« Une touche d’amour » Jonathan COE.

Ce roman est dans ma PAL des origines, celle que j’avais constituée avant même d’ouvrir ce blog qui a fêté hier ses 12 années d’existence, c’est vous dire ! Aussi quand les organisatrice de A year in England ont mis à l’honneur Jonathan Coe pour le mois d’avril, je me suis dit qu’il était grand temps qu’il sorte de mes étagères.

L’intrigue se déroule à Coventy, ville des West Midlands qui abrite trois université. Robin Grant, étudiant en thèse depuis plus de quatre ans, est inscrit dans l’une d’elles. Mais Robin est au bout du rouleau. Son directeur de thèse ne se passionne que pour les macarons et ne se préoccupe guère de l’avancée de sa thèse. Il écrit de petites nouvelles dans des carnets. Les événements politiques (l’attaque de la Lybie par les Etats-Unis avec le soutien de l’Angleterre) l’angoissent, il se sent persécuté et rêve de se mettre au vert quelques semaines. Il a contacté une ancienne camarade de Cambridge aujourd’hui mariée à Ted pour qu’elle lui prête une maison à la campagne. Katharine appelle son mari pour qu’il aille lui rendre visite. Ted est un commercial insipide qui pense que Robin et lui étaient les meilleurs amis de la terre. Leur rencontre s’achève dans un parc. Une fois Ted parti, Robin va se soulager dans un buisson alors qu’un petit garçon vient y récupérer son ballon. Voilà Robin accusé d’exhibitionnisme.

Une touche d’amour est complexe dans la construction. Le roman est construit autour des quatre nouvelles de Robin, chacune écrite dans un carnet différent. Ces histoires sont mises en relation avec les événements que vit Robin et peuvent servir ou au contraire desservir Robin dans son procès. Le lecteur lui-même essaie de faire le lien entre les personnages, le propos des nouvelles et le personnage de Robin. Car Robin est un personnage lui-même complexe dont la théorie est que notre vie est liée au hasard et au choix que l’on fait ou non, mais aussi au choix que les autres font et qui peuvent influer sur notre vie.

La vie est un chaos, mené par le hasard

La nouvelle « Le Chanceux », le deuxième récit, est révélateur de cette théorie : elle met en avant le fait qu’on ne sait pas exactement les raisons des événements, événements que l’on perçoit d’une façon et qui ne sont pas du tout dus aux raisons que l’on imaginait. Robin va d’ailleurs en faire les frais.

Mais finalement tout le roman tente de cerner Robin : les nouvelles, son avocate, ses amis, Ted, Hugh ou Aparna, mais aussi son directeur de thèse… Tous le fréquentent mais personne ne le connaît vraiment.

C’est un roman assez désenchanté que livre ici Jonathan Coe, sur l’université, ses éternels étudiants et ses indétrônables professeurs. Moi qui ai fréquenté longtemps les bancs de la fac, je n’ai pu m’empêcher de sourire à l’ironie mordante de certaines scènes. Mais ce désenchantement se lit aussi dans la vie d’Emma, avocate qui s’ennuie de plus en plus dans son couple et qui doit subir les dénigrements d’un collègue. Et puis il y a Aparna, venue en Angleterre faire ses études, buchant comme une damnée, qui aimerait être intégrée mais qui se heurte sans cesse à un directeur de thèse misogyne et à des Anglais qui la ramènent sans cesse à ses origines.

On retrouve le ton particulier de Jonathan Coe, un humour noir, ironique qui fait que, malgré les événements passablement sombres, il en demeure cependant un touche lumineuse, une touche d’amour.

Roman lu dans le cadre du Challenge A year un England 2021 pour le thème du mois d’avril : Un roman de Jonathan Coe.

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1 commentaire

  1. Cette construction originale pourrait me plaire. J’ai d’abord Le coeur de l’Angleterre à lire, il vient de sortir en poche, mais je retiens ce titre pour plus tard (j’essaierai tout de même de le lire avant 12 ans !).

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