne veut pas que son doux enfant meure » V. Hugo


Les êtres étoilés que nous nommons archanges

La bercent dans leurs bras au milieu des louanges,

Et, parmi les clartés, les lyres, les chansons,

D’en haut elle sourit à nous qui gémissons.

Elle sourit, et dit aux anges sous leurs voiles :

Est-ce qu’il est permis de cueillir des étoiles ?

Et chante, et, se voyant elle-même flambeau,

Murmure dans l’azur : Comme le ciel est beau !

Mais cela ne fait rien à sa mère qui pleure ;

La mère ne veut pas que son doux enfant meure

Et s’en aille, laissant ses fleurs sur le gazon,

Hélas ! et le silence au seuil de la maison !

 

Les Contemplations, XIV, « Claire P. »

11/09/2002.


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Autrefois, quand septembre en larmes revenait,

Je partais, je quittais tout ce qui me connaît,

Je m’évadais; Paris s’effaçait; rien, personne!

J’allais, je n’étais plus qu’une ombre qui frissonne,

Je fuyais, seul, sans voir, sans penser, sans parler,

Sachant bien que j’irais où je devais aller;

Les Contemplations, « A celle qui est restée en France », Victor Hugo.

(détail d’un tableau de Berthe Morisot, Sur le lac du bois de Boulogne, 1884)

L’étoile morte de ma mélancolie – 11/09/02


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Doris Lessing…


DorisLessingDoris Lessing est morte aujourd’hui à l’âge de 94 ans. Elle avait reçu le Prix Nobel de Littérature en 2007. Grande dame de la littérature anglaise, auteure remarquable et parfois dérangeante. Il y a quelques années, j’avais lu Journal d’une voisine, les carnets de Jane Somerselle abordait le thème de la vieillesse avec un réalisme sans faux semblant. J’ai encore bien des livres à découvrir de cette femme dont j’aimais la beauté, la rondeur et l’intelligence qui brillait dans ses yeux.

Figure du féminisme avec le fameux Carnet d’or, elle fut une femme engagée et en avance sur son temps. S’intéressant au rôle de la femme, elle incarnait non seulement dans son œuvre, mais dans sa vie, une belle image de la liberté au féminin. J’aurais aimé la croiser un jour. Même si je l’ai peu lue, elle faisait partie de ces auteures que j’admire.

Grenoble : Ville culturelle !


Grenoble_bullesComme vous le savez si vous suivez ce blog régulièrement, je suis Grenobloise de naissance et fière de l’être. Ville de mon enfance, puis de mes années fac, elle enferme beaucoup de souvenirs et quand je m’y rends pendant mes vacances, je suis heureuse de retrouver, dans certains lieux, des moments importants de ma vie. J’y croise parfois des visages connus avant, des visages un peu vieillis certes, mais qui soudain semblent rouvrir une brèche temporelle et me ramènent une quinzaine d’années en arrière. Je ne vais pas vous parler de ma folle vie d’étudiante d’alors, mais plutôt évoquer ici les visites que nous avons faites la semaine dernière dans cette ville.

DSCN0764Lorsque l’on évoque Grenoble, on parle très souvent des boules (cf la photo ci-dessus) : il s’agit d’un téléphérique qui part du Jardin de Ville et grimpe jusqu’à la Bastille. La Bastille est une construction fortifiée militaire édifiée entre 1823 et 1848, par Vauban pour contrer d’éventuelles attaques du duché en Savoie. On peut accéder soit par les fameuses boules, soit à pied par un chemin circulaire le long de la montagne soit encore par une série d’escaliers tueurs de jambes. Une fois parvenu en haut, on peut admirer toute la vallée et bien sûr la ville à nos pieds depuis le belvédère de Vauban. Mais aussi une vue éblouissante sur la chaîne de Beldonne et sur le Vercors et, par beau temps, on peut même apercevoir le Mont-Blanc. Nous montons très souvent à pied sur ces hauteurs, c’est d’abord un bon exercice et aussi un effort récompensé par une telle vue. Si vous allez un jour à Grenoble, je ne peux que vous conseiller cette balade et la visite de la forteresse.

