« You’ve got m@il » – « Vous avez un mess@ge » de Nora EPHRON – FILM


you've got mail filmMardi après-midi, mon fils Antoine, 9 ans, n’avait pas école. Nous en avons profité pour regarder un DVD choisi par mes soins : You’ve got mail, une comédie romantique que je n’avais pas revue depuis des années. On peut penser qu’un petit garçon ne soit guère intéressé par ce genre de film, mais je pense, au contraire, qu’il est bien que les enfants commencent à voir des films variés dès leur enfance. Je trouve que ce film-ci est devenu un classique du genre. Il faut dire aussi que les personnages sont deux libraires, mais des libraires ayant une conception bien différente des librairies.

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« Mort sur le Nil » Agatha CHRISTIE : double adaptation #1 – Le Mois Anglais


Mort sur le nil BD filmN’ayant pas eu le temps de lire un roman d’Agatha Christie pour la LC dédiée à la Reine du Crime dans le cadre du Mois Anglais, je me suis rabattue sur deux adaptations d’un même roman : Mort sur le Nil. La première est une adaptation BD de François Rivière et Solidor, la seconde est une adaptation cinématographique de John Guillermin, avec notamment Peter Ustinov, dans le rôle de Hercule Poirot.

Je commencerai par l’adaptation cinématographique. Manquant un peu de temps aujourd’hui pour tout faire, je ferai paraître mon avis sur la BD demain.

J’ai découvert ce film dans mon enfance et la scène du crime à l’époque m’avait fortement marquée à tel point que, pendant de longues années, j’ai dormi avec la couette sur la tête, protégeant ma tempe.

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« Slinding doors » / « Pile et face » (Film)


Popile et faceur cette nouvelle participation au Mois Anglais, j’ai eu envie de vous parler d’un de mes films cultes, un film doudou que je me plais à revoir encore et encore.

Je l’avais découvert à sa sortie en 1998, je l’ai depuis acheté en DVD. A l’époque, comme beaucoup je crois, j’étais assez fan de Gwyneth Paltrow (n’est-ce pas Violette), mais aussi, depuis 4 mariages et un enterrement, j’avais un gros faible pour John Hannah. Enfin, il s’agit d’une comédie romantique se déroulant à Londres, dans les quartiers branchés de Londres.

Tout commence par un métro loupé ou pris de justesse.

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« Sublimes créatures » ou « 16 Lunes » de K. GARCIA et M. STOHL


garcia sublimes créaturesDeux titres pour le prix d’un roman. Édité en France en 2010 sous le titre 16 Lunes, ce roman est rebaptisé Sublimes créatures, traduction littérale du titre américain, Beautiful creatures sans doute pour une raison commerciale pour la sortie en poche qui a coïncidé avec la sortie de son adaptation cinématographique éponyme. Généralement les éditeurs mettent un bandeau ou un sous-titre rappelant le titre du film quand celui-ci diffère du titre du roman. Le choix d’un changement de titre sans allusion, en couverture, du premier titre français a dû en dérouter plus d’un, si bien qu’au Salon du Livre, j’ai vu des petites affiches épinglées sur le livre pour éclaircir l’affaire. Bref, tout cela pour dire, que quand Le Livre de Poche m’a proposé ce roman, j’étais un peu perdue aussi.

Mais passons au contenu.

Ethan Wate vit à Gatlin en Caroline du Sud, un bled où il ne se passe jamais rien, où plusieurs mères de famille veillent aux bonnes mœurs de leur progéniture et où subsiste très fortement l’empreinte de la Guerre de Sécession et de la rivalité entre Nord et Sud. Ethan, depuis quelque temps, rêve d’une jeune fille, ou plutôt cauchemarde. En effet, il fait toujours le même cauchemar dans lequel il tente de sauver une jeune fille. Un matin, en arrivant au lycée, il découvre Lena Duchannes qui n’est autre que l’incarnation de la jeune fille de ses cauchemars.

