Ces romans que je n’ai pas chroniqués…


Que ce soit dit d’entrée, si ces romans n’ont pas été chroniqués ce n’est absolument pas parce qu’ils seraient mauvais, bien au contraire, même si l’un d’eux, je l’avoue, fut assez catastrophique. Non, c’est tout simplement parce que, comme à chaque début d’année scolaire, je suis sous l’eau et d’autant plus cette année. D’habitude je me rattrape un peu à la Toussaint, mais même pas cette année. Alors 2020 touchant (enfin) à sa fin, je me suis décidée parce que je trouve bien dommage de ne pas faire même une petite place à ces romans qui m’ont été d’un grand secours pour sortir un peu la tête de l’eau. Ces lectures couvrent septembre, octobre et novembre, je n’ai donc pas eu un rendement extraordinaire durant cette période comme vous pouvez le constater, mais tant pis après tout on n’est pas là pour faire du chiffre ! J’espère en tout cas que je vous donnerai envie de découvrir ces romans :

Le Secret de Mona de Patrick Bard est paru aux éditions Syros en juillet. C’est l’histoire de Mona, une jeune adolescente de bientôt 18 ans qui, pour emmener au plus vite son petit frère fiévreux à l’hôpital, grille un stop. Il faut dire que Mona n’a pas le permis et bien qu’elle conduise la vieille Twingo de sa mère le plus prudemment possible, sous l’effet du stress, elle n’a pas marqué suffisamment ce fichu stop. Cette arrestation c’est le début de la fin, de la fin du secret. Il faudra ces un peu plus de 160 pages pour comprendre ce que cache Mona, ce qu’elle refuse de voir. C’est un roman qui m’a marquée parce qu’on est pris par l’existence de cette jeune fille et parce qu’il se passe une révélation que l’on ne voit absolument pas venir.

Pour ceux qui me connaissent un peu, ils savent que Tatiana et moi nous vivons une relation compliquée. Ce roman à la belle couverture et au doux titre de Rose présentait une 4ème de couv. alléchante : nous sommes au temps des travaux d’Haussmann, des quartiers entiers sont rasés dont justement celui de Rose. Cette charmante vieille dame y a toujours vécu et lutte contre le baron, refusant de quitter sa demeure qui a vu naître et mourir son mari. La narration est faite par Rose qui écrit des lettres à son défunt mari, un peu comme un journal. J’étais pleine d’en train, sauf que franchement c’est ennuyeux au possible. Les descriptions fourmillent de noms de rues, l’intrigue n’avance pas voire se répète. J’ai dû sauter des pages tant je n’en pouvais plus. Ce n’est donc pas encore avec ce roman que Tatiana et moi allons nous réconcilier.

Le roman suivant m’a beaucoup plus emballée. Avant les diamants de Dominique Maisons est une roman noir sorti en août aux éditions de La Martinière. Il m’a pris quasiment tout mon mois de septembre, il faut dire qu’il fait un peu plus de 500 pages et que l’intrigue est plus que dense. Mais quel bonheur de lecture ! L’intrigue, donc, se déroule à Hollywood dans les années 1950. Il s’y livre une vraie bataille car tout le monde a bien compris que le cinéma c’était la bonne occasion pour s’enrichir. On y croise des starlettes, des producteurs véreux, la mafia, mais aussi Errol Flynn et des gros bras qui tabassent sur demande. La fin est magistrale. J’ai adoré !

Alain Gagnol m’avait enthousiasmée avec sa série Power club et donc j’étais très contente de le retrouver avec ce nouveau roman sorti début octobre là encore aux éditions Syros. Soyons franche Même les araignées ont une maman ne m’a pas fait le même effet, mais j’ai quand même passé un bon moment en compagnie de Thomas et de sa voisine un peu bizarre, Emma. Depuis quelques temps, des animaux sont tués sans raison apparente. Thomas, dont le chat a disparu, est inquiet. Il guette son retour par la fenêtre de sa chambre et c’est ainsi qu’il aperçoit dans la nuit sa voisine assise en tailleur dans son jardin un masque d’opéra chinois sur le visage. Emma est télépathe et ensemble ils vont tenter de mettre la main sur le tueur d’animaux. J’ai retrouvé les touches d’humour de l’auteur, notamment les scènes où Thomas tente de cacher ses pensées à Emma. J’attendais une intrigue un peu plus trépidante.

