« Crépuscule » Victor Hugo


hugo victorParce que je découvre ce matin les tweets vomis par certains élèves de Première après leur épreuves écrites du Bac Français, j’ai eu envie de recopier ici ce poème de Victor Hugo, auquel ils n’ont rien compris, eux qui ne savent plus voir dans les mots les images qu’ils suscitent, par manque de culture certes, mais aussi de sensibilité littéraire (en espérant qu’ils aient une sensibilité autre).

(suite…)

« J’en viens à penser… » Joyce Carol OATES


oates portrait

J’en viens à penser que la vie sans examen, la vie menée sans s’interroger en permanence sur soi-même et sans interroger tous les préjugés, partis pris et « croyances » héritées, était de la folie. Dans nos vies civilisées, nous sommes cernés par la folie, alors même que nous nous croyons éclairés.

Je vous emmène, Joyce Carol Oates, Le Livre de poche, p.224

oates je vous emmène

Jeudi Citation # 26 : Nuala O’Faolain


Sous l’égide de Chiffonnette !

j’ai eu du plaisir avec chaque livre que j’ai pu lire, quelle que fût son importance. En tout cas, je préférerais lire quelque chose qui ne me plaît pas plutôt que de faire quoi que ce soit d’autre. J’aime la lecture en tant que telle. J’aime suivre une ligne – pas seulement l’histoire, mais aussi le rythme, le ton, la sensation de ce qui s’est accumulé avant et de ce qui commence à se dessiner à l’horizon -, parcourir d’un pied sûr la corde raide tendue par l’intention de l’auteur. J’aimais tout ce qui avait un rapport avec l’anglais en tant que matière scolaire. Les cahiers de texte. Le vocabulaire : les sélections au programme de chaque jour commençaient par des exemples de procédés métriques et de figures de rhétoriques – des mots propres à émerveiller, comme rodomontade, anapeste ou onomatopée.

On s’est déjà vu quelque part ?  Nuala O’Faolain, éd. 10/18, pp.40-41

Jeudi, citation #25


Sous l’égide de Chiffonnette !

 

Elle se défoulait à travers les pizzas de ses frustrations de comédienne. Plutôt que les traditionnelles Quatre saisons, Romaines ou Napolitaines, elle avait attribué à chacune de ses pizzas le nom d’une héroïne de tragédie antique.

Il y avait eu Iphigénie, aux olives et féta, l’Antigone aux anchoix, l’Andromaque aux tomates et mozza.

Pour varier les saveurs, elle s’était ensuite attaquée au répertoire moderne. Sa Pygmalion avait des relents de pudding, mais son Oncle Vania au saumon, crème fraîche et gros cornichons molossol était une réussite.

 

Le Syndrome de Gepetto de Jean-Pierre Richard, Ed. Albin Michel, pp.34-35.

Jeudi, citation #24


Sous l’égide de Chiffonnette !

Je levai la tête, furibond. Un visage se montra par-dessus le mur, sur ma gauche. Un crâne en forme d’œuf artificiellement planté de cheveux d’un noir suspect, une invraisemblable moustache et une paire d’yeux scrutateurs. C’était notre mystérieux voisin, Mr Porrot. Il se confondit en excuses.

– Mille regrets, monsieur, je suis absolument impardonnable. Cela fait quelques mois que je m’adonne à la culture des cucurbitacées. Et voilà que ce matin, je les ai prises en aversion et les envoie promener, en pensée et en action. J’ai donc empoigné la plus grosse et l’ai jetée par-dessus le mur. Je suis affreusement confus, monsieur. J’implore vote pardon.

Le Meurtre de Roger Ackroyd, Agatha Christie, Ed. du Masque, p.19.

Jeudi, citation


Sous l’égide de Chiffonnette !


La vie, c’est comme ça. On rêve de devenir Superman et on finit Scoubidou

 

La Reine des mots, Armand Cabasson, Ed. Flammarion [Tribal], p.105.

Jeudi, citation #22


Sous l’égide de Chiffonnette !

Oui, je sais : me voici retombée en pleine frivolité… Ce fameux petit monde saganesque où il n’y a pas de vrais problèmes. Eh bien, oui. C’est que je commence à m’énerver, moi aussi, malgré mon infinie patience. […] Cette époque m’exaspère souvent, c’est vrai. Je ne suis pas un foudre de travail et la bonne conscience n’est pas mon fort. Mais maintenant, grâce à la littérature, je vais aller m’amuser avec mes amis Van Milhem. J’ai dit. Hugh !

Des Bleus à l’âme Françoise Sagan, Ed Le livre de Poche, p.52 et 54

– J’aimerais bien finir ce livre, dit-elle.

Elle disparaissait dans ses livres, parfois des journées entières, et l’amie dévouée avait trouvé, rue de Fleurus même, une librairie de location dont le propriétaire, aussitôt ravi, alimentait les grandes faims livresques d’Eléonore. Elle lisait un peu au hasard, allongée sur le divan ou sur le lit, des heures entières…

Des Bleus à l’âme Françoise Sagan, Ed Le livre de Poche, pp. 29/30


Jeudi Citation


Sous l’égide de Chiffonnette !

Sur le chemin du retour, je revois la course deux chiens dans le champ. Quelque chose en eux m’a remonté le moral. Je n’ai aucune idée de ce que ça peut-être. Je ne comprends pas pourquoi il m’est si difficile de relier les choses entre elles. Je n’aime pas particulièrement les chiens. Je me demande ce que j’aime particulièrement.

Chienne de vie de Helle Helle, Ed. Le serpent à Plumes, p. 87.

Jeudi, citation


Sous l’égide de Chiffonnette !

 

Shinn dit : « Marilyn n’a pas à comprendre ni à penser. Seigneur ! surtout pas. Il lui suffit d’être. Elle est sensationnelle, elle a du talent, et personne n’a envie d’entendre des conneries métaphysiques torturées sortir de cette bouche pulpeuse. Croyez-moi sur parole, chérie. »

Norma Jeane recula en poussant un petit cri. Comme s’il l’avait frappée.

Elle se rappellerait plus tard qu’il l’avait peut-être fait.

Blonde, Joyce Carol Oates, Ed. Le Livre de Poche, p.403.


( Billet programmé pendant mes vacances)


Jeudi, citation


Sous l’égide de Chiffonnette !

Elle feignait de lire un livre avant que le cours commence. Un jour c’était Le Deuil sied à Electre d’Eugène O’Neill. Un autre, Les Trois soeurs de Tchekhov. Shakespeare, Shopenhauer. Il était facile de se moquer d’elle. La façon qu’elle avait de s’asseoir au bord du demi-cercle, d’ouvrir son carnet et de se mettre à prendre des notes comme une écolière.

Blonde, Joyce Carol Oates, Le Livre de Poche, p.315.