« La Vie en relief » Philippe DELERM.


La Vie en relief est le dernier ouvrage de Philippe Delerm, paru au Seuil le 4 février. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai, c’est une succession de textes de 2 à 4 pages sur la vie, les souvenirs d’enfance, le quotidien, les maisons, les livres, les sensations du présent qui rappellent les sensations du passé, l’amour d’un homme pour une femme et l’amour d’un père pour ses enfants. C’est aussi un livre sur le présent : la COVID, le confinement mais sous l’angle de l’individu, de l’inquiétude pour sa famille; c’est aussi un livre sur l’écriture, un peu, et sur la lecture, beaucoup.

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Descente en librairie…


Hier enfin, le soleil a refait son apparition après des jours de pluie et de ciel gris. Cela m’a mis du baume au cœur et pour éclairer encore davantage cette belle journée, j’ai fait un petit tour en librairie. Enfin « petit » tout est relatif. Je me suis un peu laissé aller profitant de mes cartes cadeaux de Noël. Il faut dire que les rayons avaient été renfloués depuis la razia des fêtes et qu’il y avait quelques nouveautés que j’avais reluquées sur les blogs et les RS. Voici donc ma récolte :

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« Le Bal des hypocritiques » Tristane BANON – Récit.


Je me souviens de Tristane Banon, une jeune femme blonde et un peu fragile, qui avait déclaré lors d’une émission de Thierry Ardison avoir été agressée sexuellement par DSK, « l’homme-babouin » comme elle le nomme. C’était avant l’affaire DSK et avant #metoo, c’était le 5 février 2007, mais l’agression remonte à 2003. L’affaire reprend une vivacité en 2011, quand DSK est accusé de viol sur une femme de chambre du Sofitel de New-York. On demande à Tristane Banon de se prononcer en faveur de la victime, de porter plainte. La presse de déchaine, la harcèle, chacun y va de sa version, son honorabilité est atteinte, on la traite de caquin, que c’est elle qui l’a cherché, tout ce que l’on entend toujours.

Dans ce récit écrit en 2011 et qui vient de ressortir en format poche chez Le Diable Vauvert, Tristane Banon raconte de façon très intime comment sa vie est devenue un enfer depuis ce 5 février 2007 et quand les choses ont encore empiré à partir de mai 2011. Harcelée de messages, de coups de fil, contrainte de déménager à plusieurs reprises en emportant en tout et pour tout un sac et son chien, Flaubert, elle raconte cette non-vie. L’emballement des médias, les soi-disant amis (qui l’ont lâchée), même les passants dans la rue s’en mêlent. Mais elle, ne veut pas parler car elle sait que tout sera déformé, elle tient, se ronge. Jusqu’au moment où, pour survivre, il faut écrire.

C’est un récit qui prend aux tripes, le récit d’une solitude tragique, au sens littéraire du mot, le récit d’une femme en perdition, doublement victime. Il montre aussi le trajet parcouru jusqu’à #metoo en 2017. Comment serait reçu aujourd’hui le témoignage de Tristane Banon lors de cette émission ? Mais Tristane Banon c’est aussi l’histoire de milliers de femmes qui hurlent dans le silence et pire dans le mépris, qui ne sont pas entendues, mais pour elle ce fut pire car elle était médiatique. Elle montre très bien d’ailleurs cet emballement des médias, les centaines de mails et messages qu’elle reçoit de tous les médias, radio, tv, presse pour avoir un interview, sans parler d’abonnés Facebook qui ont tous leurs mots à dire.

Si souvent la plume est vive, si la colère se sent, on peut regretter des métaphores trop fréquentes faisant allusion à des films, des dessins animés ou pire à des publicités : « j’assume tout, je ne veux pas d’une solution Eau Ecarlate pour rendre mon passé plus blanc que blanc » (p.148) ou encore « Je suis une lingette décolor-stop, je bois leur passé pour que le présent leur laisse le teint frais » (p.140), est-ce une façon d’utiliser les médias qui eux-mêmes l’utilisent et en font un produit médiatique ? Où est-ce moi qui vais trop loin ? Quoiqu’il en soit, ce récit, lu en un jour, montre à quel point la parole de la femme est sans cesse mise en doute et je ne suis pas sure du tout que post-#metoo ce ne soit plus le cas.

« Un crime sans importance » Irène FRAIN – #RL2020


Je me souviens parfaitement d’un roman d’Irène Frain que j’avais lu lors d’une forte grippe dans mon adolescence. Ma mère m’avait ramené ce roman de la bibliothèque de son entreprise. C’est un roman auquel j’avais repensé en lisant celui d’Isabelle Monnin, Les Gens dans l’enveloppe, parce qu’il prenait sa source dans des photos de famille. Il s’intitule Secret de famille et fait partie, je crois, des romans les plus connus d’Irène Frain. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté de lire son tout dernier ouvrage Un crime sans importance. Il ne s’agit pas d’un roman mais d’un récit, celui d’Irène Frain après l’assassinat de sa sœur, une vieille dame qui vivait seule dans une banlieue proche de Paris, au fond d’une impasse. Sauvagement agressée et laissée pour morte, Denise va succomber à ses blessures quelques semaines après son agression. Irène Frain sera avertie seulement à ce moment-là, quelques jours avant l’enterrement. On ne sait pas grand chose des faits, des circonstances et très vite l’auteure va être confrontée aux lenteurs de la police et de la justice. Cette mort tragique ravive alors des souvenirs de son enfance.

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« La nuit avec ma femme » Samuel BENCHETRIT – Rentrée Littéraire 2016 #1


benchetrit la nuit avec ma femmeDans son nouveau livre, Samuel Benchetrit fait revenir celle qu’il a aimée et qui est le mère de son fils : Marie Trintignant. Treize ans après le drame, il livre sa tristesse, sa révolte, son manque, son amour éternel dans une écriture qui oscille entre violence et douceur, une phrase hachée qui martèle, interroge sans cesse, se souvient, fait revivre.

La nuit avec ma femme est avant tout une déclaration d’amour à Marie.

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Bilan mensuel de lecture : Mai 2016.


logo-bilan-mensuel1Lorsque l’on regarde par la fenêtre on a un peu du mal à croire que l’été se profile, et pourtant nous sommes aujourd’hui le 1er juin et il est déjà temps de faire le bilan des lectures de mai. Ce mois printanier a eu la gentillesse de nous offrir quelques jours supplémentaires de lecture, d’où un bilan m’a foi pas si mal que ça ! Comme toujours, j’ai essayé de varier mes lectures et de respecter mon Plan Orsec. J’y suis parvenue in extremis.

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« Tu n’as pas tellement changé » Marc LAMBRON (Rentrée Littéraire Janvier 2014)


Lambron pas tellement changéEn exergue, un court texte de l’auteur nous informe que ce texte a été écrit en 1995 et que s’il le publie aujourd’hui, pour cette Rentrée Littéraire de Janvier, c’est pour faire mémoire de celui dont on ne me parle plus, sauf quand une amie d’autrefois veut lui faire servir sa cause. Marc Lambron livre ici un texte autobiographique, sur sa relation avec son frère cadet, mort du SIDA en 1995, l’écriture du texte et la mort de son frère sont donc concomitantes.

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