Pendant les vacances de la Toussaint, il me fallait une valeur sûre. Et valeur sûre rime pour moi avec Agatha Christie. J’avais besoin d’un roman qui se lirait vite et ce fut le cas. La Troisième fille d’Agatha Christie est une roman que je ne connaissais pas du tout. Je suis tombée dessus en librairie, par hasard et le hasard fait bien les choses. Une jeune femme se présente chez Poirot pour lui annoncer qu’elle a peut-être commis un meurtre. Hercule s’empare de l’affaire par orgueil ayant été traité de trop vieux pour comprendre. Avec l’aide, ou pas, d’Ariadne Oliver, le célèbre détective va mener l’enquête. Comme toujours, je n’ai pas été déçue et comme toujours je n’ai absolument pas découvert qui était vraiment coupable. J’ai un gros faible pour Mrs Oliver et c’est aussi ce qui m’a décidé à découvrir ce roman.

Vous êtes toujours là ? Alors on continue !

Depuis que j’ai lu la rafraichissante biographie de Titou Lecoq sur Balzac (Honoré et moi), l’envie m’a reprise de faire une petite visite à Honoré. Cette nouvelle m’a donc semblé de bon augure. La préface, presqu’aussi longue que la nouvelle même, nous annonce que cette histoire de femme répudiée par son mari et d’histoire d’amour qui se noue entre elle et le jeune M. de Nueil serait inspirée peu ou prou de la jeunesse de Balzac. Quoiqu’il en soit, j’ai regoûté avec bonheur à la plume balzacienne, à ses études des sentiments, et il me reste en tête notamment plusieurs pages où Mme de Beauséant revient sur son amour adultère, cette quête de bonheur qu’elle ne pouvait trouver dans un mariage de convenance. Il y a bien sûr des échos du Lys dans la vallée mais c’est moins mièvre, plus passionné et la douleur de Mme de Beauséant est bien plus belle que la fidélité à toute épreuve de Mme de Mortsauf.

Alors celui-ci on peut dire qu’il s’est fait désirer, ou du moins sa version poche. J’avoue que je suis un peu énervée par ces nouveaux formats chez 10/18 qui valent aussi cher que des brochés et dont il attendre la version poche alors que 10/18 c’est quand même avant tout une édition poche, enfin bref. Le Manoir d’Alderley est donc enfin sorti en poche à la rentrée et je l’avais tant désiré qu’il n’est pas resté très longtemps dans ma PAL. Cet opus fait partie de la série « Daniel Pitt » dont j’avais déjà lu le premier tome Un innocent à l’Old Bailey. Daniel Pitt est donc le fils de Charlotte et Thomas Pitt. Il est un jeune avocat passionné. Dans cette intrigue, une jeune fille de la bonne société américaine est agressée dans sa chambre et un diplomate anglais est accusé ayant été aperçu par le père de la jeune fille au moment de sa fuite. L’agresseur doit donc être jugé à Londres. Parallèlement la soeur de Daniel et sa famille arrivent pour séjourner chez ses parents. Jemima (la sœur de Daniel) et son mari connaissent la famille de la victime et sont persuadés de la culpabilité du diplomate. Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman c’est de retrouver toute la famille Pitt. L’intrigue est dense, un peu quand même tirée par les cheveux à la fin, mais on se laisse prendre d’autant que Miss Miriam fford Croft est aussi de retour et que j’ai un gros faible pour cette femme médecin légiste qui n’a pas le droit d’exercer parce qu’elle est une femme.

Allez, plus que deux !

Pendant le Mois Anglais, j’ai découvert les inspecteurs d’Elizabeth George : Linley et Barbara Havers. J’avais commencé par un tome qui venait de sortir en poche : Une avalanche de conséquences. On m’avait fortement conseillé alors de reprendre la série du début, c’est donc ce que j’ai fait avec Enquête dans le brouillard. Et c’est vrai que la rencontre entre les deux est savoureuse et Barbara fait une entrée fracassante. L’enquête réside sur la décapitation d’un père et d’un chien et d’une jeune fille assise auprès d’eux et qui s’accuse. Cette première enquête va fouiller dans les zones sombres d’une famille d’un paisible village du Yorkshire. Et j’ai tellement aimé que je suis en train de lire le deuxième tome.