Le narrateur du roman est Ethan. Il est, comme le lecteur, témoin des évènements étranges qui vont avoir lieu, comme le lecteur, il a le regard naïf de celui qui va être initié. Le choix d’un narrateur masculin alors que l’intrigue repose sur une histoire d’amour est, je trouve intéressante et surtout cela change aussi et sans doute évite le côté trop fleur bleue que l’on trouve parfois dans ce genre de roman.

Ici pas de vampire ni de loup-garou, mais des Enchanteurs et des Incubes. Petite remarque cependant, les auteurs font des incubes des suceurs de sang, donc indirectement des vampires, ce qui est bien étrange puisque les Incubes sont des esprits maléfiques qui, pendant que leurs victimes, féminines généralement, sont endormies, pèsent sur leur poitrine et abusent d’elles sexuellement, ce ne sont donc pas des vampires et surtout cette connotation sexuelle est absente du roman. Il va peut-être falloir revoir les bases !

Bref, la famille de Lena subit depuis la guerre de Sécession une malédiction. Les membres de sa famille ont soit mal tourné en se rangeant du côté des Ténèbres, soit bien tourné en préférant la Lumière. Lena va, lors de son seizième anniversaire, être appelée pour être soit d’un côté soit de l’autre. Cette perceptive l’effraie beaucoup et cette angoisse sera longuement (très longuement) rappelée au cours du roman. Son père est mort et sa mère est passée du côté des forces obscures, elle est élevée par son oncle Macon Ravenwood, homme énigmatique.

Ethan, quant à lui, est orphelin de mère. Celle-ci est morte dans un accident. Femme érudite, elle effectuait des recherches sur le passé de Gutlin au temps de la guerre de Sécession. Son père, écrivain, vit reclus dans son bureau depuis la mort de sa femme. Ethan est donc élevé par Amma, 55 ans, noire, ancienne gouvernante, possédant quelques pouvoirs vaudou.

Kami Garcia et Margaret Stohl sont parvenues à créer un univers original où se mêlent le monde de la magie et références historiques. A plusieurs reprises, les deux adolescents sont propulsés dans le passé, au temps de la guerre de Sécession et ces passages sont bien rendus car ils permettent de comprendre l’importance de ce passé dans la vie présente de ces jeunes gens et créent un décors historique qui enrichit le contenu.

Ce que je reprocherai surtout à ce roman ce sont ses longueurs et ses répétitions : ça n’en finit plus. Le lecture est certes ravivée par des péripéties, mais entre chaque péripétie ça tire un peu en longueur, si bien que j’ai mis un temps fou à venir à bout de cette lecture. Dans différentes parties du roman, les auteures se concentrent sur un évènement, l’exploitent sur plusieurs pages, avec des répétitions et parfois peu d’avancée dans l’intrigue, puis passent à un autre, opèrent de la même façon, etc. Je retiens plus particulièrement la lecture du fameux livre de sortilèges qui n’en finit plus et surtout qui ne débouche sur rien.

Certes ce roman est le premier tome d’une série composée de 4 tomes et sans doute certains points seront-ils expliqués dans les tomes suivants, mais je me suis un peu ennuyée et quelques pages en moins (le roman fait quand même presque 700 pages) auraient sans doute permis une intrigue plus ramassée et donc plus efficace.

Roman lu dans le cadre du Challenge Amoureux Saison 3 (cat. Amours Adolescentes), du Challenge Cartable et tableau noir et Challenge La Littérature fait son cinéma.

Challenge Amoureux saison 3challenge cartable et tableau noirChallenge la littérature cinéma

Résultats du concours « La Religieuse » !


la religieuse

Décidément les concours semblent vous laisser un peu de marbre.

Il suffisait de répondre à 3 questions très simples :

1. En quelle année fut publié le roman de Diderot ? La Religieuse fut édité à titre posthume en 1796.

2. Qui incarnait la Religieuse malgré elle dans la première adaptation du roman en 1966 ? Ce fut la sublime Anna Karina qui incarna Suzanne Simonin dans le film de Rivette en 1966.