Depuis la rentrée, Grenoble a enfin ouvert un musée en l’honneur de la personnalité locale la plus connue : Stendhal ! Oui, Grenoble est la ville de naissance de Stendhal, mais il n’y avait pas encore un musée digne de ce nom. Ce musée se situe Grande Rue dans la maison du grand-père de Stendhal, le docteur Gagnon. On ne visite qu’une partie de la maison, trois pièces en tout, mais ce musée permet de voir de nombreux portraits de Stendhal et de sa famille, de découvrir la façon dont ils vivaient et de mieux connaître ce grand-père tant aimé par Henri Beyle. Le manuscrit de La Vie d’Henry Brulard, biographie de Stendhal est exposé et rien que pour cela cette visite vaut le coup.

signature stendhal

Ayant fait mes études de Lettres à l’Université Stendhal, inutile de vous dire que j’ai lu et étudié au cours de mon cursus plusieurs romans de Stendhal et que mon amour pour cet auteur est incontestablement lié au fait que je suis également Grenobloise. Alors certes, Stendhal ne vouait pas un grand amour à sa ville, qu’il trouvait trop bourgeoise et dans laquelle il a vécu une enfance douloureuse avec la mort de sa mère et un père rigoriste et très peu aimant. Son grand-père fut donc son allié, son refuge et sans doute son mentor. Homme instruit, scientifique, homme des Lumières et très investi dans sa ville puisqu’il a créé la bibliothèque de la ville (actuellement jouxtée au Lycée Stendhal), ce grand-père exemplaire l’initia à la littérature et à la botanique.

musée stendhal

Une belle visite qui a aussi intéressée mes enfants et qui devient un endroit incontournable à présent quand vous foulez les rues grenobloises.

Dernier lieu culturel, l’exposition de Doisneau qui se tient en ce moment au Musée de l’Ancien Évêché place Sainte Claire : Les Alpes de Doisneau. Cette exposition donne une autre vision de l’œuvre de Robert Doisneau que l’on associe souvent qu’aux photos prises dans Paris. Ici, nous découvrons des photos prises dans les Alpes entre 1936 et 1958. Des photos plus personnelles qui saisissent les joies du ski en famille, mais aussi la transhumance dans le Queyras, ainsi que des photos de vacances dans le petit village de Laffrey que je connais si bien. Des photos pleines d’humour, de nostalgie et magnifiques en noir et blanc. Les enfants ont été très intéressés, notamment en découvrant les anciens skis en bois qu’il fallait farter. Ils redécouvraient à la fois des lieux connus (Laffey) tout en découvrant le passé, les façons de vivre. Une belle occasion de découvrir un peu plus l’œuvre de ce grand photographe et d’en apprendre un peu plus sur sa vie.

doisneau motodoisneau enfant avec ski

Pour finir ce billet sur Grenoble, je voulais vous parler d’un nouveau salon de thé ouvert depuis 6 mois, place Sainte-Claire : La Causerie. Un endroit où sans aucun doute toutes les blogueuses-lectrices grenobloises doivent se retrouver. Sur les murs, des étagères de livres jusqu’au plafond et un principe que je trouve génial et qui est expliqué sur les cartes de visite en forme de marque-page : C’est aussi un espace dédié aux livres que vous apportez… emportez… rapportez… ou pas… en toute liberté, simplement pour le plaisir de faire vivre les livres.

La-Causerie-300x184

J’ai trouvé ce principe passionnant. La gérante m’a expliqué que les gens avaient amené beaucoup de livres dès l’ouverture, mais qu’ils étaient un peu timides pour les emprunter, s’étonnant de ne devoir laisser ni adresse, ni numéro de téléphone, que tout ne soit basé que sur la confiance. Cet endroit est bien dédié aux livres jusque dans les WC dont les murs sont illustrés de reproductions de tableaux de lectrices et de portrait d’auteur :

la causerie WC

Un endroit parfait pour boire un bon thé après la visite de l’exposition Doisneau.