Et enfin, et je vous félicite pour votre endurance :

Pour finir ce très long rattrapage, un roman que j’ai beaucoup vu sur les blogs et les RS. Lui aussi ne sera pas resté longtemps dans la PAL. L’histoire raconte la rencontre entre une jeune servante et René Descartes au Pays-Bas. Helena est servante chez un libraire anglais à Amsterdam, elle apprend à lire et écrire, et est très vite fasciné par le philosophe, le nombre de ses livres, ses heures passées à penser et à écrire. Leur liaison sincère doit cependant restée secrète, d’autant que Descartes a des ennemis qui seraient ravis d’un petit scandale. J’ai été très touchée par le destin d’Helena, sa volonté d’indépendance, sa tendresse pour sa petite fille. Un joli roman qui a peut-être le défaut de ne pas nous en dire beaucoup sur la pensée de Descartes mais sans doute parce que tout est vu depuis le regard d’Helena.

Nous voici donc arrivés à bout de ce rattrapage fleuve. Comme toujours, je serais ravie de discuter avec vous en commentaire sur ces différents romans que vous avez peut-être envie de lire ou que vous avez déjà lus.

Bilan de Juin : Le Mois Anglais


Juin tire sa révérence et avec lui le Mois Anglais. Pour cette neuvième édition, nos charmantes organisatrices, Titine, Lou et sur Instagram, Lamousmé, nous avons concocté un programme sur mesure. Un Mois Anglais, ça se prépare comme un marathon, on rassemble ses forces, on s’entraîne à l’avance, et on tient la distance. Cette année a sonné ma 9e participation et sans doute celle où je me suis le plus investie car, pour une fois, j’avais le temps de le faire et une sacrée boulimie de lecture. Je m’en suis donnée à cœur joie et je suis un peu triste que ce soit fini.

Dans cette chronique, on va revenir sur ces 30 jours à l’heure anglaise…

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« Désaccords imparfaits » Jonathan COE – Nouvelles


Jonathan Coe avoue n’être pas un grand auteur de nouvelles, les quatre qui constituent ce recueil d’à peine 100 pages semble lui donner raison. Il s’en amuse en introduction :

Ce recueil représente toute ma production de nouvelles au cours de ces quinze dernières années, ce qui relève de la plaisanterie.

La première « Ivy et ses bêtises » est une histoire de fantôme, la seconde, « 9e et 13e » celle d’une histoire d’amour qui aurait pu avoir lieu, la troisième, « Version originale », nous embarque dans un festival de films d’horreur et enfin la quatrième, « Journal d’une obsession », raconte sa passion pour le film La Vie privée de Sherlock Holmes. Quatre nouvelles, donc, et quatre univers assez différents.

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Petite PAL estivale


Demain matin c’est départ vers la méditerranée, les cigales, les plouf dans la piscine. Une première petite semaine de vacances que j’attendais avec impatience.  La valise des vêtements est quasi prête, elle fut vite faîte : sur ce coup-là j’ai été efficace. Mais c’est la PAL qui a été plus compliquée à concevoir.

Alors quels livres ai-je choisis ?

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Premières Lignes #39 – « Chroniques Italiennes » Stendhal.


premières_lignesMalecturothèque

 

Ce dimanche, je vous présente les Premières Lignes d’un livre qui sera sans doute le dernier de l’année 2017. Pour tout dire, il s’agit en fait d’une relecture. J’ai lu les Chroniques Italiennes de Stendhal il y a plusieurs années (on peut même les compter en dizaine). J’étais adolescente et j’avais adoré ces histoires d’amour passionnées et interdites. En les relisant, je me rends compte que Stendhal agit toujours sur moi. Je ne l’ai plus lu depuis longtemps, mais je le connais bien, et j’ai un peu l’impression de retrouver un ami. J’aime toujours autant ses interventions, son « je » qui s’immisce dans les lignes de l’intrigue, qui nous rappelle sa présence. Dans l’incipit de la première nouvelle, vous douterez, je l’espère, la toute première phrase…

En voici donc les Premières Lignes…

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Bilan mensuel de lecture : Juillet 2017.