Anna karina

3. Quelles sont les trois actrices principales de cette nouvelle adaptation ? Les trois actrices principales de cette nouvelle adaptation sont : Pauline Etienne, Isabelle Hupert et Louise Bourgoin

Vous avez été 4 à m’envoyer un mail, dont un qui n’avait pas bien lu les conditions de participation et que je n’ai pu retenir ! Vous me direz que c’est du coup plus facile à gérer et, comme dans L’école des fans, je peux vous annoncer que tout le monde à gagner !

Tout le monde c’est-à-dire : MadameSabbio et Lolotte !

4 lots pour 3 gagnantes, donc j’ai dû trouver une solution et il m’ait apparu que, selon l’ordre d’arrivée des participations et donc de la rapidité des réponses :

1. Madame recevra une place de cinéma pour deux personnes + le roman.

2. Sabbio, une place de cinéma pour deux.

3. Lolotte, le roman.

Quand vous m’aurez envoyé vos adresses (faites vite!), je les transmettrai et vous recevrez votre lot !

Bravo à vous trois !

« La Religieuse » (film) : Concours !


Pour mon retour de vacances, je vous propose à nouveau un concours cinéma !

la religieuse

La nouvelle adaptation du roman de Diderot La Religieuse sort au cinéma le 20 mars. Le Pacte et moi-même, nous vous proposons de gagner :

2 exemplaires du roman de Diderot et 2×2 places de cinéma

Pour cela, il faudra répondre aux 3 questions suivantes :

1. En quelle année fut publié le roman de Diderot ?

2. Qui incarnait la Religieuse malgré elle dans la première adaptation du roman en 1966 ?

3. Quelles sont les trois actrices principales de cette nouvelle adaptation ?

Conditions : Une fois encore, ce concours est ouvert à toute personne ayant laissé au moins 10 commentaires sur mon blog depuis son ouverture.

Les réponses doivent me parvenir par mail [leslivresdegeorge[at]gmail.com] avant le 20 mars minuit ! Merci de me laisser un commentaire pour me signaler l’envoi de vos réponses.

Pour en savoir plus sur le film vous pouvez liker la page Facebook de mon partenaire (Le Pacte) et, si le cœur vous en dit, vous pouvez relayer ce concours sur les réseaux sociaux !

Bonne chance à toutes et à tous !

« Au bout du conte » Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri


au bout du conteHier soir, grâce à ma sœur, j’ai assisté à l’avant-première de Au bout du conte, réalisé par Agnès Jaoui, co-écrit avec son acolyte Jean-Pierre Bacri. Cette avant-première m’a enfin permis de découvrir les salles du MK2 Bibliothèque et de passer une belle soirée en célibataire (ouf, avant les vacances scolaires, idéal).

Agnés Jaoui et Jean-Pierre Bacri jouent également dans le film comme en témoigne l’affiche. Agnés Jaoui incarne Marianne, actrice ratée qui animent un atelier théâtre autour des contes de fées dans une école. Elle est la tante de Laure, une jeune fille romanesque qui rêve du Prince Charmant. En parallèle nous avons Jean-Pierre Bacri, homme divorcé, père malgré lui d’un jeune homme musicien, Sandro, nouvellement en couple avec une jeune femme, elle-même mère de deux petites filles, qui, en attendant la fin des travaux dans son appartement, sont accueillies  chez Pierre (Bacri). Laure et Sandro vont se rencontrer lors d’une soiré improbable intitulée le Bal du Prince. C’est la rencontre de la Princesse et du beau Prince, mais alors que les contes de fées s’achèvent sur cette rencontre qui augure un mariage heureux et beaucoup d’enfants, le film va plus loin, va au bout du conte, justement.