J’espère vous avoir donné envie de visiter ma belle ville ! Si vous connaissez ces lieux n’hésitez pas à laisser un commentaire et si vous en connaissez d’autres je vous laisse les présenter en commentaire.

Challenge Fantômette (Hommage à Georges Chaulet)


Vous le savez peut-être, le papa de Fantômette, Georges Chaulet, est mort aujourd’hui à l’âge de 81 ans. Sa petite Fantômette est bien triste ainsi que des milliers de lectrices dont je fais partie.

Il y a un an, je vous avais proposé un challenge Club des Cinq. Plusieurs des participants avaient lu ou relu les aventures de Fantômette puisque ce challenge avait donné envie aux participants de relire les livres de la bibliothèque rose et verte.

Ce soir, en hommage à Georges Chaulet, je vous propose un Challenge Fantômette, pour que vivent encore ses aventures et pour que nous n’oublions pas nos lectures d’enfance, celles qui ont fait de nous les lectrices et lecteurs que nous sommes.

Ce challenge nous accompagnera, si vous le voulez bien, jusqu’à Noël.

Pas de contraintes, pas de catégorie, juste l’envie de lire et de faire durer encore un peu le souvenir de Fantômette et de son créateur. Et si l’une ou l’un d’entre vous veut m’offrir le costume de Fantômette pour Noël, j’en serai ravie 😉 !

Les Participants (par ordre alphabétique)

Arieste

Fantômette viendra ce soir

Cartons d’Emma

Ciorane

Fantômette et le trésor du pharaon

Coralie

EvilysAngel

Fantômette contre Fantômette

George

Fantômette contre Fantômette

Lili Galipette

Les Exploits de Fantômette

Lystig

Martine

Sharon

Syl.

Titine

Touloulou

10 ans


Ne pas être fini. Mais être là, hors du temps mesurable comme de l’éternité.

L’enfant des limbes, J.-B. Pontalis

Norma Jeane Baker alias Marilyn Monroe


Pour ceux et celles qui viennent régulièrement ici, vous savez que Marilyn Monroe a une place importante sur ce blog. Mon admiration à la fois pour l’actrice et pour la femme me paraît parfois paradoxale. Moi qui ai toujours tendance à préférer les femmes fortes, engagées, intellectuelles, peu portées sur la coquetterie, moi qui ne supporte pas la minauderie, la superficialité féminine, comment se fait-il que je sois si touchée par Marilyn ?

C’est sans doute que, au-delà de cette blondeur et de ce sourire rouge scintillant, telle qu’on la voit sur certaines photos en papier glacé, ce que j’aime chez Marilyn c’est cette petite étincelle qui se perçoit si bien dans cette photo, cette étincelle qui reflète une intelligence du cœur, celle qu’aimait justement Sand ; c’est aussi cette tristesse qui, là encore dans cette photo, se devine dans son regard et dans ce sourire.

De Marilyn, j’aime la femme perdue, la femme en quête d’elle-même, la femme sensible, la femme qui cherche, sans doute parce que je m’y reconnais un peu.

Aujourd’hui, 5 août 2012, cela fait 50 ans qu’elle est morte, elle avait 36 ans.

A ma petite étoile perdue


Je sais bien que je la retrouverai et qu’elle me reconnaîtra, quand même elle ne se souviendrait pas, ni moi non plus.

(Correspondance, T.IV, lettre du 14 février 1855, George Sand)

Marie-France Pisier, une autre George Sand


Marie-France Pisier est morte ce matin. J’ai appris la nouvelle chez Mango. Voilà encore une actrice que j’affectionnais beaucoup et qui s’en est allée. J’avais vu son film Le Bal du gouverneur à sa sortie, mais aussi j’avais été sensible à son incarnation de George Sand dans le film de Zulawski, La Note bleue.

Elle fut aussi une magnifique Charlotte Brontë dans le film de Téchiné : Les Soeurs Brontë.

Femme belle et intelligente, elle a incarné deux figures importantes de la littérature, deux auteures que nous, lectrices, nous affectionnons…