Déjà juillet s’en est allé, et il est l’heure de faire le traditionnel bilan de lecture mensuel. Durant ce mois de juillet, j’ai voyagé entre mer et montagne, traînant mes livres avec moi. Début juillet, je vous avais parlé de mon mini-bujo consacré exclusivement à mes lectures, mes livres et mon blog, j’ai donc pu le mettre à profit et j’en suis ravie. Il est d’ailleurs à mes côtés pour la rédaction de ce billet.

Ce bilan sent les vacances : depuis juin, le nombre de livres lus a quelque peu augmenté, et juillet le prouve encore. Mais je sens que le mois d’août le confirmera encore davantage.

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« Le Horla » mise en scène de Slimane Kacioui avec Florent Aumaître – Théâtre – Avis à quatre mains.


Hier soir je suis allée avec mon fils Antoine, 13 ans, voir une adaptation théâtrale de la célèbre nouvelle fantastique de Guy Maupassant : « Le Horla ». Lui l’avait étudiée en classe (4ème oblige, thème « La fiction pour interroger le réel ») et moi, je l’avais fait étudier à mes élèves du même niveau. Nous y allions donc en connaissance de cause, avec la curiosité de voir comment cette nouvelle allait être portée à la scène.

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« Lettre d’une inconnue » Stefan ZWEIG


ZWEIG LETTRE« Lettre d’une inconnue » de Stefan Zweig est une nouvelle écrite en 1922. Cela fait des années que je me promets de la lire, mais vous savez comme toujours un autre livre à lire, une autre envie nous éloignent de nos décisions premières. C’est une conversation avec ma mère qui venait de voir le film Stefan Zweig, adieu l’Europe et un post d’Aude Le Coff sur Facebook qui m’ont finalement poussée à sortir mon exemplaire de ma PAL.

La nouvelle fait à peine une soixantaine de pages, je l’ai donc lue d’une traite hier dans une chaleur caniculaire, que ma lecture m’a fait un peu oublier.

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« Un cœur simple » Gustave FLAUBERT – Nouvelle


Flaubert un coeur simple« Un cœur simple » appartient au recueil Trois contes de Gustave Flaubert qui comprend deux autres titres : « La légende de Saint Julien l’Hospitalier » et « Hérodias« . J’avais lu ce recueil durant mes années de fac. Je ne garde aucun souvenir de « Saint Julien« , le confondant avec La Tentation de Saint Antoine qu’il faudrait que je relise d’ailleurs, mais je me souviens avoir été passionnée par « Hérodias » sans doute parce que la figure de Salomé me fascine et que ma lecture de Salammbo m’avait facilité la tâche. Concernant « Un cœur simple« , j’en gardais aussi un vague souvenir centré essentiellement sur ce perroquet Loulou. J’ai relu cette nouvelle ce matin dans un but pro l’ayant donné à lire à mes Secondes en lecture complémentaire.

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Bilan mensuel de lecture : Septembre 2015 (Spécial Rentrée Littéraire 2015)


logo-bilan-mensuel1Après un été où j’ai beaucoup lu mes propres livres, j’ai été emportée par la rentrée littéraire dès la fin du mois d’août (Anne F. – La vie de Florence Gordon (non encore chroniqué) – Les Gens dans l’enveloppe et La petite barbare) et j’ai continué sur ma lancée. Un mois de septembre dédié donc à la rentrée littéraire 2015. Mes choix de lecture ont été essentiellement guidées par des SP gentiment envoyés par des attachés de presse à l’écoute de mes envies. J’ai cette chance de pouvoir lire les romans de la rentrée sans débourser un centime. Mais cela n’entrave en rien mon jugement. Si mes lectures de la rentrée littéraire faites en août furent largement positives et passionnantes, certains livres lus ce mois-ci m’ont beaucoup moins passionnée, vous le découvrirez dans ce billet et dans ceux qu’il me reste à écrire et à publier sur le blog.

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