Entre réalité et conte de fées revisité, ce film mêle histoires d’amour et désillusions amoureuses. Laure est l’archétype de la jeune fille élevée dans du coton, rêveuse, elle croit à l’amour des contes de fées qu’on lui racontait de son enfance. Sa rencontre avec Sandro est vécue comme une réalisation d’un rêve fabuleux qui construit la légende de son nouveau couple. La question est de savoir si l’amour vanté dans les contes de fées et que l’on raconte aux petites filles est possible dans la réalité.

Pour s’en faire une idée, les personnages de Marianne et de Pierre auraient tendance à nous donner une vision plus réaliste de la vie de couple. Les deux sont parallèlement divorcés et se trouvent bien dans leur vie de célibataire, chacun à leur manière. Tandis que Marianne s’adonne à ses enfants en les maintenant dans un univers féérique, Pierre, quant à lui, ne supporte pas les enfants et est obnubilé par la prévision d’une voyante qui lui a révélé le jour de sa mort.

J’ai nettement préféré les scènes avec Bacri et Jaoui. L’histoire des adultes est nettement plus intéressante que celle des jeunes gens. Pour ceux et celles qui, comme moi, aiment le personnage ronchon et désabusé de Jean-Pierre Bacri, ils seront ravis. L’humour est piquant, noir et sa diatribe contre les enfants fera rire toutes les mères indignes qui sommeillent en nous.

Si le mythe de l’amour conte de fées en prend pour son grade, l’amour réaliste n’est pas tellement épargné. Tandis que les contes de fées prônent la fidélité, le film aurait tendance à montrer que toutes les histoires d’amour finissent mal en général, mais loin d’être une vision pessimiste, ce film voit dans l’infidélité un élément constituant de l’amour.

Sans doute y a-t-il un juste milieu entre les deux, qu’il nous convient de rechercher et peut-être de faire nôtre. Quoiqu’il en soit, dans ce film l’amour n’est pas triste, et si certains couples se défont d’autres se forment… avant de, à leur tour, se défaire, mais chaque histoire d’amour mérite d’être vécue, peut-être est-ce cela finalement qu’il faut retenir.

« SYNGUE SABOUR – PIERRE DE PATIENCE » Résultats du Concours !


Hier matin, se clôturaient les participations à ce concours qui, cela est bien dommage, n’a pas remporté le succès mérité. Vous n’avez été que 3 à participer à ce concours pour lequel il fallait répondre aux trois questions suivantes :

 1. Quel prix littéraire a reçu Atiq Rahimi pour son roman ? Atiq Rahimi a remporté le Prix Goncourt en 2008
 2. Quel est le sens du sous-titre ? Cela veut dire « pierre de patience », une pierre légendaire que l’on pose, qui nous accompagne, à laquelle on confie tous ses états d’âme, ses malheurs jusqu’à ce qu’elle éclate. Ce que fait l’héroïne pour qui cette pierre est incarnée par son mari. (réponse parfaite de Sabbio !)
 3. Citez un film dans lequel l’actrice principale, Golshifteh Farahani, a déjà joué. Golshifteh Farahani a précédemment joué dans plusieurs films dont Poulet aux prunes en 2011 ou encore A propos d’Elly en 2009.
Je tenais à remercier les participantes ainsi que les personnes qui ont laissé des commentaires pour inciter à participer, vantant les mérites de ce film et de ce roman. Sur leur site, Télérama a également parlé en bien de ce film.
Les gagnantes sont donc : Sabbio Didi et Audrey
BRAVO à VOUS !
(merci de me faire parvenir vos adresse postale pour que Le Pacte puisse vous faire parvenir vos cadeaux !)

« SYNGUE SABOUR – PIERRE DE PATIENCE » d’Atiq Rahimi. (Concours)


Ce matin, je vous propose un petit concours pour remporter 2 places de cinéma pour le film d’Atiq Rahimi, adaptation de son roman : Syngue sabour, prix Goncourt 2008 dont je vous propose aussi de gagner deux exemplaires.

pierre de patience

Le speech est le suivant :

Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte.

La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l’autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante.

De retour auprès de son époux, elle est forcée à l’amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes… Jusqu’à ses secrets inavouables. L’homme gisant devient alors, malgré lui, sa « syngué sabour », sa pierre de patience – cette pierre magique que l’on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances… Jusqu’à ce qu’elle éclate !

 Vous avez jusqu’au 20 février 8h, date de sortie du film en salle pour participer !
GAGNER 2 PLACES CINE OU 2 ROMANS
Pour espérer remporter l’un des lots, il vous faut répondre aux trois questions suivantes, en m’envoyant vos réponses par mail à leslivresdegeorge[at]gmail.com avant le mercredi 20 février 8h du matin :
 1. Quel prix littéraire a reçu Atiq Rahimi pour son roman ?
 2. Quel est le sens du sous-titre ?
 3. Citez un film dans lequel l’actrice principale, Golshifteh Farahani
, a déjà joué.
Pour augmenter vos chances de gagner, vous devrez liker la page FB du Pacte, société de distribution du film : https://www.facebook.com/LEPACTE
Conditions
1. Le concours n’est réservé qu’aux personnes résidant en France métropolitaine.
2. Seules les personnes ayant laissé au moins 15 commentaires sur ce blog (en dehors des commentaires pour un autre concours) depuis son ouverture, pourront participer.
Voilà, vous savez tout… Bonne chance à tous !

« Le Roman d’Ernest et Célestine » de Daniel PENNAC


pennac ernest et célestineL’un des multiples bonheurs d’avoir des enfants, c’est, pour des lectrices et lecteurs comme nous, d’avoir le prétexte d’acheter des livres jeunesse. Pour Noël, je n’ai pas résisté à l’envie d’offrir à Antoine Le Roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac, scénario (mais plus encore) du film qui passe en ce moment au cinéma. Antoine étant toujours un peu récalcitrant aux romans un tant soit peu épais et Eliot souhaitant connaître aussi cette histoire, nous avons donc décidé que je la leur lirai un peu tous les soirs avant d’aller voir le film. Cette lecture à voix haute a donc occupé nos soirées pendant une petite semaine.

Une lecture à voix haute et à plusieurs est une expérience bien différente d’une lecture silencieuse et en solitaire. Les mots, les traits d’humour, les intonations de la voix, les changements de voix procurent un plaisir amplifié par les réactions des enfants écoutant, suspendus à mes lèvres, l’histoire qui se déroule.

Ernest-et-Celestine-de-Gabrielle-Vincent-Livre-pour-enfants_00

Daniel Pennac, dans ce roman, raconte la rencontre entre Ernest, un ours brun et Célestine, une petite souris. Ces deux personnages, créés par Gabrielle Vincent en 1982, sont les héros d’albums pour enfants. Pennac crée ici une histoire originale.

Ernest et Célestine n’étaient pas destinés à se rencontrer et encore moins à être amis. Car, de tout temps, les Ours, en haut et les Souris, en bas, sont des ennemis jurés. Mais voilà, Ernest et Célestine sont un peu à part. Ils refusent tous les deux leur destin ancestral : Ernest aime la musique et ne veut pas être juge comme tous ses ancêtres, et Célestine veut être peintre et non dentiste. Leur amour de l’art va créer entre eux un lien amical fort envers et contre tous.

L’histoire inventée par Pennac est pleine de rebondissements, de douceurs, de rires, mais aussi de violence. Les deux mondes s’affrontent, et Ernest et Célestine vont vivre moult péripéties et revirements, poursuivis à la fois par le monde d’en bas et le monde d’en haut. L’écriture de Pennac est rythmée, s’accélère dans l’action, se ralentit dans les moments calmes, se tend en plein suspens, si bien qu’elle s’adapte parfaitement à la lecture à haute voix. J’ai rarement trouvé un texte qui réponde à ce point à la lecture à haute voix pour les enfants. La meilleure preuve est que les enfants ont été captivés et réclamaient chaque soir leurs chapitres.

Là encore, dans ce roman, j’ai retrouvé l’humour et le sourire de Pennac. Les titres des chapitres sont un exemple de cet humour intelligent et sensible que j’aime tant : chapitre 3 : Comment tout commença (Il faut bien que ça finisse par commencer) ou encore chapitre 30 : Le dernier chapitre (Mais les histoires ne finissent jamais, elles continuent en nous). Mais dans tout le roman, Pennac insère des traits d’humour et des situations comiques.

Mais ce roman a aussi une portée morale (bon dit comme ça, ça fait un peu solennel), car ce que montre cette histoire d’amitié impossible est que la peur de l’autre naît de la méconnaissance, des préjugés et de la méchanceté, et qu’il faut dépasser ces a priori, aller vers l’autre pour mieux le comprendre et ne plus en avoir peur.

Comme je le disais au début, ce roman est le scénario du film Ernest et Célestine, mais il est un peu plus que cela, car Pennac insère parfois en fin de chapitre des dialogues entre l’Auteur, le Lecteur, Ernest et Célestine. Des dialogues en marge de l’histoire qui interrogent sur la lecture, l’écriture de roman et les personnages. Si j’ai aimé l’histoire racontée, je crois que j’ai surtout apprécié ces petits dialogues qui expliquent comment se crée une histoire, qui montrent les exigences du lecteur, comment le personnage peut avoir une vie indépendante orientant le récit dans une autre direction… bref du Gérard Genette devenu accessible aux enfants et drôlement plus sympa :

Le Lecteur : Excusez-moi d’intervenir, chez Auteur, mais ça va durer encore longtemps ? Non, je vous pose la question parce que moi, les descriptions, je n’aime pas beaucoup ça…

Ernest : Tu n’as qu’à sauter le chapitre !

Célestine : Ernest, ne sois pas désagréable avec le lecteur, tu veux ?

Ernest : Ecoute, il n’est jamais content. Tout à l’heure on voulait qu’il saute un chapitre abominable, il a refusé, et maintenant qu’on lui fait un joli chapitre de description, il veut le sauter. (pp.94/95)

Allez encore un petit extrait :

Le Lecteur : Mais quoi ?

L’Auteur : Mais il faut que je me repose un peu. Je vais aller me faire un café.

Le Lecteur : Ah ! Non ! Ce n’est pas le moment !

Ernest : Il a bien droit à son petit café, tout de même?

Célestine : C’est vrai. Il a beaucoup travaillé aujourd’hui.

Le Lecteur : Pas question. Je veux la suite, moi ! (pp.72/73)

Ces dialogues sont une merveille et ont provoqué plusieurs interrogations de la part de mes enfants sur le rôle de l’auteur et du lecteur. Notamment dans un passage où l’auteur écrit qu’il « raconte » l’histoire. Ce verbe raconter a entraîné quelques discussions intéressantes.. Car qui raconte en fait : l’auteur ou maman ? L’auteur raconte une histoire par écrit et maman raconte l’histoire en la lisant. Mais alors ? le Lecteur de l’histoire, qui est-il ?

Moi qui adore les interventions d’auteurs, les mises en abyme et la métatextualité (oui terme barbare, je l’avoue et qui signifie tout simplement un texte qui explique sa propre fabrication, c’est donc en gros un texte qui parle de lui-même, exactement ce que font Ernest, Célestine, L’auteur et le Lecteur dans ces dialogues), j’étais aux anges avec ces dialogues et je trouve génial d’initier les enfants à la stylistique sans en avoir l’air ! Pennac reste un prof dans l’âme, un prof fabuleux en plus d’être un merveilleux conteur d’histoires !

Nous allons voir le film cet après-midi 😉 !

Roman lu dans le cadre du Challenge Daniel Pennac , le Challenge La littérature fait son cinéma et du Challenge Le Nez dans les livres.

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